Modélisme Naval Le RADOUB du PONANT

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Modélisme Arsenal, Naval, Aérien, Terrestre et Autres.

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales

    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette



    Bonjour à tous

    La bataille de Negapatam s'est terminée grosso modo par un match nul avec un léger avantage pour les Français malgré des pertes plus élevées. Ils étaient restés maitres des lieux. Mais divers incidents ou manquements dans l'action ont laissés des traces et ce n'était pas la première fois que la fronde de certains officiers envers leur amiral s'était manifestée. Suffren va régler ses comptes.

    L'affaire du Sévère


    Revenons un peu en arrière. Suffren à bord du Héros, aidé du Vengeur arrive juste à temps pour dégager le Brillant qui, tres endommagé, amputé de son grand mat, dérive sous le feu anglais. Le Sévère est aux prises avec le Burford et le Sultan. Le Burford est lui aussi sérieusement atteint par les bordées du 64 français. Avant la saute de vent, le navire anglais à masqué le Sévère ,le privant de manœuvres ,ses voiles étant plaquées contre les mats. Obligé de se retirer , il voit arriver trois vaisseaux ( deux de 74 et un de 64 ) qui pratiquèrent un redoutable tir croisé.
    Devant un tel ouragan, perdant son sang froid, le commandant français, un certain Cillard ordonne d'amener le pavillon ,signifiant ainsi qu'il se rendait. C'était sans compter sur le courage de ses subordonnés. Dans un premier temps, Mr de Gennes, lieutenant auxiliaire refuse de se rendre." On tiendra jusqu'à ce que l'on crève" avait il répondu à son supérieur ,il s'abat la jambe arrachée et appelle un officier du nom de La Salle, commandant l'artillerie des gaillard, pour le remplacer .La Salle tombe à son tour. Cillard réitère son ordre. Deus soldats du régiments de bourbon refusent également  d'exécuter l'ordre . Le Sévère continue son feu contre ses trois adversaires. Finalement ,un marin abaisse le pavillon sur ordre de son commandant. Celui-ci monte sur la dunette ,et selon les usages du temps hèle le Sultan en tenant son tricorne a bout de bras et le baisse trois fois ( signe de reddition ).
    Le Sultan cesse le feu aussitôt et met à l'eau une embarcation de prise. Des cris et des huées d'indignation fusent des batteries du Sévère. C'est alors que deux officiers bleus ( d'origine non noble),lieutenant de brulot, commandants des batteries basses , MM Dieu et Rosbo sont tellement indignés et furieux qu'ils interviennent et enferment leur commandant dans sa cabine. Du jamais vu dans la marine ! Avant de regagner leurs postes, les couleurs ont à nouveau hissées  et le Sultan à la surprise de recevoir un terrible tir d'enfilade qui lui ravage sa poupe et son flanc et l'oblige à s'éloigner.

    Gravure image Pinterest représentant sans doute, le Sévère ouvrant le feu sur le Sultan, apres avoir rehisser ses couleurs


    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 16 Img_0310

    Le maitre d' équipage du Sévère à ce trait d'esprit: " Cillard a voulu donner le vaisseau à l'ennemi, mais Dieu ( un nom prédestiné ) ,n'a pas voulu."
    A bord du Héros , Suffren voit effectivement que le pavillon royal a un instant disparu, mais suppose qu'il a été emporté par un boulet .D'ailleurs, le pavillon royal flotte  nouveau à la poupe du Sévère qui reprend sa place au combat.  
    Apres la bataille , un parlementaire anglais se présente à Suffren en réclamant dans un premier temps l' Ajax, mais celui-ci est rapidement mis hors de cause suite à l'étude des rapports de combats, c'est le Sévère qui est sur la sellette .Apres avoir entendu froidement  James Watt ( l'officier anglais ),Suffren le fit courtoisement mais ferment reconduire à son bord .
    Alors , la colère de Suffren ne connu plus de bornes, des tètes allaient tomber, les sanctions pleuvoir.
    Pendant ce temps, les deux escadres durement éprouvées ,réparent pour s'affronter à nouveau.
    A Gondelour ou son escadre panse ses plaies ,Suffren va régler ses comptes et ça va faire mal.
    Fait unique, les sanctions et les grâces ( promotions ou décorations ) proposées par Suffren seront approuvées par le Roi et le ministre de la Marine. Apres enquête, Suffren entre en action . Bide de Maurville ( commandant de l' Artésien ), Forbin- Janson ( commandant du Vengeur) et Bouvet de Précourt sont démis de leurs fonctions . Il ne s'étaient pas mis dans la ligne de bataille . Ils seront renvoyés en France. Maurville et Forbin seront emprisonnés un an à l'ile de Ré ,puis à Pont St Esprit et rayés des cadres. Bouvet ( commandant de l' Ajax) ,vu son âge et sa santé défaillante n'est plus apte à commander et , selon le langage moderne se voit confier à une retraite anticipée. Il n'aura pas le temps d'en profiter car il mourra trois jours plus tard . En quittant son navire Bouvet y laisse son fils qui s'illustrera plus tard sous  l'empire à la bataille de Grand Port et deviendra vice amiral.
    Quand au fameux Cillard, il fut lui aussi démis de son commandement, renvoyé  en France ,mais trouva l'occasion de s'évader des son arrivée à l ' Ile de France. Jugé à huit clos et par contumace le 25 juillet 1784 à Versailles, il sera lui aussi rayé des cadres de la Marine.
    Et Tromelin ? Tres curieusement, il passa pour l'instant  à travers les mailles du filet. Son compte fut réglé plus tard,discrètement , mais toujours  dans ce jugement du 25 juillet 1784.  Il fut chassé de la Marine.  Pour Dieu et Rosbo qui avaient fait preuve d'insubordination, Castries avait demandé qu'ils soient eux aussi rayés des cadres . Mais vu les circonstances, il leur accordera un satisfecit pour leur courage . Suffren demandera que leur soit conservé leur brevet de capitaine de brulot. Divers officiers s'étant particulièrement distingués obtinrent pensions, décorations et commandement .
    L'encadrement rajeuni et rénové,  Suffren s'employa à mettre tous les moyens pour prendre sa revanche.

    Frégate de 12, image net Marine

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 16 Img_7614

    A suivre   Amitiés Jean-Jacques


    Dernière édition par michaud le Mar 30 Oct 2018 - 10:13, édité 1 fois
    xavero63
    Premier Maître
    Premier Maître

    xavero63

    a009d

    Non mais des fois !!!!

    Y'en a marre de ces incapables haut placés, intouchables, jamais responsables de leurs co...ries!! a007

    Bizarre, on dirait que ça n'a pas beaucoup changé ...  

    Amitiés
    a014
    Xavier
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud



    Oui tu as bien raison. En fait rien n'a changé, c'est désespérant.

    Amicalement Jean-Jacques
    xavero63
    Premier Maître
    Premier Maître

    xavero63

    a009d  Jean-Jacques

    Si, il y a quand même une évolution:
    En Monarchie, certains finissent en prison et/ou perdent leurs biens.
    En ENArchie, à part quelques "affaires" qui traînent et qui se terminent rarement par une sanction, ou alors sanction bien légère, nos Hauts Fonctionnaires n'ont pas trop de soucis à se faire... a008d

    Amitiés
    a014
    Xavier
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud

    Bonjour à tous

    Institution tres ancré chez les Français, trucs et tours de mains innés, génétique ?, le système D est à l'ordre du jour

    Déjà, pendant le trajet du retours et trois jours apres la bataille, les hommes de Suffren s'étaient remis depuis longtemps au travail . Douze vaisseaux à  " rapetasser " dans un délai record à l'abri illusoire d'une rade foraine dépourvue d' infrastructures, d'ateliers et de matériel. Déshabiller Paul pour habiller Pierre, il en avait l'habitude. Il n'y a pas moins de dix-neuf mats de hune à changer , remplacer des dizaines de bordées et une cinquantaine de varangues. Deux cents trous de boulets sont à boucher.
    Les espars de réserve sont épuisés. La Pourvoyeuse donne son grand mat au  Brillant, la Sylphide est dégrée au profit des navires qui en ont le plus besoin. Ces frégates déshabillent à leur tour les bâtiments armés en flutes. Des maisons sont détruites pour récupérer leur charpente. Dix jours apres avoir mouillé à Gondelour le 18 juillet, les réparations sont terminées.
    Il faudra un mois à Hugues avec toutes les ressources et les infrastructures à sa disposition. Il faudra croire qu'il a du salement être étrillé par les bordées françaises..........

    Les choses s'organisent

    Raccastillées vaille que vaille, la Diligente et la Sylphide mettent le cap sur l'Ile de France pour transmettre et recevoir le courrier ,elles embarquent les officiers destitués dont Suffren est soulagé de se débarrasser. Le Pourvoyeur est envoyé à Malaca, la Résolution à Manille, les Bons Amis à Batavia ,le Maurepas en Europe. L'Orient ( 74 ) ,un 64 l'Artésien et une frégate , la Fine sont envoyés en chasse libre afin d'effectuer quelques prises.

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 16 Photo_17

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 16 Photo_18

    A suivre Amitiés Jean-Jacques
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud

    Bonjour

    La Bellone va à la rencontre de l' ancien collaborateur de Dupleix, le lieutenant général Bussy. Mais au lieu d'être à la Pointe de Galles avec son armée ,celui-ci est à Port Louis. A la Pointe de Galles, la frégate y trouve cependant un navire avec à son bord M de Launay commissaire général  de l' armée de Bussy, neuf transports portant 800 soldats issus des garnisons de l'Ile de France et de l 'Ile Bourbon, escortés du St Michel  ( a l'origine, un 60 pièces portés à 64 ,sans doute par l'ajout de pièces de gaillard ),dernier navire de ce type à être percé à douze pour sa batterie principale, de l' Illustre ( 74 ),,d'une frégate, la Consolante,  rare frégate de 18 à cette époque ( 26 pièces de 18 livres, et douze de huit ),d'une corvette, la Fortune et du cutter ( cotre ),le Léopard.

    Cotre, maquette de l'auteur

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 16 Img_6511

    Avec la Vénus, la Consolante faisait partie des premières unités armées de 18 livres utilisées dans la Royale. Cette famille de frégates allait se montrer particulièrement prolifique jusqu' a l' Empire.

    Frégate de 18,maquette de l'auteur

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    Le St Michel, gravure sur cuivre de Mr H Simoni

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 16 Img_8210

    Mais pour Suffren, ces renforts sont encore insuffisants. Il apprend, l'échec de Guichen, l'immobilisation de trois vaisseaux et d'une frégate immobilisés au Cap depuis le 17 mai, pour cause d'avaries et de maladies des équipages.
    Apres avoir rencontré Haider Ali avec un faste inouï pendant quatre jours, Suffren du quitter la richesse des palais indiens apres s'être débarrassé de ses encombrants prisonniers anglais. L'escadre française mouilla bientôt dans une rade qu'elle connaissait bien huit jours apres à Batticaloa. La Consolante rejoignit l'escadre ayant perdu deux de ses ancres bientôt rejointe par la Bellone qui s'est violemment colletée avec une frégate anglaise ,la Coventry.
    Le cotre le Lézard apporta le 19 aout l'officialisation de Suffren comme d'escadre, sa nomination par l'ordre de Malte du titre de bailli ( qu'il fera flotter au grand mat de son vaisseau) , décoration de Grand croix de l'ordre de Malte et surtout, la confirmation de toutes les décisions prises par Suffren apres l'affaire de La Praya.
    Le 21 aout, arrivée des renforts ( St Michel, Illustre, neuf transports comprenant cinq Français, quatre Hollandais escorté par la Consolante, la Fortune et du Léopard). Ils étaient partis de France en novembre 1781 !............

    Cotre transformé en corvette par l'ajout d'un mat supplémentaire, plus maniable ,cassant moins de bois , ce genre de navire était particulièrement apprécier par sa rapidité comme éclaireur et transport de dépêches
    .

    Le terme corvette s'employait souvent à des bâtiments légers deux ou trois mats.

    corvette type Singe "

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 16 Img_6610

    A suivre Amitiés jean-Jacques
    michaud
    Capitaine de Corvette
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    michaud


    Bonjour à tous

    Méthodiquement ,Suffren utilisa les troupes disponibles depuis le 20 juin Pour une action combinée terre-mer contre Negapatam. Il répartit les munitions, un bataillon du régiment de l'Ile de France, le détachement du régiment d'Austrasie, la légion de Lauzun, quatre compagnie de marins et une compagnie d'artillerie. les Hollandais mettent à disposition 600 cipayes et Malais soit 2400 hommes.
    La flotte français appareilla le 23 aout mettant le cap sur Trincomalé. Suffren allait jouer un petit tour de sa façon à des adversaires trop sur d'eux.
    Trincomalé offre au nord et au sud deux belles baies protégées par des forts, pouvant accueillir un nombre de navires importants et permettant un carénage pratique.
    Par précaution, hors de vue des forts, le soir du 25 , Suffren mouille au plus près, vraisemblablement à Batticaloa . Véritable opération commando, les embarcations de débarquement de tous types se regroupent autour du navire amiral recevant leurs dernières instructions. Le 26 aout ,à une heure du matin, défilant discrètement à deux portées de canons des forts, faisant force rame ,les troupes de débarquement glissent vers leurs objectifs. Suffren est partout, asticotant les uns et les autres pour prendre de vitesse les Anglais qui n'ont toujours pas réagi. Bientôt deux batteries de 18 livres protégées par des gabions sont prêtes à ouvrir le feu sur les citadelles du nord et du sud. Les troupes occupent la cité, l'attaque peu commencer. A cinq heure ,les canons anglais ouvrent le feu. Les Français creusent des tranchées et améliorent leurs positions. Le 28 , la garnison fait une sortie vers 11h. Suffren fait installer une troisième batterie de 18 livres sur un épaulement qui , par un tir en écharpe repousse l'assaut . Le lendemain, canons et mortiers écrasent les remparts et fortifications ennemies. Suffren est pressé et connaissant la ténacité anglaise, il à peur d'une résistance à outrance des forts et de l'arrivée de la flotte anglaise qui risquerait de le prendre entre deux feux.
    Risquant le tout pour le tout, deux jours apres son débarquement et l'échange de quelques coups de canons, il envoie un messager de la légion de Lauzun demandant la reddition des places.
    Apres quelques discussions pour la forme, le gouverneur Mac Eldael en accepte les termes.
    Suffren accorde les honneurs de la guerre, et , selon la coutume, tout le monde se met à table ou un repas a été préparé. Tout le monde ? Non , il ne faut pas exagérer, seuls les officiers et quelques privilégiés triés sur le volet. En fait les forts se sont rendus à un jour d'intervalle. La forteresse sud se rendit apres un simulacre d'attaque, elle n'avait plus une goutte d'eau.
    Pendant le repas semble t il bien arrosé, Suffren fut discrètement averti de l' apparition de voiles suspectes au large. Imperturbable , il leva son verre à la santé de ses hommes, de ses adversaires et donna gaillardement quelques coups de fourchette supplémentaires.
    Il avait de quoi être satisfait. En cinq jours ,et avec le minimum de perte, il a réussi sa mission.
    Le fort sud à livré 50 000 piastres en argent, 20 000 livres de poudre , 1650 boulets , 1200 fusils, 4 pièces de campagne, 10 obusiers,30 canons et.....six mois de vivre.
    Le fort du nord à livré 40 canons et de nombreuses munitions de tous types. Le 1 er septembre, 300 Anglais et 400 cipayes sont renvoyés à bord de transports vers Madras selon les accords conclus lors de la reddition. La frégate Bellone appareilla pour reconnaitre les voiles suspectes. Au retour, elle signale cinq 74 , six 64 et un 56 pièces. L'escadre française peu lui opposer quatre 74 , huit 64 , deux 50 et une frégate de 38 pièces. Le 2 septembre au soir , la flotte anglaise se présente, l'encre de la signature de l'acte de reddition est à peine sèche.

    Trincomalé, la grande pagaille

    Certains auteurs l'ont aussi surnommée " la bataille de la gueule de bois "

    A Suivre Amitiés Jean-Jacques
    xavero63
    Premier Maître
    Premier Maître

    xavero63

    a009d JJ

    Hou la laaaaa  ..... tu nous fais peur... le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 16 658336625

    Amitiés
    a014
    Xavier
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud

    Bonjour tout le monde

    Suffren aurait pu se contenter de présenter face à l'ennemi, les batteries des forts et celles de ses vaisseaux à l'ancre. Mais l'ennemi est la à quelques encablures qui le nargue. Il ne peut résister et les signaux d'appareillage montent aux drisses le 3 septembre, l'aube naissant à peine. A 8 h 30, le signal de former la ligne de bataille dans l'ordre naturel est hissé. L'arrière garde de Tromelin est en désordre ( cela devient presque une habitude ) et l' avant garde n'est pas à son poste ( ça commence bien ).
    En langage provençale , c'est en fait une belle cacadouille. Le repas de la veille à visiblement laissé des traces. Le Flamand évite de justesse l ' Orient et vient longer de tres près l' Illustre. Pour éviter le pire, tous les deux mettent en panne aussitôt imités par les autres vaisseaux évitant les collisions en série.....
    Le Héros enfile son bout-dehors dans les haubans d'artimon du Petit-Annibal, les autres s'éparpillent dans tous les sens sans parvenir à s'aligner correctement. Finalement le Flamand quitte la ligne pour ne plus y entrer......Seuls le Héros, l' Illustre et l 'Ajax montrent un semblant de cohésion supportant le poids des bordées ennemies de 14 à 17 h 15 ! Les bordées françaises sont si violentes que le Worcester, l'Eagle, le Burford , le  Monmouth et le Superb sont pratiquement hors de combat et mettront péniblement le cap sur Madras plus tard. Les trois vaisseaux français auraient finis surement par  succomber si une saute de vent n'avait fort opportunément poussée une partie de l' avant garde, inactive jusque la ,au plus fort de l'action. L'autre partie de l'avant garde est obligée de se faire touer par ses canots et ses chaloupes par faute de vent.  Il est 16 h 00,l'avant garde était composée de l' Orient, de l' Artésien , du Sévère , du St Michel et du Brillant. Le Vengeur et la Consolante de 18 reçoivent l'ordre de doubler les deux vaisseaux anglais de queue ( Monmouth et Worcester ).
    C'est la réplique de Sadras. Mais le Vengeur manquant de munitions et ayant le feu à bord doit céder la place et " s' abrite " derrière le Héros. Au centre , la bataille fait rage,l' Exeter est écrasé, l' Isis est aussi malmené . Les navires français souffrent aussi, le St Michel gite ,ses pompes en action. Quand à notre frégate de 18 la Consolante , elle fait se qu'elle peut, tire entre les mats de l'Ajax et masque l' Annibal.
    Vers 16 h, Suffren ordonne au reste de son avant garde de se regrouper autour du Héros. Celui-ci à perdu son grand mat, son artimon et son petit mat de hune. Seul l' Artésien parvient à exécuter la manœuvre et poivre sérieusement l'Isis. La chute du grand mat du Héros provoque des cris de joie chez l'ennemi croyant à une reddition. L' histoire rapportera les fameuses paroles de Suffren: " Des pavillons troun de noun ! Couvrez le vaisseau de pavillons blancs ! " Courant en tous sens , stimulant ses hommes, la chemise au vent, Suffren décuple l'énergie de l' équipage, complètement transcendé dans un combat de légende. Au plus fort de la lutte, Suffren est sur le pont, il court d'une pièce à l'autre.  " Alors escragnot d' Antibes, tu n'en veux plus ?, la sainte barbe n'envoie plus de boulets. Parait qu'il n'y en plus pour tout le monde. " Et de la poudre, tu en as encore ?- Oui mon baile- Alors, tron de bon goi, tire à blanc, dégourdi sans malice! Fous- leur la cacadouille si tu ne peux plus leur envoyer la mort subite. L'amiral Hugues montre le bailli aux officiers de son état-major: " Gentlemen, regardez bien cet homme. Jamais vous n'en verrez de plus brave."

    Bataille de Trincomalay ou Trincomalé, image Pinterest, Wikipédia

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 16 Img_3248

    A la nuit tombée, l'amiral anglais a regroupé ses navires , le Super est sur le point de couler comme l'Eagle, le Monmouth et le Burford dont la coque est percée à plusieurs endroits.. L'escadre mis le cap avec beaucoup de difficultés sur Madras qu'elle atteindra péniblement le 9 septembre.
    Quand à la flotte française elle aussi éprouvée elle mouilla à la Pointe-Sale à la sortie de la rade de Trincomalé le 8 au matin.

    A suivre Amitiés Jean-Jacques
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud

    Bonjour tout le monde

    Apres la grosse cacadouille, les ennuis continus. Un 74 l 'Orient va s'échouer sur un haut fond pourtant parfaitement répertorié sur les cartes. L'inexpérience du propre fils du capitaine fait perdre une unité importante à Suffren qui à besoin de toute sa puissance de feu. A part son gréement, ses munitions et quelques canons de gaillard, on ne pu en récupérer d'avantage. le 17,l'escadre française occupe la baie du nord plus adaptée aux réparations. Mais Gondelour est menacée par les forces anglaises, Suffren s'y précipite et mouille le 4 octobre. Les réparations continuent , le Héros prend le mat de misaine de l'Orient, l'Illustre s'empare de l'artimon et reçoit en  outre le grand mat du Bizarre, ( lui aussi vient de s'échouer par maladresse....La Consolante doit se séparer de son grand mat pour l'Illustre, quand à notre frégate elle ampute de son grand mat une flute hollandaise.
    La mousson est la, et la cote devient vite intenable. Les Anglais se réfugient à Bombay et les Français à Sumatra. La purge des officiers incompétents est effective et quatre officiers sont renvoyés à l' Ile de France à leur demande ou sur ordre de Suffren Certains sont virtuellement prisonniers et passeront en conseil de guerre comme nous l'avons vu dans les chapitres précédents.
    A Bombay, un tres important convoi anglais escorté de cinq vaisseaux commandé par le contre-amiral Bickerton ,renforçait l'escadre de l'amiral Hugues maintenant forte de 18 vaisseaux .
    Suffren n'en a que 15 et dans quel état ! Huit ne sont même pas doublés en cuivre et n'avaient pas été carénés depuis quatre ans ! Il manquait en moyenne  plus de 200 hommes par vaisseaux. En fait il manquait 2000 hommes ,comte tenu des maladies et des combats. Il aurait fallu 3 000 hommes par an pour dix huit vaisseaux. Les convois français trop faibles envoyés par petits paquets sont facilement interceptés ou dispersés. l'aide de nos alliés hollandais, pratiquement indifférents était chichement accordée et leur sept navires d'une quarantaine de pièces ne pouvaient servir dans une ligne de bataille.
    La compagnie hollandaise des Indes jadis si puissante subissait de graves dissensions internes liées à la corruption. La puissance anglaise sans cesse croissante et la guerre ruinaient sont commerce. Elle ne subsistait  qu'en surtaxant ses positions locales et monnayait ses moindres services.
    Par contre, grâce à leurs convois ,les navires anglais sont régulièrement remis à neuf avec des équipages nombreux, équipés et bien entrainés .  Le 24 novembre, une corvette commandé par le vicomte de Kersaint  le Duc de Chartes mouillait. Elle avait quitté Brest le en juin et apportait de bien tristes nouvelles.

    Plan de la corvette le Duc de Chartres, image Pinterest

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 16 Img_3249

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 16 Img_3250

    La défaite de la bataille des Saintes, de Grasse prisonnier, le convoi tant attendu avait été pris en grande partie ou dispersé. Un malheur n'arrivant rarement seul , l 'Alexandre ( 64 ) était tellement pourri et infecté qu'il fallu l'incendier pour éviter qu'il ne transmette ses miasmes et l'infection.

    poupe de l' Alexandre image Pinterest interprétation sur la base de la maquette dit du Protecteur

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 16 Img_3510

    Même source

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 16 Img_3511

    Pourtant l'épidémie s'étant déclarée, elle avait fait perdre 1/3 de l'effectif . Plus de 1000 hommes et 62 officiers doivent s'aliter. Quatre cent quarante huit vont mourir. Suffren ne pouvait donc compter sur ces hommes et sur les navires dans l'immédiat. Autre triste nouvelle qui n'arrangeait pas les chose, la mort de notre allié Haider Aly, qui fit douter un instant de la conduite à tenir sur les opérations futures. Fort heureusement ,son fils Tipou ( Tipoo Saïd ) sultan de Mysore, prit la relève et poursuivit la politique de son père.

    A suivre  Amitiés Jean-Jacques
    parellum
    Inspecteur Général de la Marine
    Inspecteur Général de la Marine

    parellum

    a009d

    Hé, bé! Dis donc! J'espère que la suite sera plus heureuse!

    A bientôt!
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud

    Pour les armes de France, elle le sera, mais malheureusement, cela sera inutile.

    Amitiés Jean-jacques
    Marco la frite
    Lieutenant de Vaisseau
    Lieutenant de Vaisseau

    Marco la frite

    Salut JJ a009 a009a a009b a009c a009d a238
    J'espère que tu ne vas pas contaminer le forum le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 16 4162417914 le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 16 4162417914 le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 16 4162417914
    Marco inquiet a340 a340 a340
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud


    Bonjour à tous

    Les conditions d'hygiène ou environ 750 hommes sont entassés sur un vaisseau, la chaleur du climat , les combats ,une nourriture peu équilibrée ou pas très saine et l'eau contaminée envahie d'asticots dans des seaux appelés " charniers ", tout cela contribuait à " l' ambiance " ......

    Bonne journée Amitiés Jean-Jacques
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud



    Bonsoir à tous

    Je voulais vous faire part de ma prose et de quelques photos, mais apres avoir écrit une belle page, la page Web expire et tout est à refaire. Donc demains........Je recommence.

    Bonne soirée Amitiés Jean-jacques
    Marco la frite
    Lieutenant de Vaisseau
    Lieutenant de Vaisseau

    Marco la frite

    Bon
    on est patient le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 16 1875650193 le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 16 1875650193 le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 16 1875650193
    on attend le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 16 324990777 le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 16 324990777 le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 16 324990777
    Marco
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud

    Bonjour matelots

    Pendant que les escadres Franco-anglaises pansent leurs plaies aux Indes avec des fortunes diverses, l'Europe a les yeux rivés sur l'affaire du moment. le siège de Gibraltar. Siège ou blocus qui n'en a que le nom car les Anglais se ravitaillent comme ils veulent.

    Convoi anglais escorté par l'amiral Howe en 1782

    image Wikipédia-Pinterest

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    38 vaisseaux de guerre escortant 183 transports de troupe et de matériel ravitaillent Gibraltar, c'est l'un de ces convois que les 48 vaisseaux franco-espagnols se montrèrent incapables d'intercepter.

    Pour des raisons diplomatiques, Versailles laisse souvent le haut commandement
    des opérations navales à l'Espagne. Les opérations précédentes ont mis en évidence la faiblesse de la flotte espagnole en nombre d'unités, la piètre qualité de ses vaisseaux et leur puissance de feu inégale comparativement à la flotte française
    Versailles commence à se fatiguer de ce siège interminable ou s'étale l'impuissance espagnole alors que le cout de ces engagements retombent sur la France. " Tout le poids de la guerre porte uniquement sur nous et l' Espagne semble n'y prendre part qu'a titre de spectatrice " écrivait le ministre de la marine.

    Pendant plus de trois ans, le rocher de Gibraltar subira des attaques peu efficaces.
    Vu le peu de résultats, les Français décidèrent de prendre les choses en mains.

    Dix prames ou batteries flottantes spécialement conçues par l'ingénieur Lemichaud d' Arçon furent dirigées sur la forteresse. D' Arçon sonda lui-même en avant les fonds pour s'assurer de l'efficacité de l'attaque.

    image Pinterest -Wikipédia

    Lemichaud d'Arçon

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    Le cap que devait tenir ces batteries avait été établi de façon précise. Les forces d'assaut comptaient 40 000 hommes  et 48 vaisseaux de tous type. L'attaque se fit le 13 septembre 1783, mais au lieu d'attaquer de front avec les 10 batteries, seules deux en avant des autres essuyèrent la concentration du feu ennemi, les huit autres tres en arrière......

    Prame ou batterie conçue pour l'attaque

    Image Wikipédia-Pinterest

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    Pour éviter la capture des prames les plus avancées,l' ordre fut donné de les détruire.

    image Wikipédia-Pinterest

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    La garnison anglaise régulièrement ravitaillée, tenace  et disciplinée depuis toujours avait aménagée la défense et utilisée tous les moyens techniques et naturels pour résister aux assauts, ayant creusée des galeries pour protéger ses batteries dans le rocher ,et amélioré l'orientation de certains canons en tir négatif.

    image Pinterest
    -Wikipédia


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    vue général du siège de Gibraltar  - image Wikipédia-Pinterest

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    L'assaut échoua, la mésentente cordiale entre officiers espagnols et français perdurait. Apres enquête, selon la biographie Michaud de 1843,une partie des officiers qui conduisaient l'expédition s'était concertée pour la faire échouer. Décidément avec un raccourci un peu abrupte Tromelin avait fait des émules.....
    Gibraltar restera anglaise.

    Nous allons retourner aux Indes avec notre Provençale au caractère bien trempé ,et comme il aime le steak saignant il va l'assaisonner avec quelques bordées bien épicées. Je crois qu'il éxiste en gastronomie une sauce " retour des Indes ". Nous allons bientôt y goutter. le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 16 2054070234 a158

    Amitiés Bonne journée Jean-Jacques
    xavero63
    Premier Maître
    Premier Maître

    xavero63

    a009d  Jean-Jacques

    Bizarre, toutes ces magouilles et "mésententes" politiques ...  on dirait que l'humanité n'a pas fait beaucoup de progrès a018 a56b

    Merci JJ pour cette suite

    Amitiés
    a014
    Xavier
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud

    Merci Xavier,comme tu vois ,c'est malheureusement hélas un fait historique répétitif constant.

    Amicalement jean-jacques
    Glénans
    Capitaine de Frégate
    Capitaine de Frégate

    Glénans

    Bonsoir,

    L'histoire est un éternel recommencement !

    Bonne nuit.
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud

    Bonjour à tous

    Le 31 décembre d'une année comme la fin d'une histoire, l'" origine des voiles royales " va trouver son épilogue a l'autre bout du monde, aux Indes.

    Ne pouvant accoster à Achem,le dictateur local interdisant tout débarquement, les équipages des navires de  Suffren purent néanmoins se rafraichir en baignades prolongées et recevoir fruits et légumes frais grâce à la générosité et à la gentillesse de la population locale. Ces moments de détente et de repos furent grandement appréciés de tous ,les hommes et le matériel ayant particulièrement souffert. Mais tout à une fin et la flotte leva l'ancre, Suffren ayant apprit l'arrivée de renforts à Trinquemalé.
    Mais entre temps, Suffren devait " prendre la température ". Son ancien allié Hyder ( Haider ) Ali étant mort, il fallait vérifier si  son fils Tipou Sahib nouveau grand maitre de l'empire marathe, voulait continuer la politique de son père et entretenir les bons rapports avec les Français.
    En cours de route, l'escadre française fit une cinquantaine de prises. Le 10 mars ,les vigies signalent à l'horizon, trente cinq transports transportant 2500 hommes escortés par trois vaisseaux ( Argonaute, Hardi et Fendant ) éclairés par la frégate Cléopâtre, c'est l'escadre de Peynier ! Suffren est déterminé et bientôt un signal monte aux drisses du Héros convoquant tous les capitaines a bord du navire amiral. La, un célèbre discours sera prononcé.

    " L'état critique, messieurs ou se trouvent les affaires du Roi, exige que nous travaillons tous de concert. Loin de nous toute mésintelligence capable de nuire au bien de la chose !  Montrons que l'honneur d'être Français vaut bien l'avantage dont se prévaut l'ennemi. L'armée sous les murs de Gondelour est perdue si nous n'allons à son secours. La gloire de la sauver nous est peut être réservée; nous devons du moins le tenter".

    Fort de ces instructions, les officiers regagnèrent leur bord . Apres trois jours de vents contraires les vaisseaux et les transports de troupe débarquaient les troupes à Porto-Novo. Il y a 3 000 européens et 2 200 cipayes et 700 hommes ou officiers sont malades. Un tiers des hommes est mort en route........... En face, le corps d'armée anglais est fort de 3 800 européens, 13 000 cipayes et 1 800 cavaliers en parfaite conditions.........Suffren appareilla à nouveau pour Trincomalé ou il jeta l'ancre le 10 avril pour parfaire l'équipement de ses vaisseaux en plaques de cuivre prises sur l'ennemi. Il manquait encore deux milles hommes.
    L'escadre anglaise, toujours menaçante faisait régulièrement ses apparitions en paradant ostensiblement. Mais " l'amiral Satan " avait acquis une sérieuse réputation et les " rosbifs " se montraient tres prudent avec le rusé personnage.

    Français et Anglais appuyés par leurs troupes alliées indiennes réciproques se retrouvent sous les faibles fortifications de Gondelour.

    Coté français, 2 200 européens, 3 000 cipayes et 2 000 soldats de Tipoo Saib.
    Coté anglais, 4 000 européens, 12 000 cipayes et 1 800 cavaliers noirs.
    Au soir du 12 juin, les attaques anglaises provoquent la fuite de nos 3 000 cipayes.
    Mais les Anglais ont subit néanmoins de lourdes pertes. Les unités françaises du régiment d'Austrasie se dégagent violemment à la baïonnettes. Les volontaires de Bourbon particulièrement déchainés repoussent l'ennemi.
    Impressionnés par la puissante pression anglaise , les troupes indiennes plient entrainant avec elles les cipayes. Les troupes françaises sont obligées d'abandonner les ouvrages extérieurs. Ayant encouragés les Indiens à continuer le combats, les canonniers augmentèrent leur cadence de feu et firent pleuvoir des torrents de feu et d'acier aidés de leurs mortiers sur les tuniques rouges anglaises les transformant en hachis......  Massacrées les troupes anglaises fut stoppé net dans leur élan. Malgré tout , l'étreinte anglaise se faisait plus pressante autours de la ville. Bussy avait lancé un appel de détresse deux jours auparavant.
    A la veille de l'attaque anglaise, la flotte française avait quitté Trincomalé et fait force de voiles et arriva sur Gondelour le 14. Mais la flotte anglaise bloquait le passage et l'arrivée des renforts français. Suffren à désarmé la plupart de ses frégates et prélevé le maximum de marins sur les transports. C'est encore insuffisant, les 74 ont besoin de plus de 200 hommes chacun
    Conséquences de la défaite des Saintes ,les ordres de Versailles ordonnaient aux chefs d'escadre d'embarquer sur une frégate pour engager une bataille, aussi Suffren embarqua sur la Cléopâtre .

    Frégate de 12 identique à peu de chose près à l'Hermione, frégate sur laquelle s'embarqua Suffren


    image net marine

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    Assurée de sa force, pour gagner l'avantage du vent la flotte anglaise appareilla pour livrer bataille. Mais le dieu du vent  Eole, est capricieux et l'amiral anglais se rend compte trop tard de l'erreur commise. Suffren se précipite sur le mouillage que la flotte anglaise vient de quitter. C'est exactement la manœuvre de Hood contre de Grasse un an plus tôt devant l'ile de St Christophe le 25 janvier 1782.
    Ne perdant pas un instant les chelingues ( bateau indiens à fond plat équivalent à des barges) longs de 15 à 20 mètres, portant 6 00 européens ( en majorité des artilleurs )  et 6 00 cipayes venant de la ville assiégée arrivent en renfort.
    Suffren s'empressent de les répartir en toute hâte sur ses vaisseaux qui en avaient cruellement besoin au nez et à la barbe des Anglais.
    Le 18, Suffren appareille et se lance à la poursuite de l'ennemi.

    Prochain épisode: Gondelour, une belle et dernière victoire................inutile

    A suivre JJ
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud

    Le 19 ,la flotte anglaise entraine l'escadre de Suffren au large. " Mother Hugues " attend le vent d' est qui se lève toujours à la même heure ( entre 13 et 14 h ) jusqu'à minuit. Pendant ce temps, à bord des navires français, on ne perd pas de temps . Les anciens " amarinent les nouveaux venus embarqués. Une journée pour s'entrainer au tir en mer et s' habituer à leur nouvel environnement. La chance ,le hazard veut que ce jour la ,le 20 juin, la brise ne se lève pas et la flotte anglaise reste sous notre vent.
    Le vent vient de la terre et pousse Suffren et son escadre vers la flotte anglaise.
    Quinze navires français réparés avec des moyens de fortune, certains mats sont doublés ou jumelés à outrance, les voiles rapiécées, les agrès sont dans un état épouvantable. L'un d'entre eux est dans un tel état qu'il fait eau de toutes parts et les pompes sont en action en permanence ,il tiendra son poste.....
    La Consolante, rare frégate de 18 est mise en ligne. A bord des vaisseaux français , le moral est tres élevé et les équipages savent qu'ils vont affronter une flotte anglaise parfaitement équipée et entrainée.

    Apres quelques manœuvres d'approches, les deux escadres se rapprochent en fin d'apres midi.  
    Cela arrange les Anglais, qui leur permettent souvent de décrocher à la fin du jour en cas de problème.
    A 15 h 30 le signal d'ouvrir le feu monte au grand mat de la Cléopâtre. En deux files parallèles suivant les coutumes du temps les deux lignes de navires courent le long de la cote .Avec un ensemble parfait, comme un seul vaisseau , la flotte française ouvre le feu à une demi-portée de fusil à 16 h 15.
    En tète , le Sphinx de 64 s'accroche au Défense de 74 et à l'Isis de 50. Une saute de vent avait fait s'écarter de la ligne le Flamand de 50 qui s'y remet aussitôt par une manœuvre tres audacieuse qui l'amène sur l'arrière du Fendant de 74. Il reçoit les bordées meurtrières de l' Exeter et de l' Isis.
    Vers 17 h le feu prend à la hune d'artimon du Fendant et fait exploser les grenades entreposées, projetant les corps des soldats et marins en tous sens. Un 80 canons anglais ' ancienne prise espagnole, le Gibraltar ( commandé par le contre-amiral Bickenton, il avait juré de s'emparer d'un navire français ) se précipite sur le vide laissé momentanément par le Fendant .
    Sans complexe , le Flamand fait un feu d'enfer et fait rentrer l' Anglais dans le rang.
    Extraordinaire ! Un 50 pièces fait reculer un 80 canons ! Comme d'habitude le Héros s'accroche au Superb . L'Illustre de 74 dont un tiers de l'équipage est aux pompes  riposte superbement au Monarca et au Burford, l'Argonaute  ( 74 ) fait de même avec l' Africa et le Worcester tous deux de 64 .
    A l'arrière, le Vengeur et le Magnanime s'expliquent d'une manière tout aussi sérieuse.
    Le feu est soutenu d'une manière tres violente chez les Français.

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     Suffren à bord de la Cléopâtre parcourait la ligne de file et observait le feu tres violent  et intense des vaisseaux français.
    L'adversaire ne faisait que répliquer sans vraiment prendre d'initiative pouvant emporter une décision.
    Apparemment les Anglais avaient perdu l'espoir de remporter une victoire aux Indes apres la victoire des Saintes. Devant le mordant et le feu continu des bordées françaises Hugues retraita progressivement et décrocha sur Madras. À la nuit tombée, malgré l'ordre de cesser le feu, les vaisseaux français poursuivaient l'ennemi en tirant continuellement .Finalement Suffren ordonna l'ordre de mouiller. Le lendemain , a 15 milles les voiles anglaises sont aperçues toujours en retraite.
    Pendant quatre jours la chasse est donnée, mais l'ennemi abandonne définitivement la bataille.  
    Le 25 juin, ils sont hors de vue. Le combat à duré 2 h 30 et avait couté une centaine de morts  et de blessés des deux cotés .La flotte française est victorieuse, fait demi tour sur Gondelour. Marins et troupes qui débarquent sont accueillis par une foule en délire et Suffren est porté en triomphe.
    Quinze coups de canons sont tirés et  " cerise sur le gâteau" , les troupes de Tipoo-Saïd ont durement étrillées les troupes anglaises sur la cote de Malabar  . Tous les espoirs sont permis, la chute de Madras est envisagée, les Indes vont être sous influence française. Bussy et Suffren sont avertis que huit vaisseaux hollandais venant du Texel qui avaient fait une escale prolongée au Cap font enfin voile sur Ceylan .

    Vaisseau marchand suédois le Göteborg comparable aux indiamen hollandais, images Pinterest net  

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    Le 28 ,une frégate anglaise avec pavillon parlementaire ,la Médée se présente et annonce que les préliminaires de paix ont été signés à Versailles  le 20 janvier et ratifiés le 9 février. Le siège de Gondelour est terminé, une suspension des hostilités fut signée .La flotte française quitta Gondelour pour Trinquemalé le 1 er aout ou elle mouilla le 6. Elle fut rejointe par la frégate l'Hermione escortant un convoi de troupes fraiches de la compagnie hollandaise des Indes venant de Port Louis. Mieux vaut tard que jamais........

    La frégate l'Hermione dans la brume- image site le café de la marine .marine et modélisme d'arsenal

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    Une autre frégate de renommée, la Surveillante apporta le 29 aout l'annonce officielle de la paix et l'ordre à Suffren de rentrer en France, une ordonnance royale du 5 mars 1783 le nommant lieutenant des armées navales.

    Epilogue

    Les canons se sont tus. Ils ne  feront encore entendre leur voix que pour saluer le Roi ou le pavillon des autres nations. La France à su établir et rétablir son prestige ,voir son influence depuis la désastreuse guerre de sept ans .
    La guerre d'indépendance américaine lui à coutée cher et les caisses sont presque vides. Coté anglais, la politique mercantile à toujours droit de citée et les échanges commerciaux n'ont jamais cessés aux quatre coins du monde  et son industrialisation naissante novatrice ne va cesser de s'accroitre avec l'implantation de la langue anglaise. L'hémorragie financière de la France fut l'une des causes principales de sa brutale transformation des années  1791- 1795
    Sans le savoir, les principaux acteurs et témoins de cette période voyaient la " Royale " pour la dernière fois. Cette belle marine allait changer de pavillon et se battre dans des conditions épouvantables. Plus de 70%des officiers auront émigrés pour échapper à la guillotine. Des équipages de  " terriens " mal entrainés, mal payés , mal nourris et habillés de hardes  subissent les contraintes d'une situation que la plupart n'ont pas choisi. La marine royale va se transformer en marine de la terreur ou de la révolution, puis prendre le titre d'impériale .
    Malgré cela, elle va  défendre avec honneur le pavillon aux trois couleurs, se battre courageusement contre un ennemi supérieur à tous les niveaux.
    L'exploit de corsaires célèbres qui marqueront néanmoins l'histoire n' y changera rien.

    Cette marine appliqua souvent une devise célèbre dont l' armée de l'air fit sienne  " faire face ". Une autre devise dont elle fut souvent la victime, malheureuse celle -la, " Top peu - Trop tard ".
    Un auteur anglais  ( H. E. Jenkins) écrivait dans son histoire de la marine française: " La France n'a pas eu beaucoup de raison d'avoir honte de sa marine: la marine française, à juste titre, peut avoir quelques raisons d'avoir honte de la France " .

    Photo café de la marine: Marine et modélisme d'arsenal


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    Bonne fin d'année à tous, une pensée particulière pour ceux qui sont seul.

    Amicalement Jean-Jacques Michaud
    Marco la frite
    Lieutenant de Vaisseau
    Lieutenant de Vaisseau

    Marco la frite

    Merci JJ a20c a20c a20c
    pour cet épisode glorieux le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 16 1005723873 le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 16 1005723873 le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 16 1005723873
    Bon bout d'an
    et à bientôt sur 2019 le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 16 2054070234 le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 16 2054070234 le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 16 2054070234
    Amitiés
    Marco
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud


    Merci Marco Idem pour toi

    Très amicalement Jean-Jacques
    Glénans
    Capitaine de Frégate
    Capitaine de Frégate

    Glénans

    Bonsoir Jean-Jacques,

    Toujours aussi intéressant ton sujet historique sur les voiles royales. Merci de nous donner autant d'informations dans un style très vivant.

    A bientôt.

    Bonnes fêtes de fin d'année.

    Bonne soirée.
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud


    Merci Bertrand. Bon réveillon.
    Amitiés jean-jacques

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