Modélisme Naval Le RADOUB du PONANT

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Modélisme Arsenal, Naval, Aérien, Terrestre et Autres.

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales

    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette




    Merci Bertrand. Rendez vous aux Indes ,Suffren le Tropézien nous invite à son bord. Les Anglais vont en prendre plein les dents.

    Amitiés JJ
    Marco la frite
    Lieutenant de Vaisseau
    Lieutenant de Vaisseau

    Marco la frite

    Ouf a006 a006 a006
    ça me manquait a007 a007 a007
    pour une fois qu'on leur met une ratatouille le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 15 1846503051 le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 15 1846503051 le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 15 1846503051
    Marco
    Glénans
    Capitaine de Frégate
    Capitaine de Frégate

    Glénans

    Re Jean-Jacques,

    Je t'en prie, c'est la vérité vraie !!!

    Bien fait pour eux et vas-y Suffren !!! On est avec Toi, Monsieur "Le Bailli" !

    Allez, à plus.

    Bonne soirée.


    Dernière édition par Glénans le Sam 6 Oct 2018 - 13:33, édité 1 fois
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud

    Ils ont quand même un peu morflé pendant la guerre d'indépendance depuis la bataille de Ouessant en 1780.

    JJ
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud

    Bonjour à tous

    Hazard du destin, le 12 avril  1782 se livraient deux batailles entre Anglais et Français. Ni l'une ,ni l'autre ne changèrent quoique ce soit. Si la bataille des Saintes ou de la Dominique donnait une victoire éphémère aux Anglais, elle scellait pour toujours la naissance des Etats Unis d'Amérique.
    Par contre les différents combats victorieux de Suffren auraient pu être exploités avec avantage dans les négociations de paix pour l'avenir de la politique française. La récupération du Canada, par exemple
    et la possibilité d'un véritable empire français aux Indes.
    Mais ce théâtre d'opérations était considéré comme annexe. Cette courte vue politique sera longue à être de nouveaux recrée, on le voit de nos jours.......

    Au large de Ceylan, le même jour que la bataille des Saintes ,Suffren tempête et fulmine.
    Notre bouillant Tropézien fait flèche de tous bois ( c'est le cas de le dire ) pour regréer ses vaisseaux sur place quitte à enlever les poutres des quelques maisons. Il se méfie des escales amollissantes que ses vaisseaux pourraient faire en Ile de France et ou certains officiers comme un certain Tromelin pourraient contrecarrer certains de ses ordres. ( c'était la mode en ce temps la de contredire ouvertement ses supérieurs quitte à mettre en péril la mission proposée).
    En attendant d'hypothétiques renforts en hommes et en matériel ,écrivant lettre sur lettre, risquant l'interception de l'ennemi, il en gage des " lascars " ,voleurs, rebelles Hindous, noirs  .Ils ne sont pas marins ,mais ils sont courageux et se battent bien.
    Suffren prend les devants et se porte au devant de l'escadre anglaise qui à déjà reçu le renfort de deux navires, l'un de 64 pièces le Magnanime et le Sultan de 74 . La chasse est lancée et l'arrière garde anglaise déjà sérieusement menacée. Un pavillon à damiers blanc et bleu monte aux drisses du Héros de Suffren pour combattre tribord amure et à portée de pistolet. Le combat est classique opposant les adversaires en lignes de file parallèles. Malgré les ordres, deux navires ( le Vengeur et l'Artésien ) sont trop en avant pour être efficaces.

    Dessin de Mr H Simoni représentant l'un des navires de Suffren

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    Plan du Vengeur ( collection de Mr Boudriot les navires de 50 à 64 canons )

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 15 Img_7913


    Les cinq navires français de l'arrière garde suivant le triste Tromelin font de la figuration. Suffren est cramoisi de fureur. Sept navires inutiles !
    Pourtant un commandant sort du lot; Morard de Galle à bord du Petit Annibal de 50 ( ex prise anglaise) s'accroche à l'Eagle de 64 à moins de 30 m aidé du Sphinx qui poivre généreusement le Burford de 64 lui aussi. Trois officiers et soixante quinze matelots payent le prix de cette action.
    Suffren multiplie les signaux pour que l'arrière réagisse enfin. Montrant l'exemple, le Héros se précipite sur le Superb de Hugues .Le matelot d'avant du Superb, le Monmouth tire à la fois sur le Héros et sur le Sphinx. Furieux, le Héros envoie de telles bordées sur le Monmouth que celui-ci n'a plus que son mat de misaine et dérive entre les lignes . Suffren est néanmoins en danger, il est soulagé par l'arrivée de l'Orient de 74 qui s'interpose, mais sa grande voile prend feu.
    Le Brillant ( 64 ) de Saint Felix prend le relais obligeant l'amiral anglais de se protéger derrière le Monmouth tres endommagé qu'il s'apprêtait à secourir.

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 15 Photo_11

    Maquette du musée de la marine du Trocadero

    Le Brillant protège l'orient pendant trois quarts d'heure.

    A suivre...........JJ


    Dernière édition par michaud le Sam 6 Oct 2018 - 15:45, édité 2 fois
    Marco la frite
    Lieutenant de Vaisseau
    Lieutenant de Vaisseau

    Marco la frite

    Merci JJ a20c a20c a20c
    pour ton documentaire
    très vivant au demeurant a020 a020 a020
    Marco
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud


    Bonjour Marco,fidèle des fidèles

    Il est 13 h 45,j'entreprends l'écriture de la suite.

    Très amicalement JJ
    Marco la frite
    Lieutenant de Vaisseau
    Lieutenant de Vaisseau

    Marco la frite

    OK JJ a20f a20f a20f
    ça marche
    je reste assis le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 15 4148386872 le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 15 4148386872 le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 15 4148386872
    Marco
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud

    L'Orient parvient à éteindre le feu de sa grande voile ( 52 hommes sont morts ),le navire se remet en ligne apres avoir fait les réparations les plus urgentes. Le Monarch ( 68 pièces),matelot arrière du Superb comble le vide laissé par celui ci subissant d'autant le feu intense des navires français.
    Timidement, lentement l'arrière garde française finit par se rapprocher . Hugues fait virer lof pour lof son escadre et passe en même temps une remorque au Monmouth, ce qui en dit long sur la dextérité sous le feu de l'ennemi des équipages anglais . L'escadre anglaise retraite lentement vers Provédien ,ce qui va donner un nom à cette bataille. L'orage qui menaçait au début de l'engagement finit par éclater assombrissant le ciel et la visibilité en  rendant la navigation dangereuse à cause des hauts fonds.    
    Le Héros perd son mat de hune et gouverne difficilement, Suffren passe sur l'Ajax toujours suivant l'escadre anglaise au plus près.

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 15 Img_7910

    L'Ajax talonne par trois fois dangereusement, aussi Suffren donna l'ordre de mouiller par précaution ,donnant à chaque capitaine liberté de manœuvrer à sa guise pour assurer la sauvegarde de son bâtiment. La nuit tombe sur un combat qui aura duré cinq heures. Des trombes d'eau tombent sur les deux escadres un peu mélangées qui tirent sur leur ancres.
    L'aube du 13 montra les deux escadres en désordre  . L'escadre anglaise est protégée par les hauts fonds et les coraux et est tres endommagée. les Français eux réparent en eau libre. Le lendemain ,c'est page d'écriture, et tout le monde y va de sa plume pour expédier ses missives pour la France. Le 17,le courrier est rassemblé à bord des Bons Amis et du London ( pris juste avant la bataille ).

    Petit clin d'œil pour le courrier, Mr H Simoni m'avait offert cette trace philatélique du souvenir de Suffren

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 15 Img_7811

    Suffren tres en forme multiplia les provocations. Manœuvres agressives ,coups de canons, mais rien ni fit. Visiblement tres endommagée ou sur ordre, l'escadre anglaise ne bougea pas. Complètement écœuré, Suffren mit le cap sur un petit port hollandais, Batticaloa, au sud de Ceylan ou il restera cinq semaines pouvant intercepter à tout moment le commerce anglais.

    Collection personnelle

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 15 Img_7812

    Péniblement, visiblement soulagée, l'escadre anglaise regagna Trincomalé ou elle resta une semaine de plus. Apparemment, elle avait besoin de beaucoup de réparations.  Les historiens s'accordent à des pertes équivalentes des deux cotés ,peut être un peu plus lourdes chez les Anglais. 500 morts ou blessés de part et d'autre. 140 ou 220 coté Français.

    Poupe du Héros ( 74 canons ) ,navire de Suffren musée de la marine , images Pinterest etc...

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 15 Img_7914

    Amitiés A bientôt  Jean-Jacques


    Dernière édition par michaud le Sam 6 Oct 2018 - 16:42, édité 1 fois
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud


    J'ai ajouté quelques photos au post précédent.

    A pluche JJ
    Marco la frite
    Lieutenant de Vaisseau
    Lieutenant de Vaisseau

    Marco la frite

    Sacré bonhomme ce Suffren a021a a021a a021a
    Marco
    xavero63
    Premier Maître
    Premier Maître

    xavero63

    a009d

    Merci Jean-Jacques pour cette suite des aventures  a170
    C'est un régal de te lire a20c

    Amitiés
    a014
    Xavier
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud

    Bonjour Xavier, voici la suite

    " Mother Hugues " à le toupet de se déclarer vainqueur apres le combat, les Français ayant quitté le champs de bataille. Ses vaisseaux ont du être sérieusement poivrés pour rester immobilisés bon gré malgré sur les hauts fonds et plus tard effectuer de plus amples réparations plus à fond dans leur base.......
    Dans les eaux européennes, l'année 1782 s'écoula  comme la précédente avec sa noria de croisières stériles, de pertes de temps, et d'inutiles atermoiements protocolaires. L'absence de doublage de cuivre sur la plupart des navires alliés va s'avérer comme un manque crucial ,voir majeur pour l'homogénéité et l'équilibre de marche d'une flotte. Les plus haute autorités ont été complètement aveugles pendant près de vingt ans ! La marine française payait cher cette faute impardonnable d'équiper la coque des vaisseaux et frégates de cet élément crucial favorisant la marche et protégeant les carènes. Le doublage en cuivre favorisait la rapidité de manœuvre et la maniabilité de nos adversaires sans parler des caronades qui garnissaient leurs gaillards. Les Anglais doublaient leurs coques et armaient en caronades depuis les années 1760-1770.
    En France ,on expérimentait le doublage seulement en 1780 sur la Belle Poule, pour le retirer en se posant les questions..........Pour le remettre quelques mois plus tard toujours en s'interrogeant sur son utilité....   Comme d'habitude, trop peu trop tard . Constance typiquement française toujours d'actualité.....
    Autre illusion, l'apport des navires espagnols . Lourds ,lents, leurs batteries principales équipées principalement en 24 livres ,quelques uns avaient du 36, mais étaient tres minoritaires.

    Un convoi important destiné aux Amériques et à Suffren fut capturé par une escadre anglaise surgissant du brouillard et profitait d'une faute inexcusable de Guichen qui était pourtant un commandant expérimenté. 24 transports furent capturés et une partie de l'escorte, rien que cela !
    La tempête ,les coups de vent n'excusent pas tout, l'ennemi les essuie aussi...
    Appareillant de Cadix, une escadre franco-espagnole commandée par Cordoba ,amiral espagnol met le cap sur Brest. Vingt sept navires espagnols et cinq français éclairés par quelques frégates et corvettes mettent le cap sur la Bretagne. Il y a trois 110 canons, le Terrible, le Majestueux et le Royal Louis ,trois espagnols de 70 et un 64 pièces

    Boitage Heller, le Royal Louis

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 15 Photo_12

    Un convoi anglais de trente marchands apparait à 400 milles à l'ouest de Brest, escorté par un 50 canons, deux frégates et un brick à destination du Canada.
    Aussitôt prit en chasse, c'est l'envolée de moineaux. Loin d'avoir l'esprit de sacrifice des escorteurs français, L'escorte anglaise s'enfuit abandonnant le convoi à son sort. Dix huit marchands sur les trente ont été capturés par nos frégates heureusement doublées en cuivre.

    Maquette équipée par l'auteur

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 15 Photo_13



    Les vaisseaux français non doublés sont pourtant loin devant les navires espagnols.

    Finalement l'escadre combinée se réunie péniblement , un 64 pièces le Lion escortant les prises la précède et pénètre dans le goulet.  L'escadre anglaise de blocus s'étant prudemment esquivée devant cette force malgré tout imposante ( les trois 110 ). Pendant le blocus La Motte-Picquet avait réuni une escadre homogène et rapide, la Bretagne

    Maquette du Musée de Brest

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 15 Img_3155

    et l'Invincible de 110,six 74 canons ( Robuste ,Protecteur, Actif ,Zodiaque Bien-Aimé ,Zodiaque et guerrier ),tous doublés en cuivre.

    gravure d'un 74 canons encadrée de Jean Bellis, propriété de l'auteur

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 15 Img_4610

    C'était sans compter sur l'ineptie de ce cher Cordoba.


    A suivre  Amitiés Jean-Jacques
    parellum
    Inspecteur Général de la Marine
    Inspecteur Général de la Marine

    parellum

    a009d

    Et zut!... à suivre! Formidable conteur que notre ami JJ! a009b
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud


    Bonjour Patrick

    La suite arrive cette après midi,après une petite mise en appétit tardive,nous apprécierons ( j'espère ).

    Les dernières salves de la Royale
    .

    Très amicalement Jean-Jacques
    Stearghall
    Commissaire Général des Fontes
    Commissaire Général des Fontes

    Stearghall

    a012

    @parellum a écrit:...  Formidable conteur que notre ami JJ!  ...

    Effectivement, on se laisse facilement emporter par le récit.
    Pour moi qui n'ai pas vraiment le temps de lire, ou du moins qui ne cherche pas à s'en dégager,
    ce récit à doses homéopathiques me convient parfaitement, j'y suis d'ailleurs abonné par le biais des "sujets surveillés" !

    Merci JJ

    a20f
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud

    Chers compagnons ,embarquons à bord de l'Invincible ( 110 canons ). Ce cher Cordoba réussi à défaire ce que La Motte Picquet avait composé. L'arrogant espagnol mélange ses quelques vaisseaux aux navires français. L'escadre homogène et rapide se transforme en escadre hétéroclite.
    Quatre vaisseaux français,  Invincible ( 110 ), Robuste , Protecteur, Guerrier ( tous de 74 ) et quatre espagnols, un de 76 et trois de 70. Eclairée par l'escadre légère, la flotte brique les atterrages connus de tous entre le cap Lizard, les Sorlingues et la Manche, bref, elle fait des ronds dans l'eau.  
    Du haut des hunes de l' Invincible ,les vigies aperçoivent des voiles au nord-ouest, elles sont immédiatement prises en chasse par les frégates.

    Maquette d'une frégate équipée par l'auteur

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 15 Photo_14

    Les voiles aperçues ne sont pas celle d'un convoi, vingt deux voiles dont onze trois ponts avec frégates et corvette ! Rien de moins.........C'est tout simplement la flotte de l'amiral Howe. Pour une fois la mer est clémente et la flotte combinée file vers l'ennemi. Filer est un bien grand mot, car les navires espagnols sont rapidement distancés par les meilleurs marcheurs français . Le Majestueux et l'Indien en tète avec l'escadre légère qui sont bientôt à portée de canons ( 1000 m).
    D'apres mes annotations, le Majestueux est noté comme étant un tres bon voilier
    Mémoire de Mr Boudriot, notes relevées sur Neptunia.
    Des frégates sont envoyées à Cordoba pour accélérer. Autant demander à des sabots de se transformer en lévriers des mers ! Il est 11 h 30 et déjà Howe détache plusieurs trois ponts pour protéger son arrière garde. Les navires français arrivent par deux fois à portée de tir. La Motte Picquet est obligé de ralentir pour éviter de se faire envelopper par l'adversaire et attendre les tortues espagnoles.
    L'escadre française attendit les Espagnols au large des Sorlingues la rage au ventre. Toujours aussi inepte ,Cordoba voulu reprendre la poursuite. Mais c'était aussi ridicule qu'inutile. Des patrouilles sans résultat suivirent avec l'inévitable apparition des premières maladies, navires et équipages ont besoin de soins.

    Le 17 aout Castries informe par l'envoie d'un lougre ( le Chasseur ) que des milliers de plaques de cuivre sont disponibles pour doubler  trois  des 110 français ( Terrible , Majestueux et Royal Louis ). On va enfin se battre à armes égales avec Howe, Guichen et La Motte Picquet jubilent.

    Lougre de guerre ,collection de l'auteur

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 15 Photo_15

    C'était sans compter sur l'incompétence , ou la perfidie de Cordoba qui , se voyant privé des trois ponts français en carénage à Brest voulait les faire doubler en Espagne à Carthagène Il s'imaginait aussi affronter seul la flotte anglaise......
    En fait les formes de radoub espagnoles sont trop petites et trop courtes et Cordoba le savait.
    Les vaisseaux devront être abattus en carène, il faudra aussi expédier les plaques de cuivre ainsi que les ouvriers français qui avaient le savoir-faire que leurs homologues espagnols n'avaient pas. Quelle perte de temps, l'inefficacité est reine . Les alliés avait promené leur impuissance. Le ministre de la marine Castries écrivait dans son journal: " L'irrésolution de Madrid, le pitoyable état de ses vaisseaux et Monsieur de Cordoba ne donnent pas confiance ". Il écrivait plus loin, " Monsieur de Cordoba est incapable de commandement ".
    Le major d'escadre, capitaine de vaisseau de Guichen Buor de la Chaloulière écrivait lui aussi : Les gouvernement de France et d'Espagne devraient bien sentir combien il est intéressant d'avoir tous les vaisseaux doublés en cuivre. Si on avait prit ce parti pour se mettre à marche égale avec la marine anglaise, la journée du 12 juillet eut été funeste à l'Angleterre au lieu qu'elle à été affligeante et décourageante pour tous les individus renfermés dans quarante lourdes machines.
    La flotte combinée jeta l'ancre à Cadix ayant pour objectif la reprise de Gibraltar.

    Pendant ce temps la

    Aux Antilles, la vie suivait tranquillement son cour , le soleil brillait et St Domingue vit appareiller pour la France quatre vaisseaux le St Esprit de 80, le Destin, le Conquérant de 74  et le Réfléchi de 64 escortant un riche convoi de 160 transports chargés de sucre ,de rhum, d'indigo, de café ,de coton et des denrées de premier choix . C'était en fait le convoi enjeux de la bataille des Saintes.
    Un autre convoi de 100 voiles vint se joindre au premier escortés par trois vaisseaux et fit route sur la France. Le plus riche convoi jamais réuni. Il est très curieux que la marine anglaise n'est pas cherchée à  intercepter un convoi de 260 voiles se trainant à trois nœuds !
    Le 31 mai La Pérouse commandant le Sceptre de 74 canonnait quelques baraques en bois d'un comptoir anglais de la baie d'Hudson sans aucun intérêt stratégique,( elles furent vite reconstruites..),les fourrures furent confisquées , les adversaires se saluèrent courtoisement selon l'usage, tout cela alimentant les conversations de Londres et Versailles.   Le Sceptre mit le cap sur Cadix rejoignant la flotte  combinée à la mi- octobre.

    Petite pause ,escale de courte durée afin de rejoindre notre Suffren qui va tailler de sérieuses croupières aux godons mais va devoir batailler avec l'insubordination de ses subordonnés.

    A bientôt amitiés Jean-Jacques  a158
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud

    Bonjour

              Le théâtre d'opération antillais lié aux affrontements terrestres et aux abords des cotes américaines perdait son intérêt. En effet, les Anglais sentaient bien que la guerre était perdue.
    Les quelques colons révoltés , désorganisés s'étaient transformés en une coalition de différents états structurés avec une armée qui montait en puissance. Les victoires de l'armée régulière américaine  aidée par une guerre d'embuscades tres efficaces affaiblissaient ,désorganisaient et démoralisaient de plus en plus l'armée anglaise. Des films comme Patriote avec Mel Gibson ou Revolution avec al Pachino montrent sur grand écran la grandeur du phénomène. L'aide française en hommes et  en matériel  avait été déterminante. Même si la victoire de la Royale Navy sur la flotte française aux Saintes redonnait du moral aux forces britanniques te leur permettait de conserver la face pour négocier honorablement un traité de paix, les services de renseignements montraient que l'issue de la guerre était proche. Un accord commercial secret avait même été conclu entre les jeunes états unis d'Amérique et l' Angleterre, ce qui signifiait à quelques choses près à la signature d'une paix séparée.
    Versailles étant tenue discrètement à l'écart. Apprenant ce fait venant d'alliés ,les rapports franco-américains en furent singulièrement rafraichis.
    La flotte franco-espagnole numériquement supérieure pouvait faire illusion, mais privée de son chef emblématique, la date de la prise de la Jamaïque prévue de longue date fut remise à une date ultérieure. Néanmoins la diplomatie reprenait ses droits, et la guerre, les siens . Il y eu des patrouilles et des duels isolés entre vaisseaux et frégates.

    maquette de l'auteur

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 15 Photo_16

    Les convois partant des Antilles ne furent pas inquiétés malgré la puissance de la marine anglaise. Français et Anglais rapatriaient par petits paquets leurs principales unités vers la mer patrie.

    L'Hermione-image marine nationale

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 15 Img_7612

    L'Europe fixait son regard et retenait son souffle sur la grosse affaire du moment: Le siège de Gibraltar. L'Espagne et la France réunissaient des moyens conséquents pour s'emparer de cette position emblématique et stratégique.
    Aux Indes , les forces étaient moins importantes mais l'enjeu l'était. L'Angleterre avait compris et conçu depuis longtemps une stratégie qu'elle mettait patiemment en place. La France avait une politique décousue et à courte vue comme d'habitude et n'avait pas apparemment  vraiment réalisé ce qui était en jeu. Quelques rares éclairés avaient essayés de faire entendre leurs voix à Versailles, mais ils n'ont pas été écoutés ni entendus.

    Prochain épisode ;De Brest à Ceylan, la route est longue .

    Bonne fin d'apres midi. Amitiés jean-Jacques
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud

    Bonjour tout le monde

                  Si de Grasse était comme on dit "  sur la touche ", Suffren, lui ne l'était pas, loin de la.
    Faisant face à l'insubordination de certains de ses officiers, cet homme hors du commun mettait seul tout en œuvre pour que la France possède une force de frappe suffisante pour détruire la présence anglaise dans cette partie du monde si convoitée par la " perfide Albion ". Le ravitaillement, tant qu'en hommes ,qu'en matériel faisait cruellement défaut . On en était réduit à utiliser le bois de charpente de certains édifices pour l'adapter sur les vaisseaux qui manquaient de tout. Les quelques prises faites sur l'ennemi et de rares cordages indigènes faisaient le complément en chanvre, toiles et fournitures de toutes sortes. Avec cette volonté extraordinaire ,Suffren avait cette force de caractère et une vision des choses tres en avance sur ceux qui l'ont côtoyés. Bousculant les habitudes ou les règles établies dans l'art naval, il gênait ces messieurs hauts placés qui s'endormaient dans des règlements devenant de plus en plus obsolètes. La France avait son Nelson, mais contrairement au grand marin anglais ,Suffren n'était épaulé, ni par une bande de frères épousant ses idées ou capables d'initiatives, ni aidé efficacement par une qualité logistique que les chantiers navals français auraient pu lui fournir.

    Le port de Brest ,musée de la marine

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 15 Img_7613

    L'entrée du port de Brest , album de Ozanne

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 15 Img_7814

    L' Eveillé en construction, le tableau date de 1778,musée de la marine


    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 15 Img_9710

    Pendant que l'ennemi se refaisait une santé, nous en faisons autant à Batticaloa.
    Le 16 mai, quelques transports avaient apportés chichement un peu de ravitaillement aux Français. Le 3 juin, Suffren avait jeté l'ancre à Trinquebar ( petit port danois ), il y trouva trois navires hollandais, un Danois et six voiliers neutres.

    Navire suédois,  le Göteborg, réplique d'un indiamen.

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 15 Img_4011

    Convoi d'indiamen hollandais peint par Charles Brookings, images Pinterest ,musée de Londres

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 15 Img_3233

    Même auteur et même origine

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 15 Img_3234

    A suivre   Amitiés  Jean-Jacques
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud

    Bonjour à tous

    Apres avoir constaté la présence d'indiamen hollandais et suédois, Suffren établi sa croisière au large de Trincomalé ,l'ennemi toujours à l'ancre léchant ses blessures. Il faut croire que les 36 livres et les 24 livres avaient fait quelques dégâts......Pour améliorer l'ordinaire, Suffren envoya en chasse libre deux navires de 64 pièces ( le Sphinx et l' Artésien), accompagnés par deux frégates ( Fine et Bellone ),un convoi était sorti de Madras. C'était une proie facile et pourtant, pour une raison obscure , le capitaine de l' Artésien abandonna la poursuite, imité par son escorte. Il n'y eu qu'une seule prise !
    Nous vous laissons immaginer le  " remontage de bretelles " au retour que Suffren passa à ses subordonnés. La suite aura des conséquences. Pour l' anecdote, le Sphinx s'empara le 10 juin de l'ancien navire de Cook, le H M S  Résolution, élégant petit transport de 16 canons doublé en cuivre comme il se doit.  
    Ce bâtiment avait fait le tour du monde avec le célèbre marin lors de sa deuxième expédition en 1773.

    épingle Pinterest-Wikipédia  source Gallica du Résolution


    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 15 Img_3235

    Le lendemain fut plus intéressant. Trois anglais furent capturés, le Tamonth ( ou Yamouth),le railleur, bourré de munitions et la Fortitude, magnifique voilier de la compagnie des  Indes de 22 pièces chargé de riz. A bord, huit français restés prisonniers depuis l'affaire de La Praya qui avait tant défrayée la chronique. Inutile de décrire la joie qu'ils ont éprouvés, de retrouver leurs compatriotes.
    Mais inlassablement ,tenaces , les Anglais continuaient leur travail de sape en s'emparant des différents comptoirs hollandais de Sadras, Pulcat, Negapatam ( pris en novembre.) , Trinquemalé et fort Ostemburg dans l'ile de Ceylan.
    Suffren savait que seule la présence de la flotte française maintenait la cohésion de la mosaïque des royaumes marathe gouverné par Hyder Ali qui ne faisait pas l'unanimité et son pouvoir était fragile.

    empire marathe à son apogée, Wikipédia

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 15 Img_3238

    Epingle Pinterest

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 15 Img_3236

    Il fallait à tous prix détruire la flotte anglaise ! Huit cent malades durent être débarqués, remplacés ,avec l'accord d'Hyder Ali par huit cent cipayes ,sept cents soldats de la troisième légion de volontaires étrangers de la Marine, une poignée de volontaires de l'ile Bourbon et un détachement du régiment d' Austrasie.

    drapeau du régiment d'Austrasie ( Wikipédia )

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    De l' artillerie de campagne fut embarquée pour assiéger éventuellement Negapatam . Parti de Gondelour, l'escadre française mit le cap sur Negapatam ou elle arriva le 5 au soir.

    Comme en Amérique, l'action devait se mener sur terre et sur mer et il fallait la coordonner pour la rendre la plus efficace possible. Si Suffren de part sa personnalité , essayait d'insuffler l'élan nécessaire et donnait l'exemple à ses officiers et à ses hommes, il n'en était pas de même  pour les troupes à terre.
    Général en chef , Duchemin n'était pas Lafayette. Il ne se mettait guère à la tète de ses troupes pour montrer l'exemple et entreprendre une action décisive.
    Décidemment ,et nous ne le répéterons jamais assez, c'est un mal endémique typiquement français qui perdure d'année en année. Les chefs nommés à Versailles avec des responsabilités équivalentes se jalousent, fond du trafic d'influence, " se mettent des battons dans les roues " , se critiquant ouvertement devant des subalternes, compromettant l'objectif principal. Eliminer la présence et l'influence anglaise dans cette partie du monde.
    L'animosité entre Montcalm et Vaudreuil au Canada, d'Aché et Lally-Tollendal, Dupleix et Mahé de la Bourdonnais aux Indes les années précédentes en sont les exemples les plus marquants. A cela il faut ajouter l'attitude discutable de certains officiers tres imbus de leur rang ( Bougainville, Tromelin), pour ne citer qu'eux, soutenus par l'influence de leur famille gravitant autour du Roi, tout cela contribuant à l'imbroglio politico-militaire.

    Le soir du 5 juillet , la flotte française fut en vue du mouillage de l'escadre ennemie
    qui se trouvait entre Nagar et Negapatam . Celle-ci appareilla aussitôt, se tenant au vent des vaisseaux français. Un caprice de la nature va priver provisoirement Suffren de l'un de ses vaisseaux. Un navire de 64,l'Ajax va être victime  d'un grain blanc. Particulièrement redouté des marins, imprévisible, c'est un puissant courant aérien descendant en rafales à plus de 200 kilomètres à l'heure dont l'écrasement en surface produit des vents violents tres localisés. A 14h ,l'Ajax est assailli par ce phénomène et dangereusement plaqué sur le flanc. Il aurait coulé irrémédiablement si ses mats de hune et de perroquet ne s'étaient brisés, l'effet ressort remet le bâtiment d'aplomb. L'Ajax fut le seul ayant subit des dommages ,Suffren détacha la frégate la Bellone pour aider l'éclopé à se regréer dans la nuit.

    maquette de l'auteur

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    A suivre Jean-Jacques
    xavero63
    Premier Maître
    Premier Maître

    xavero63

    a009d

    Chouette !!!  a027 a027  un nouvel épisode

    a170   Jean-Jacques

    Amitiés
    a014
    Xavier
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud



    Bonjour Xavier,oui je continue aujourd'hui,le canon va se faire entendre sur les eaux.

    A tout à l'heure.

    Amicalement Jean-Jacques
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud

    Coucou, me revoilou


    Alors qu'en Europe, la flotte combinée Franco-espagnole franchit le goulet de Brest  pour sa croisière ,Suffren , à la même date va s'expliquer pour la troisième fois avec le même adversaire, l'amiral Hugues. Le combat va opposer 11 navires de part et d'autre, avec une légère puissance de feu coté anglais. Petit détail qu'il ne faut pas oublier, les 64 canons anglais ont du 18 livres à leur deuxième batterie ( les Français n'ont que du 12 ), et l'ennemi possèdent des caronades ( non comptabilisées dans l'armement), que nous n'avons pas. L' Ajax endommagé ne participera pas à l'action, ce qui fera un navire de moins. A 7 heures, la ligne anglaise pique sur la Française selon un angle assez aigu ( en V ),ce qui implique que les six premiers vaisseaux de chaque formation  devront attaquer selon les instructions leur vis à vis dans la ligne adverse.
    Suffren vire face au vent et repart ribord amures, Hugues suspend son attaque.
    L'escadre française à le fameux navire rouge ( Red ship) à sa tète: le Flamand

    Le Flamand ( future navire rouge, ici armé en flute, c'est à dire ,son artillerie à la serre ,non utilisable, le navire est transformé en transport de matériel et de soldats
     

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    Le même navire, profil colorisé par Mr H Simoni

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    suivi de l' Annibal, du Brillant, du Héros, du Sphinx, du Sévère, du Petit Annibal, de l' Artésien, du Vengeur, du Bizarre et de l' Orient.
    La flotte anglaise est menée par l'Exeter, le Hero, l'Isis , le Burford, le Sultan ,le Superb , le Monarca , le Worcester , le Monmouth , l' Eagle et le Magnanime.
    L'escadre anglaise est en retrait de la ligne française, voyant cela Suffren en voie l' Orient ( 74 ) renforcer l' arrière garde. Les Anglais ont leur part de désagréments, une collision ayant eu lieu envoyant le Hero devant l' Exeter, d'où un désordre dans l'arrière garde. Un pavillon rouge et blanc monte aux drisses du Héros de Suffren signalant d'ouvrir le feu. Les deux adversaires s'affrontent en V.

    Le combat de Negapatam le 6 juillet 1782

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    " Mother Hugues " essaye de " coiffer " le Flamand par ses deux vaisseaux de tète, le Hero  ( 74 ) et l' Exeter de 64. Ils sont reçus avec les honneurs et sérieusement poivrés. Le Hero y perd son gouvernail et doit quitter la ligne ,l'Exeter quitte son poste sans autorisation...
    Bien entendu, le triste Tromelin commandant l' Annibal de 74 n' a strictement rien fait pour soutenir le Flamand son matelot d'avant. Ce valeureux navire perdit plus de 80 hommes sous un déluge de boulets et mitraille et doit abandonner son poste. Le petit Annibal de 50 pièces affront l' Isis de même force qui est soutenu par le Burford de 70. Mais ce navire reçoit les bordées du Sévère.
    Le Brillant, commandé par Mr de Saint Félix est matelot d'avant du Héros de Suffren ( honneur redoutable ). C'est avec une grande détermination que ce 64 canons va soutenir pendant deux heures les bordées dévastatrices de trois 74 ( Sultan ,Hero et le navire amiral de Hugues, le Hero ). Le Hero, tres endommagé par les tirs du Flamand du se retirer en tres mauvais état et mis le cap sur Negapatam . Malgré la chute de son grand mat et la perte d'une partie de son équipage ( 47 morts et 140 blessés plus ou moins gravement),Saint Félix tient son poste. Les pertes à son bord sont les plus élevées des deux escadres !
    Hugues ne parvient donc pas à couper la ligne. Suffren parvient à dégager le Brillant faisant un feu d'enfer sur le Sultan. Le Sphinx, matelot arrière du Héros suivait fidèlement son amiral en tirant sur le Superb déjà bien abimé. Le Sévère ( 64 ), s'expliquait toujours avec le Burford. En partie démâté, le Brillant se laissa glisser vers l'arrière de la ligne française qui n'est pas engagée et donc intacte.
    L' Annibal de Tromelin, l'Artésien, le Vengeur , le Bizarre et l' Orient ne manifestent guère d'agressivité marquée, faisant beaucoup de fumée et tirant de trop loin pour être efficace. A 13 h le vent forcit et passe au sud sud-est jetant la pagaille dans l'escadre. Suffren ordonne de virer  lof pour lof, c'est à dire à 180 degrés. Il a maintenant le vent en poupe. Mais le Brillant tres endommagé par son engagement précédent ne peux exécuter la manœuvre et dérive vers la ligne anglaise. Quatre vaisseaux anglais deviennent menaçants ,en particulier le Worcester et l'Eagle. Mais le Héros et le Vengeur repoussent les téméraires et dégagent Saint Félix. Le désordre est général, les changements de cap, le vent, les vaisseaux endommagés dérivant , la fumée et les signaux mal perçus y contribuent largement. Chaque vaisseau tirait au hazard d'une rencontre sur l'adversaire  aperçu. Le Héros de Suffren profita de l'un de ces hasards pour envoyer une terrible et violente bordée d'enfilade sur la poupe du Superb de Hugues tuant net  Mac Lellan son commandant qui tomba aux pieds de son amiral.
    Le Monarca est écrasé sous un déluge de feu et n'est plus maitre de ses manœuvres, le Worcester ne vaut guère mieux. Vers 15 h le feu cessa de part et d'autre. Les deux amiraux hissèrent les pavillons pour regrouper leurs navires et remettre un semblant d'ordre. A 15 h 30 ,Hugues fit retraite sur Negapatam tout e narguant les Français en jetant l'ancre au vent de leurs navires entre Negapatam et Naour. Malgré les bordées de provocations, les injures et jurons de notre bouillant tropézien, l'escadre anglaise ne bougera plus.
    Finalement, ne pouvant approcher plus avant la flotte française mouilla vers 18 h ,sous le vent au large de Karikal ( 60 000 au sud de Pondichéry). L'escadre française déplorait 412 morts et entre 602 et 779 blessés. Les Anglais comptaient officiellement 77 tués et de 233 à 300 blessés......

    Prochain épisode; Suffren règle ses comptes a158

    A suivre Amitiés Jean-Jacques
    xavero63
    Premier Maître
    Premier Maître

    xavero63

    a009d

    Grrrrrrr  a005    a008d
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud



    Bonjour Xavier

    Fidèle lecteur à ce que je vois. Ce combat connu sous le nom de combat de Negapatam comme tous combats est analysé par les historiens de tous poils. les chiffres annoncés par les belligérants ( surtout anglais),sont à prendre avec précautions. Ils ont l'art ,soit de tirer " le tapis " vers eux ou bien d'exagérer ou de diminuer le nombre de l'adversaire afin de se mettre en valeur.
    Le chiffre paraissant peu élevé des pertes anglaises me parait suspect. Sachant qu' un 74 se compose d’environ 800 hommes , je pense qu'une bordée d'enfilade à la poupe du Superb à du faire beaucoup de dégâts à l'intérieur,sachant que c'est la partie la plus fragile d'un vaisseau ou d'une frégate de cette époque.
    De surcroit ce vaisseau à reçu d'autres bordées plus classiques. Les autres vaisseaux anglais comme le Héro qui du se retirer, le Monarca, le Worcester très sérieusement endommagés ont du avoir de grosses pertes en hommes également. Il y aura d'autres exemples par la suite ou les chiffres annoncés sont encore sujet à caution.

    A pluche Amitiés Jean-Jacques
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud

    Bonjour à tous

    La bataille de Negapatam s'est terminée grosso modo par un match nul avec un léger avantage pour les Français malgré des pertes plus élevées. Ils étaient restés maitres des lieux. Mais divers incidents ou manquements dans l'action ont laissés des traces et ce n'était pas la première fois que la fronde de certains officiers envers leur amiral s'était manifestée. Suffren va régler ses comptes.

    L'affaire du Sévère


    Revenons un peu en arrière. Suffren à bord du Héros, aidé du Vengeur arrive juste à temps pour dégager le Brillant qui, tres endommagé, amputé de son grand mat, dérive sous le feu anglais. Le Sévère est aux prises avec le Burford et le Sultan. Le Burford est lui aussi sérieusement atteint par les bordées du 64 français. Avant la saute de vent, le navire anglais à masqué le Sévère ,le privant de manœuvres ,ses voiles étant plaquées contre les mats. Obligé de se retirer , il voit arriver trois vaisseaux ( deux de 74 et un de 64 ) qui pratiquèrent un redoutable tir croisé.
    Devant un tel ouragan, perdant son sang froid, le commandant français, un certain Cillard ordonne d'amener le pavillon ,signifiant ainsi qu'il se rendait. C'était sans compter sur le courage de ses subordonnés. Dans un premier temps, Mr de Gennes, lieutenant auxiliaire refuse de se rendre." On tiendra jusqu'à ce que l'on crève" avait il répondu à son supérieur ,il s'abat la jambe arrachée et appelle un officier du nom de La Salle, commandant l'artillerie des gaillard, pour le remplacer .La Salle tombe à son tour. Cillard réitère son ordre. Deus soldats du régiments de bourbon refusent également  d'exécuter l'ordre . Le Sévère continue son feu contre ses trois adversaires. Finalement ,un marin abaisse le pavillon sur ordre de son commandant. Celui-ci monte sur la dunette ,et selon les usages du temps hèle le Sultan en tenant son tricorne a bout de bras et le baisse trois fois ( signe de reddition ).
    Le Sultan cesse le feu aussitôt et met à l'eau une embarcation de prise. Des cris et des huées d'indignation fusent des batteries du Sévère. C'est alors que deux officiers bleus ( d'origine non noble),lieutenant de brulot, commandants des batteries basses , MM Dieu et Rosbo sont tellement indignés et furieux qu'ils interviennent et enferment leur commandant dans sa cabine. Du jamais vu dans la marine ! Avant de regagner leurs postes, les couleurs ont à nouveau hissées  et le Sultan à la surprise de recevoir un terrible tir d'enfilade qui lui ravage sa poupe et son flanc et l'oblige à s'éloigner.

    Gravure image Pinterest représentant sans doute, le Sévère ouvrant le feu sur le Sultan, apres avoir rehisser ses couleurs


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    Le maitre d' équipage du Sévère à ce trait d'esprit: " Cillard a voulu donner le vaisseau à l'ennemi, mais Dieu ( un nom prédestiné ) ,n'a pas voulu."
    A bord du Héros , Suffren voit effectivement que le pavillon royal a un instant disparu, mais suppose qu'il a été emporté par un boulet .D'ailleurs, le pavillon royal flotte  nouveau à la poupe du Sévère qui reprend sa place au combat.  
    Apres la bataille , un parlementaire anglais se présente à Suffren en réclamant dans un premier temps l' Ajax, mais celui-ci est rapidement mis hors de cause suite à l'étude des rapports de combats, c'est le Sévère qui est sur la sellette .Apres avoir entendu froidement  James Watt ( l'officier anglais ),Suffren le fit courtoisement mais ferment reconduire à son bord .
    Alors , la colère de Suffren ne connu plus de bornes, des tètes allaient tomber, les sanctions pleuvoir.
    Pendant ce temps, les deux escadres durement éprouvées ,réparent pour s'affronter à nouveau.
    A Gondelour ou son escadre panse ses plaies ,Suffren va régler ses comptes et ça va faire mal.
    Fait unique, les sanctions et les grâces ( promotions ou décorations ) proposées par Suffren seront approuvées par le Roi et le ministre de la Marine. Apres enquête, Suffren entre en action . Bide de Maurville ( commandant de l' Artésien ), Forbin- Janson ( commandant du Vengeur) et Bouvet de Précourt sont démis de leurs fonctions . Il ne s'étaient pas mis dans la ligne de bataille . Ils seront renvoyés en France. Maurville et Forbin seront emprisonnés un an à l'ile de Ré ,puis à Pont St Esprit et rayés des cadres. Bouvet ( commandant de l' Ajax) ,vu son âge et sa santé défaillante n'est plus apte à commander et , selon le langage moderne se voit confier à une retraite anticipée. Il n'aura pas le temps d'en profiter car il mourra trois jours plus tard . En quittant son navire Bouvet y laisse son fils qui s'illustrera plus tard sous  l'empire à la bataille de Grand Port et deviendra vice amiral.
    Quand au fameux Cillard, il fut lui aussi démis de son commandement, renvoyé  en France ,mais trouva l'occasion de s'évader des son arrivée à l ' Ile de France. Jugé à huit clos et par contumace le 25 juillet 1784 à Versailles, il sera lui aussi rayé des cadres de la Marine.
    Et Tromelin ? Tres curieusement, il passa pour l'instant  à travers les mailles du filet. Son compte fut réglé plus tard,discrètement , mais toujours  dans ce jugement du 25 juillet 1784.  Il fut chassé de la Marine.  Pour Dieu et Rosbo qui avaient fait preuve d'insubordination, Castries avait demandé qu'ils soient eux aussi rayés des cadres . Mais vu les circonstances, il leur accordera un satisfecit pour leur courage . Suffren demandera que leur soit conservé leur brevet de capitaine de brulot. Divers officiers s'étant particulièrement distingués obtinrent pensions, décorations et commandement .
    L'encadrement rajeuni et rénové,  Suffren s'employa à mettre tous les moyens pour prendre sa revanche.

    Frégate de 12, image net Marine

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 15 Img_7614

    A suivre   Amitiés Jean-Jacques


    Dernière édition par michaud le Mar 30 Oct 2018 - 10:13, édité 1 fois

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