Modélisme Naval Le RADOUB du PONANT

Toute la communauté du Radoub du Ponant
vous souhaite la bienvenue.
En fermant cette fenêtre contextuelle vous ne pourrez
consulter qu'une partie des rubriques de notre site.
La visualisation de la totalité de son contenu n'est accessible
qu'après inscription, validation de votre compte ET présentation.
Merci pour votre compréhension.

Modélisme Arsenal, Naval, Aérien, Terrestre et Autres.

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales

    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette





    Merci Bertrand. A bientôt JJ
    Dan le Cévenol
    Elève-Officier
    Elève-Officier

    avatar

    Bonsoir JJ.
    Quel beau recit tu nous fait.Je ne connaissais pas cette bataille contre les Anglais.
    Très instructif.
    A+
    Daniel.
    parellum
    Inspecteur Général de la Marine
    Inspecteur Général de la Marine

    parellum

    a009d

    Décidément tu aimes nous faire attendre! Dépêche-toi! a007
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud

    Bonjour à ceux qui suivent
    .

    En écrivant ces chapitres de notre histoire navale, je me fais l'image d'être un dinosaure. Il est toujours un peu triste que certains lecteurs modélistes jeunes ou plus anciens ignorent notre passé naval, surtout lorsqu'il entreprennent un modèle qui y a participé. Mais, c'est peut être la vie que nous connaissons qui veut ça. Un écrivain à dit: si tu veux comprendre les choses modernes, étudie les anciennes .
    Aussi en écrivant les dernières pages, je fais en quelques sortes un devoir de mémoire.
    .

    L'instant

    A trois ou quatre nœuds, les deux grandes flottes défilent à contre sens et une relative accalmie suivait l'engagement violent du Marlborough et du Brave qui avait eu lieu vers 7 h 45. Les sautes de vent irrégulières faisaient faire aux différents navires une sorte de ballet pendant lequel des échanges de boulets s'effectuaient lorsque les adversaires se rapprochaient sans que cela soit efficace pour le moins du monde. Mais en défilant ainsi, la flotte anglaise aura tôt fait de rattraper le convoi que la flotte française devait protéger à tous prix. Un ordre de de Grasse et les sautes de vents irrégulière vont semer la confusion dans l'ordonnance de la flotte française.
    De Grasse voulu faire effectuer un 180 degré à ses bâtiments en même temps. Si cette manœuvre pouvait s'effectuer par des équipages expérimentés dans des conditions de vent normale, elle allait avoir des conséquences dramatiques dans les eaux de ces iles aux vents changeant.
    De plus, elle présentait le risque de présenter sa poupe à l'adversaire qui pourrait en profiter pour envoyer le redoutable tir d'enfilade sans que l'on puisse pouvoir répliquer.
    De Grasse donna l'ordre aux frégates répétitrices de signaux d'exécution aux vaisseaux.
    Il y eu un début d'exécution, mais le peu de vent ajoutait à la difficulté de la manœuvre ,un navire, le Pluton n'obéit pas aux ordres malgré les signaux appuyés de coups de canons .D'autres navires français trop près de leur adversaire ( 300 m ) ne pouvaient sans risque effectuer la caracole. D'autres par contre, a plus grandes distances le pouvaient Les portées peuvent s'estimer ainsi: portée de canon,800m, ( efficace à 400 m),portée de fusil,300m,portée de pistolet ,30 m.
    Les vaisseaux à proximité immédiate du vaisseau amiral la Ville de Paris pouvaient exécuter cet ordre malgré leur voilure endommagée. Aussi ,de Grasse envoya l'ordre d'exécution à l'Hercule ( capitaine La Clochetterie, rendu célèbre par son combat à bord de la Belle Poule ). Malgré les signaux de la frégate Amazone répétant le signal bien visible, l'Auguste de Bougainville  ne hissa pas l'ordre.
    Celui-ci ne fut pas exécuté. L'obéissance à l'amiral n'était visiblement pas à l'ordre du jour.
    Pour en rajouter, le vent sauta à 45 degré obligeant les navires français à changer d'amures ajoutant ainsi le désordre dans leur relative formation . Rodney observant le désordre dans la ligne française trouva l'occasion unique, hésita encore quelques instants ( ordre de garder la ligne était immuable),puis l'amiral anglais pressé par ses officiers donna l'ordre décisif. Brisez la ligne adverse.
    Le Formidable ( navire amiral de 100 canons )abattit en grand à tribord, suivi  de cinq navires, Namur,Saint Alban,Canada, Repulse et Ajax. Les navires coupèrent la ligne française devant le Glorieux qui reçu plusieurs meurtrière bordée d'enfilade de la proue à la poupe par le navire amiral et par les navires qui le suivaient. Le Duke, matelot avant de Rodney voulu suivre l'exemple de son amiral en coupant la ligne française devant un autre écart qui s'était creusé entre le Magnanime et le Réfléchi. Malheureusement pour lui, les autres navires anglais ne le suivirent pas et restèrent sagement en ligne . Lui se fit solidement poivrer par le Destin, le Magnanime et le Diadème et dut amener son pavillon. Mais dans la confusion et l'épaisseur des fumées du combat , on ne put l'amariner et il recouvra sa liberté.

    Carte de la bataille retravaillée par l'auteur ,les cartes existantes étant inexactes (certaines cartes anglaises faisant l'impasse sur le tiers de la flotte française
    Plusieurs recherches, recoupement de documents et traduction ont été nécessaires pour apporter le maximum de véracité au document présenté dans le numéro 55 de Navires et Histoire.


    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 14 Img_2424

    Correction sur la position du 64 canons ,l'Eveillé, celui-ci n'est plus en ligne, il est plus au large vers la frégate l'Astrée

    A suivre                Les canons du diable

    Amitiés JJ


    Dernière édition par michaud le Jeu 19 Avr 2018 - 16:53, édité 1 fois
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud

    Les canons du diable


    Les Anglais révélèrent l'entrainement de leurs équipages ,mais aussi l'efficacité de différents matériels. Douglas, capitaine de pavillon de Rodney avait mis au point la mise en batterie rapide des canons grâce à un mécanisme en plomb absorbant l'effet de recul et la remise en place du tube et de son affut. Un système de poulies et de palans permettait d'orienter le canon à 45 degrés vers l'avant ou l'arrière. Le canons pouvait tirer trois coups alors que l'adversaire ne pouvait en tirer qu'un seul.
    Une autre trouvaille de ce fameux Douglas fut de remplacer la soie des gargousses par de la flanelle qui brulait mieux et surtout ne laissait aucun résidu incandescent dans l'âme des canons. Il apporta une autre modification en faisant humidifier les tampons que l'on introduisait entre les gargousses et les boulets, ce qui réduisait le risque de les voir s'enflammer   et supprimait l'utilité des refouloirs.
    Brillant novateur, Douglas eut encore l'idée d'utiliser une plume d'oie perforée pour introduire la poudre dans la lumière du canon. C'était plus rapide et efficace que l'injection d'une petite quantité de poudre avec une poire.  Ces plumes d'oie avait été préparées par centaine avant la bataille.
    Il y avait aussi une arme terrible, la caronade mise au point à Carron en Ecosse, d'où son nom.
    Surnommée le démolisseur ou l'écraseuse ( smasher) par leurs utilisateurs et canons du diables par les Français. Ces armes furent installées et mises en service en 1779 sur tous les navires de la Royal Navy, vaisseaux et frégates  .Les Français n'en avaient aucune. C'est seulement en 1786 que la fonderie de Chaillot développa ses propres modèles en 1795 ! et il fallut un règlement pour que les vaisseaux et les frégates françaises en soit équipés régulièrement en 1806 !
    Ce canon trapu de différents calibres ( 18 24 30 jusqu'à 68 livres) pouvait pivoter à 360 degrés. Il nécessitait  moins de servants avait peu de recul et était plus léger. Son efficacité était effroyable à 300 m. Les caronades anglaises tuèrent ou mutilèrent plus d'hommes qu'une douzaine de canons tirant de loin.

    caronade de 24 livres imagerie Wikipédia


    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 14 Img_2425

    Système de pointage d'une caronade légèrement colorisé par JJ ( Wikipédia )

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 14 Img_2426

    Caronade de 68 livres sur le gaillard d'avant du Victory ( Wikipédia )

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 14 Img_2427

    modèles de caronades sur une frégate

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 14 Img_2428

    Différents modèles

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 14 Img_2429

    Un détail mortel typiquement anglais, les godons ne comptaient jamais les caronades comme faisant partie de l'armement de base..........
    Mais la puissance de feu d'un navire anglais équipé de caronades était sans équivalent. En 1782,une frégate française de 18 toute neuve ,l'Hébé sortant des chantiers est tombée sur un anglais équipé uniquement de caronades de 32 et 68 livres. Le malheureux capitaine voyant les débris des premiers projectiles arriver sur le pont de sa frégate amena ses couleurs apres avoir tiré quelques coups pour l'honneur et sauvé son équipage d'un massacre inutile.

    Les vaisseaux du centre se foudroyaient à tres courtes distances, le malheureux Glorieux complètement désemparé dérive, le Diadème qui le suit fait chapelle ( action de positionner les voiles à contrario pour stopper un navire),les navires qui le suivent ralentissent d'autant.
    Le Sceptre, pratiquement dégrée, sa mature tenant par miracle s'interpose entre trois Anglais ( un de 90,un de 80 et un de 74 )qui attaque l'Eveillé de 64. L'Eveillé parviendra à s'extraire de la mêlée et rejoindra Vaudreuil plus tard avec le Pluton, le Marseillais et l'hercule.
    Ils mouilleront au Cap Français le 11 mai. Pendant ce temps ,la Ville de Paris tente de mettre de nouvelles manœuvres pour orienter ses vergues. L'arrière garde française se fait distancer par son centre et son avant garde ouvrant un nouvel espace.
    Voyant ce vide important se creuser, imitant son amiral le Bedford de 74 s'engouffre à son tour entre le Dauphin Royal de 70 et le César de 74
    qui ne peuvent pas faire grand chose, leurs manœuvres étant coupées et ils ont subi de terribles tirs d'enfilade à leur poupe.
    Vaudreuil pourrait attaquer l'avant garde anglaise avant qu'il ne vire bord pour revenir au combat. Drake à plusieurs de ses navires gravement endommagés, le Royal Oak par exemple, ainsi que le Montaigut et l' Alfred . Ordre est donné à Bougainville ( le vent est pour lui ).
    Les signaux montent aux drisses pour le signal des frégates.

    Les caprices d'Eole

    Soudain les vents refusent encalminant tout le monde, de plus la fumée de la canonnade n'étant plus chasée par le vent est si faible qu'il reste sur place, on n'y voit plus rien et les tirs cessent. Pendant près d'une heure dans un calme irréel les deux flottes dérivent mêlée l'une à l'autre.
    Les équipages en profitent pour réparer le plus urgent. A 13 h le vent se lève et montre la flotte française coupée en trois. Désespéré de Grasse
    voit  l'Hector, le César et le Glorieux complètement désemparés et sur le point d'être capturés. L'escadre de Vaudreuil qui est toujours cap au nord à 4000 milles n'a pas viré ! Bougainville à deux milles lui non plus n'a pas changé de route ! De Grasse répète l'ordre:" Ralliez l'armée navale à l'ordre de bataille bâbord amures dans l'ordre inversé " Il est 13 h ,et  Drake vire de bord et revient au combat.
    Il ne pourra être la avant trois quarts d'heure, le vent est faible. De Grasse réitère son ordre. Bougainville n'obéit toujours pas . Un seul navire essaiera de rallier par deux fois, le Souverain, mais n'étant pas suivi il renonça.
    Rodney fit haler bas le signal de ligne de fil, ce qui donnait le loisir à chacun de ses navires d'attaquer à leur avantage le navire adverse le plus proche . L'amiral de Grasse multipliait les signaux de rallier la Ville de Paris. Bougainville peut encore le faire, mais pour un chef d'escadre, au lieu d'obéir à son amiral, trop timoré, il laissera l'initiative à ses subordonnés de secourir les navires les plus proches.
    Pendant ce temps les navires de Rodney encerclent de Grasse, Hood en protection.

    Prochain épisode, un combat acharné.

    Bonne fin de journée Amitiés

    JJ
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud



    Modification et précisions supplémentaires apportées à l'article

    JJ
    Marco la frite
    Lieutenant de Vaisseau
    Lieutenant de Vaisseau

    Marco la frite

    Bonjour JJ  a009  a009a  a009b  a009c  a009d  a238
    Merci pour tes présentations   a20c  a20c  a20c  a20c
    qui accompagnent la construction de nos maquettes
    avec ce support historique bienvenu  a020  a020  a020

    À Trafalgar  le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 14 279953685  le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 14 279953685  le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 14 279953685
    des vaisseaux espagnols possédaient aussi ces caronades
    notamment le San Ildefonso, le Santa Ana, le San José, El Salvador (vaisseaux de ligne) et la Nuestra Senora del Pilar (frégate)
    qui faisaient partie d'une génération de bâtiments de ligne construits essentiellement à Cuba
    et à Ferrol sur la Côte Basque
    j'en ai parlé dans la présentation de ces navires
    et effectivement ces caronades de plus de 60 livres étaient impressionnantes
    Le Santa Ana possédait même des caronades de 80 livres pivotantes (Kolossal)  a023  a023  a023
    Marco
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud


    Bonjour Marco. Tu m'en bouches un coin, j'ai fait l'impasse sur l'armement des vaisseaux espagnols.
    Il est vrais que pendant la guerre d'indépendance américaine, ils ont brillés par leur absence.

    Mais, la, tu parles du premier empire. Je ne sais pas si en 1780,les navires de la tres catholique Espagne avaient cet armement. J'irai jeter un coup d'œil dans le bouquin la grande armada qui est tres descriptifs sur ces navires qui avaient la réputation d'être solidement construit à défaut d'être esthétiques.
    Merci Marco.
    Amicalement JJ
    Dan le Cévenol
    Elève-Officier
    Elève-Officier

    avatar

    Bonjour.
    Caronade du Victory, en arrière plan.
    Amicalement
    Daniel


    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 14 P1011104
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud

    Merci Daniel

    Amitiés JJ
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud

    Un combat acharné

    Vaudreuil se décide enfin à virer avec son Triomphant suivi de quatre vaisseaux seulement.
    Trois autres s'éloignaient sans rien faire ( Le Caton, le Destin et le Duc de Bourgogne ) .Finalement ,l'avant garde se décide à faire demi tour, le Duc de Bourgogne accompagnant le Triomphant  rejoignent le Sceptre en plein combat. Le Duc de Bourgogne tient son poste jusqu'à 16 h 30,mais trop endommagé il doit se retirer cap à l'ouest accompagné de la frégate Richmond qui à du abandonner le Glorieux. La Couronne , le Sceptre, le Dauphin Royal et le Citoyen en piteux état tentent de se regrouper autour du navire amiral . L'Ardent, ( 64 pièces ) également fit de louables efforts et plusieurs tentatives pour se rapprocher, mais le vent lui était défavorable et l'éloignait rendant ses tirs inefficaces . L'Hector, le César et le Glorieux se battaient avec courage et la rage du désespoir.  L'Ardent, isolé, se rendit apres une faible résistance à deux Anglais , le Belliqueux et au prince William. Le Glorieux ,transformé en charnier flottant ,véritable épave ruisselante de sang avec un équipage de mourants de rendit au Royal Oak .

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 14 Img_2523

    Vaudreuil arrive enfin, mais avec des forces dérisoires. Le Dauphin Royal ( 70 canons ),engagé par deux vaisseaux ennemis se bat comme un acharné pendant une bonne partie de l'apres midi en poivrant comme il faut ses adversaires en les endommageant sérieusement et réussi à se dégager. Il rejoindra les vaisseaux de Vaudreuil qui ne pouvaient plus joindre la Ville de Paris.  D' Albert de Rions ,sur le Pluton propose à de Grasse de passer une remorque, mais l'amiral refuse. La manouvre sous le feu ennemi est tres risqué et les voiles françaises criblées de coup que toutes manœuvres sont difficiles. Le vent est faible ,mais suffisant pour éloigner le navire amiral des navires venus le secourir, ses propres drisses étant coupées. La fumée des tirs est telle qu'on distingue tout juste son adversaire. Hood s'acharne sur l'Hector, le César et sur le pauvre Glorieux. Le Palmier ( 74 ) se mit " à couvert "derrière le Northumberland ( commandé par Mr de Saint-Césaire ,neveu de de Grasse qui devait mourir quelques heures plus tard de ses blessures). Le Palmier tira  à travers le gréement du Northumberland au risque de l'endommager, celui-ci à court de munitions n'utilisaient que se 18 livres. L'Auguste ( 80 canons) de Bougainville est lui aussi à court de poudre . Vers 16 h, complètement ravagé par les tirs anglais, l' Hector se rend au H M S Centaur. Hood et Rodney combattent maintenant directement Vaudreuil.

    Pour l'honneur

    Dérivant depuis le début de l'apres midi, manœuvres coupées, voiles en lambeaux la mature ne tenant que par miracle, la Ville de Paris se défendait avec l'acharnement du désespoir. Le 80 canons la Couronne à sa hanche tribord pourtant endommagé montait une garde féroce relayée par un autre 80 ,le Triomphant  de Vaudreuil qui s'intercalait de temps en temps en tirant de terribles bordées. Le Languedoc de 74 protégeait l'avant ,mais bientôt jugeant sans doute leur sacrifice inutile abandonnèrent leur position l'un apres l'autre rejoignant le Triomphant de Vaudreuil pendant qu'il en était encore temps. Inexorablement l'étau se resserrait, le Languedoc restant encore seul quelques temps se retira à la dernière extrémité. Resté seul, le grand trois-ponts attira toute la flotte anglaise. S'étant rapprochés, le Formidable de Rodney et le Barfleur de Hood à mois de 100m mirent en action leurs meurtrières caronades transformant le pont de la Ville de Paris en une effroyable boucherie. Du haut des hunes chancelantes du navire amiral, les soldats de marine balancent des paquets de grenades. A l'intérieur des batteries, les canons de tous calibres font un feu d'enfer.

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 14 Img_2524

    La Ville de Paris réplique  des deux bords, les boulets anglais frappent les murailles de chêne et l'onde de choc de leur impact envoie des milliers d'éclisses sur les servants qui s'écroulent, certains sont transformés en torches vivantes et hurlent car il n'y a plus d'eau. Commis et mousses courent en apportant gargousses et boulets glissant sur le sable qui n'absorbe plus le sang, trébuchent sur les corps et les membres essayant d'approvisionner les canons qui n'ont plus le temps de refroidir. Dans la fumée, les ordres des chefs de pièces s'entremêlent dans les cris et les hurlements des hommes touchés à mort ; " Le valet ! Refoulez ! En batterie ! Dégorger ! Amorcez ! Pointez ! Au boutefeu ! Feu ! ".
    Certains canons explosent ,d'autres se retournent sur leurs servants, l'horreur est totale. Vomissant des torrents de feu à double charge, la Ville de Paris défendait chèrement ses couleurs. Mais pour une volée, les Anglais nous en envoyaient trois grâce à une multitude d'avantages techniques exposés au chapitre précédent. Les navires ennemis sont maintenant au nombre de huit , puis bientôt douze pour la mise à mort.
    Les munitions manquent ( les hommes aussi),il n'y a pratiquement plus de gargousses, on charge à la cuillère ( a la pelle ). Le bruit coure que l'amiral à fait fondre son argenterie pour servir de mitraille..... Les pertes sont effrayantes. Sur 1200 hommes, on dénombre 400 morts,600 blessés qui , pour la plupart succomberont devant la gravité de leurs blessures . La Ville de Paris devait déplorer plus de morts et de blessés que toute l'escadre anglaise réunie.

    A SUIVRE  Amitiés Jean-Jacques

    Amitiés Jean-Jacques
    polchen57
    Maître Principal
    Maître Principal

    polchen57

    J.J. a013
    Quel magnifique reportage a20f a026a MERCI
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud


    Merci Pol, au moins toi tu es la.
    .
    Tres amicalement Jean-Jacques
    Glénans
    Capitaine de Frégate
    Capitaine de Frégate

    Glénans

    Bonsoir Jean-Jacques,

    Non, Non ! L'ami Pol n'est pas le seul, car nous sommes nombreux à lire ton oeuvre historique. Mais étant un peu timides, nous n'osons pas t'expliquer notre passion pour ce sujet.

    Finalement, après Pol, je me lance pour t'envoyer un grand bravo de plus depuis que je connais ce sujet et que je lis avec passion chaque fois que tu nous proposes une nouvelle aventure.

    Bon j'arrête les félicitations car tu ne vas plus rentrer dans tes charentaises !!!

    Merci encore et vivement la suite.

    A très bientôt.

    Bonne nuit.
    Stearghall
    Commissaire Général des Fontes
    Commissaire Général des Fontes

    Stearghall

    a012

    @michaud a écrit: ... Merci Pol, au moins toi tu es là. ...

    Hun hun a044
    Tu nous fais un petit coup de calgon là a045a

    8780 visites sur ce sujet qui engrange également 343 participations réelles et effectives le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 14 56602891

    Je te trouve bien exigeant Jean-Jacques !
    Personnellement je suis abonné à ce sujet et malgré le manque de temps je le consulte à chaque nouvel apport notifié,
    mais il est vrai que comme beaucoup, je me contente de lire et à tord de ne pas "déranger".
    Je vais donc rectifier ce mauvais tir et signalerai à l'avenir ma présence à chacune de mes visites.

    Il n'est pas question que par cette discrétion je te fasse perdre foi en ce remarquable travail et apport a019

    Aller hop, demain intero écrite pour tout le monde a248 celles et ceux qui n'ont pas suivi seront de corvée de pont ... a119
    Glénans
    Capitaine de Frégate
    Capitaine de Frégate

    Glénans

    Bonsoir Philippe,

    Corvée de pont avec "Mir" Lave plus blanc que blanc !!!

    Bon, bon, je m'en vais ! a008e

    Bonne nuit. a011
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud


    Merci à tous pour votre coup d'œil sur ce travail. Mais vous me connaissez bien maintenant, je suis un mélange de Caliméro ( C'est trop inzuste.......) et de Snoopy ( j'aime qu'on m'aime ).
    Bientôt l'épilogue de cette terrible bataille et inutile bataille( elle n'a rien changé à l'issu du conflit).
    Le " tigre du Bengale " saura nous venger en taillant de bonnes tranches dans le beefsteak anglais car il l'aime saignant. Vous l'avez devinez, c'est un certain Suffren.

    Amicalement Jean-Jacques
    Marco la frite
    Lieutenant de Vaisseau
    Lieutenant de Vaisseau

    Marco la frite

    Moi la fumée des canons me fait tousser
    c'est pourquoi je ne peux pas parler a001 a001 a001
    Je ne t'empêche pas de rouscailler
    ça fait du bien et circuler le sang a020 a020 a020
    A bientôt JJ
    Marco
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud

    Bonjour à tous

    18 h 30, la coque criblée de coups, le sang ruisselant de tous ses dalots, la Ville de Paris ne pouvant plus se défendre ne tirait plus apres onze heures de combat, attendant ses vainqueurs pavillon haut.
    En effet, personne n'avait osé amener les couleurs royales. Lord captain Granston est envoyé avec une escorte par Rodney pour recevoir la reddition de de Grasse. Lorsqu'il mit le pied sur le pont, une vision d'apocalypse s'offrit à ses yeux. Horrifié du massacre, il eut un mouvement de recul.
    Il écrira plus tard: " Entre le mat de misaine et le grand mat ,on ensanglantait ses bottes ".
    Le carnage avait été prodigieux. Les porcs et les moutons parqués sur le pont mêlaient leur sang et leurs membres aux débris humains . Le quatrième pont ( gaillards et dunette )était lui aussi couvert de morts et de mourants. Grasse s'y tenait debout, miraculeusement indemne ,légèrement contusionné, entouré de trois officiers survivants.....  

    Dessin tiré du livre -Trois âges de la marine à voile édité par l'association des amis du musée de la marine, illustration Philippe Ledoux


    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 14 Img_2537

    Le soir tombait, de Grasse remettait son épée à l'officier, tandis que non loin de la ,un navire anglais ,le Centaur envoya un va et vient de chaloupes ,commençant le transfert des premiers blessés du César à son bord. De Grasse fur accompagné avec ses officiers à bord du Formidable

    H M S Formidable Wikipédia ou images pinterest

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 14 Img_2441

    Mais l'attention de tous fut attirée par une lueur grandissante qui s'étendait à la poupe du César. Le feu tant redouté des marins se propageait. Soudain, vers 22 h 30 ce fut l'explosion. Le feu avait atteint la soute aux poudres. Il y eu peu de survivants sur les quelques 400 hommes restés à bord avec l'équipe de prise. Il est possible que quelques hommes se soient enivrés avec du rhum et aient mis accidentellement le feu sur quelques débris. Le César était considéré par les Anglais comme le meilleur navire de la flotte française . L'épave du malheureux navire brula toute la nuit ,éclairement faiblement les vaisseaux autour de lui mettant un lugubre point final à cette triste journée.

    Cette bataille à coutée 2400 morts ou blessés français, et un peu plus de 1000 Anglais. D'autres sources indiquent 7 000 victimes dans les deux camps. Nous avons perdu sept vaisseaux dont le navire amiral. Mais pour Hood, ce n'est pas suffisant, il veut poursuivre la flotte française qu'il devine épuisée et transformer cette journée en victoire écrasante. Mais la nuit est tombée, les équipages sont épuisés et ont besoin de se restaurer, il faut soigner les blessés et réparer car les navires anglais ont durement souffert eux aussi. Rodney est prudent car il craint les actions toujours tres dangereuses ou désespérées d'un adversaire blessé. Sur les sept navires français capturés, aucun ne parvint en Angleterre. L'Hector, le Caton, le Glorieux firent naufrage, le Jason et l' Ardent furent condamnés, quand à la Ville de Pais que Rodney tenait tant à ramener, elle coula dans un ouragan au large des Açores, un seul survivant à demi fou fut sauvé. L'amirauté anglaise fut tellement mortifiée de n'avoir pu ramener ce trophée, qu'elle fit mettre en chantier un vaisseau aux dimensions plus importante portant le nom prestigieux. Des frégates apportant la nouvelle furent dépêchées en France et en Angleterre.
    La flotte anglaise avait subit de sérieux dégâts. La Pérouse sur la frégate l'Astrée avait observé 36 voiles, dont 6 vaisseaux complètement démâtés en remorque. Il fallut une semaine à la flotte anglaise pour qu'elle puisse faire les réparations les plus urgentes.
    Isolément ou par petits groupes, les rescapés se regroupèrent sous l'autorité de Vaudreuil et d'autres navires n'ayant pas participés à la bataille dont un élément important le Saint-Esprit de 80 canons. Hood est toujours dangereux avec ses 25 navires et espère toujours s'emparer du convoi le plus riche d'Amérique. Celui-ci ne sera jamais capturé et arrivera à bon port en France. L'Angleterre avait échouée dans sa mission première qui était de s'en emparer.

    Le Saint Esprit peint par Nicolas Pocock Wikipédia ou épingles pinterest

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 14 Img_2442

    Dessins aquarellés tiré de l'ouvrage la marine de Louis XVI de Choiseul à Sartine par Patrick Villiers

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 14 Img_2539

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 14 Img_2540

    le radoub du ponant : Origine des voiles royales - Page 14 Img_2541

    Réaliste, compte tenue de la situation Vaudreuil réagit en privilégiant l'homogénéité pour sa flotte. Il renvoya en Europe les navires non doublés en cuivre en ne gardant que les quinze meilleurs. Ils insistent pour recevoir des plaques de cuivres pour compléter le recouvrement de certains de ces vaisseaux ( certains ne sont doublés qu'au 2/3 ) et des matures de rechange. Les navires espagnols qui viendront en renfort devront eux aussi être doublés en cuivre. La flotte franco-espagnole qui à fait maintenant jonction est maintenant forte de 37 vaisseaux face aux 30 navires anglais défendant la Jamaïque. Il y a 10 000 hommes sur pieds de guerre. Le gouverneur de Cuba s'était emparé de Nassau, le siège anglais le plus important des Bahamas.
    Exploitant au maximum l'effet psychologique grâce à la propagande des gazettes de l'époque, l'Angleterre sut  transformer sa défaite dans la guerre d'Amérique en gardant une image de vainqueur.
    Pour la France, l'effet désastreux de la défaite des Saintes fut différent. Privé de son amiral, l'état d'esprit ne fut plus le même et des décisions furent prises par la suite. Les vaisseaux perdus furent rapidement remplacé par la mise en chantier de 12 unités, la plupart de 74 canons.

    Pendant ce temps la, du 12 au 13 avril le même jour que la bataille des Saintes, au large de Ceylan............Des rugissements de plus en plus rauques se font entendre.

    A  SUIVRE  Amitiés  Jean-Jacques
    Glénans
    Capitaine de Frégate
    Capitaine de Frégate

    Glénans

    Bonjour Jean-Jacques,

    La suite ! La suite !

    Merci, en tout cas pour ce récit assez sanglant !

    Bonne après-midi.
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud


    sanglant ,je le regrette. Mais comme le dit la pub... C'est le jeu ma pauvre Lucette.

    Merci Bertrand

    JJ
    Marco la frite
    Lieutenant de Vaisseau
    Lieutenant de Vaisseau

    Marco la frite

    Merci JJ a20c a20c a20c
    pour ce récit épique
    fichus godons !!!! a007 a007 a007
    Marco
    Stearghall
    Commissaire Général des Fontes
    Commissaire Général des Fontes

    Stearghall

    a012 JJ,

    Effectivement très sanglant cette "épisode", avec une scène d'apocalypse courte mais bien décrite ... on s'y croirait a022

    Je me suis permis au passage de corriger dans ton texte quelques balises de centrage récalcitrantes a120 a273

    Je suis .... je suis a061 ... a119

    Bon weekend JJ a019


    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud



    Bonjour et merci PHILOU. Ce triste récit est malheureusement authentique. C'est l'addition et le résumé de plusieurs textes extraits de mes livres relatant cette bataille ajouté de documents du procès demandé par de Grasse et de souvenirs d'officiers du temps.

    Amicalement Jean-Jacques
    Glénans
    Capitaine de Frégate
    Capitaine de Frégate

    Glénans

    Bonjour Jean-Jacques,

    Et c'est là où l'on se rend compte que tu es vraiment passionné par la marine à voile de ces époques !!!

    Bravo et Merci de nous faire partager cette passion.

    A plus.

    Bonne soirée.
    michaud
    Capitaine de Corvette
    Capitaine de Corvette

    michaud


    Merci Bertrand. Rendez vous aux Indes ,Suffren le Tropézien nous invite à son bord. Les Anglais vont en prendre plein les dents.

    Amitiés JJ

      Sujets similaires

      -