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    Etude et tracé d'un canon de fer selon Jean Maritz - Période 1733 à 1766

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    clr94
    Matelot - Mousse
    Matelot - Mousse



    Rebonjour Philippe,

    Je crois que tel l'inspecteur Colombo, j'ai encore une dernière petite question :

    En regardant les transcriptions que j'avais pu faire des tables de Maritz, j'ai vu un autre écart avec ta présentation :
    j'ai considéré que la gorge à la bouche du canon avait une largeur de 6/24e de calibre (mesure 18 de la 2e table, largeur) ET la ceinture 1/24e (mesure 17).

    Ta présentation montre que j'ai déraillé une autre fois : ce devrait être 3/16e et 1/16e de calibre pour s'inscrire dans le segment d'un 1/4 de calibre).
    Du coup, je ne comprends plus ce que Mr Maritz a comptabilisé en largeur pour ses mesures de largeur 17 et 18 (par contre c'est clair pour les saillies).

    Comme Colombo, j 'en ai bien parlé à ma femme mais..quand je lui ai parlé de bouche, calibre et saillie...

    Merci pour tes lumières,
    Michel
    Stearghall
    Commissaire Général des Fontes
    Commissaire Général des Fontes

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    Hello Michel.

    Désolé pour ce retard dans mes réponses ... j'ai quelques soucis avec mon emploi du temps en ce moment.

    Je suis loin d'avoir répondu à toutes tes questions ...

    Le deuxième point que tu as évoqué est le marquage des tourillons.

    Là, nul besoin de schéma, le marquage des tourillons est simplement frappé, donc en creux.

    Lors de la confection du moule, les tourillons recevaient des évents de dégazage.
    Ces parties ne pouvaient donc pas être revêtues d'un marquage en relief ou de quelconques gravures apposées directement dans le moule.
    Stearghall
    Commissaire Général des Fontes
    Commissaire Général des Fontes

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    a012

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:
    Toutefois, je suis resté "sec" sur l'interprétation à donner de la ligne suivante :
    12 - saillie de la gorge de la volée (largeur de 0 et saillie de 1/24e calibre sur une pièce de 6£)

    Le terme "saillie" semblant toujours décrire une épaisseur supplémentaire d'une moulure par rapport à une épaisseur de référence (ici celle de la volée),
    j'avais interprété cela comme une gorge ne s'étendant jusqu'à la volée et présentant du coup une arête ("vif" ?) de 4mm.
    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

    Manifestement, il ne faut pas définir cette mesure comme cela, alors que représente cette mesure ?

    Nous continuons notre décorticage    

    En 1766, le terme de "saillie" est à prendre comme débordement d'une partie sur une autre et non comme épaisseur ... dans le cas précis d'une moulure.

    La gorge de volée n'est pas une moulure de renfort à proprement parler,
    c'est plus une simple jonction entre deux parties du canon : dans le sens d'évacuation du boulet, débordement du deuxième renfort sur la volée.
    Nous procédons donc ici un peu à la manière dont on finirait un joint de silicone en bricolage, même si cette comparaison fait grincer les dents  a119

    La saillie représente donc dans ce cas précis la dimension du débordement de la gorge depuis le deuxième renfort SUR la volée.
    Ce débordement est pour ton exemple de 1/24 de calibre sur une pièce de 6.
    Attention au piège : Il s'agit bien d'une proportion de calibre de la pièce et non de son boulet.

    La cote "largeur de 0", en 1766 ne s’interprète pas comme aujourd'hui, elle est à prendre comme élément d'épaisseur,
    par le fait que nous parlons à cette époque en terme de partie de calibre.
    Cette cote signifie simplement que la saillie se termine sur la volée à 0/24 de calibre, autrement dit sans arête.
    Nous partons du calibre d'une pièce qui en 2D représente la première épaisseur largeur,
    puis nous y ajoutons les différents éléments qui composent le canon mais toujours en terme de largeur.
    Les notions de 3D ... et plus ... n'avaient pas cours en 1766.

    J'espère avoir été suffisamment clair sur cette réponse/explication !?
    Si besoin de précision, n'hésite pas Michel  a019

    A bientôt pour la suite de mon décorticage
    a014
    Stearghall
    Commissaire Général des Fontes
    Commissaire Général des Fontes

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    a012

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:3 - Les boutons dans l'artillerie de Maritz,
    J'ai découvert la méthode présentée par Stearghall de tracé de l'ensemble cul-de-lampe / collet de bouton /
    bouton sur lesquels les tables de Maritz (le petit livre édité en fac-similé par Ancre) ne dit pas grand-chose.
    Cette méthode est-elle valable avec les mêmes paramètres pour tous les calibres (de 1758) ?.
    En général, j'ai noté que Maritz utilisait deux "jeux" de proportion de calcul (pour les pièces de 36/24/18 d'une part et toutes les autres pièces d'autres part).
    La méthode et proportions (notamment rayon des cercles et positions des lignes de constructions) sont-elles donc valables  pour les autres calibres que le 6£

    La méthode de traçage des boutons de culasse en 1758 fait référence à l’ordonnance du 07 octobre 1732 au sein de laquelle tout y est parfaitement bien explicité.

    Attention toutefois, en 1758 nous commençons à fleurter avec la normalisation du "système Gribeauval",
    sur laquelle d'ailleurs la famille Maritz laissera une forte empreinte.

    Je viens par acquit de conscience de re-décortiquer mon sujet sur le tracer de cette partie ici :
    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
    et je pense que rien ne manque pour apporter une bonne réponse à ta question : Les faits, les interprétations, mes doutes ... c'est assez complet en matière d'info,
    excepté peut-être la précision sur ta question :
    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:La méthode et proportions (notamment rayon des cercles et positions des lignes de constructions) sont-elles donc valables pour les autres calibres que le 6£


    A cette question la réponse est OUI ... même méthode, à ceci près qu'il faut impérativement et comme je l'ai précisé plusieurs fois dans ce sujet,
    reprendre tous les calculs en partant du calibre de la pièce que l'on souhaite réaliser.
    Une pièce de 6 ne peut pas simplement être augmentée par le truchement de nos agrandissements modernes pour obtenir une pièce de 36 ou autres et vis-et versa.
    Dans ce genre de protocole moderne et rapide de mise à l'échelle, à destination des plus "fainéants" d'entre nous,
    toutes les données et mensurations seront faussées garantissant à tous les coups une aberration historique ... même si ce terme est tout de même un peu "violent"
    car je défis le non aguerri de remarquer de telles erreurs sur les échelles principalement utilisées en modélisme.

    La référence d'usage est d'observer la forme du bouton de culasse qui à la sauce Maritz doit-être ovoïde,
    là est la principale erreur répétée moulte fois par les concepteurs de pièces détachées pour le modélisme et les modélistes eux-mêmes.
    La deuxième constatation de bonne ou mauvaise conception se fait avec les 9 neuvièmes d'une pièce, gage ou pas de bonne interprétation.
    Stearghall
    Commissaire Général des Fontes
    Commissaire Général des Fontes

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    a012  ... Re

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:En regardant les transcriptions que j'avais pu faire des tables de Maritz, j'ai vu un autre écart avec ta présentation :
    j'ai considéré que la gorge à la bouche du canon avait une largeur de 6/24e de calibre (mesure 18 de la 2e table, largeur) ET la ceinture 1/24e (mesure 17).

    Ta présentation montre que j'ai déraillé une autre fois : ce devrait être 3/16e et 1/16e de calibre pour s'inscrire dans le segment d'un 1/4 de calibre).
    Du coup, je ne comprends plus ce que Mr Maritz a comptabilisé en largeur pour ses mesures de largeur 17 et 18 (par contre c'est clair pour les saillies).

    Je pense que tu as fait l'impasse sur la ligne K du tableau de Maritz, celle qui détermine l'épaisseur du métal au vif de la bouche.
    Les seules données des lignes 17 et 18 ne suffisent pas à la compréhension de ce tracé.
    Il faut y adjoindre des données plus généralistes que l'on déniche dans d'autres ouvrages comme ceux de Scheel ou de Saint Rémy.
    Maritz ne donne que les côtes propres à SON travail, on s'aperçoit d'ailleurs assez rapidement qu'il n'était pas véritablement prêt
    à se faire dicter une façon de travailler par des "grattes papiers". Il fallait toujours qu'il mette sa patte personnelle et interprète
    les données des normes à sa façon, cherchant ça et là les failles dans les ordonnances qui lui permettraient de s'engouffrer et de
    faire comme lui l'estimait conforme, choses dans laquelle il excellait comme le démontre son parcours à mon avis inégalé.

    Plusieurs données des tableaux de Maritz font appel à des connaissances plus généralistes en matière de fonderie et surtout de technique de tracés.
    Il faut bien se dire tout de même que même si Maritz fut un "grand homme" de l'artillerie et un fondeur émérite, ses premières sources d'inspiration
    furent tout de même les travaux laissés par ses prédécesseurs de tous pays et tous horizons.
    Il avait sa vision de ce que devait être l'art de la métallurgie et surtout une extrême sensibilité qui au fil du temps était devenu fusionnelle avec son art,
    une sorte d'instinct, un fil conducteur, la voix de sa conscience qui lui donnait la marche à suivre.

    Maritz était non seulement capable de fondre un canon qui fonctionne bien et longtemps,
    mais il était également capable d'édifier tout le complexe sidérurgique qui va autour ... ça en dit long sur le personnage.

    Je ne sais si cette réponse va correctement dans le sens d'une bonne compréhension.
    Si ce n'est pas le cas, fais le moi savoir et nous reprendrons ligne par ligne ce tracé de la gorge en utilisant ma méthodologie de travail et réflexion.
    Il est vrai que dans ce passage du sujet, je ne fais pas suffisamment de références directes à l'ouvrage de Maritz.
    En me relisant je m'aperçois que j'ai un peu "bolidé" ... ça peut, je l'avoue, prêter à confusion.      

    a014
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    Matelot - Mousse
    Matelot - Mousse

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    Bonjour Philippe,

    Je te remercie pour tout le temps que tu as dû prendre pour ces réponses et du coup, je vais passer je vais en passer aussi pas mal à refaire mes modèles/tracés. Le mieux sera que je fasse un schéma pour représenter comment j'ai transcrit les tables de Maritz (et les données que je n'ai pas su "loger"). Ce qui est désormais clair pour moi c'est que le petit livre publié par Ancre ne peut pas être utilisé seul et en l'occurence sans ton savoir ! Si tu consignais tout cela dans un livre , tu aurais déjà un lecteur conquis !

    Merci encore, je retourne vite à mes calculs !