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    ANCRE

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    Marco la frite
    Enseigne de Vaisseau 1ère classe
    Enseigne de Vaisseau 1ère classe

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    ID du message --> ANCRE

    Message par Marco la frite le Jeu 12 Nov 2015 - 10:27

    ANCRE - Dictionnaire de Marine - 1742 - Henrik Bicker

    Définition : (texte réadapté en Français actuel)
    L'astérisque * indique un lien actif.

    ANCRE, anchre.
    C’est une pièce de fer à double crochets, très grosse et très pesante,
    munie d'un anneau auquel on attache un câble*.
    On la jette dans le fond de la mer ou des rivières, pour arrêter ou fixer les vaisseaux sur l'eau,
    dans les endroits où on le juge à propos.

    Les parties d'une Ancre sont :
    -  1) L'anneau, que l’on nomme ordinairement organeau ou arganeau.
    -  2) L’œillet où passe l'organeau.
    -  3) La vergue, appelée aussi verge ou tige droite.
    -  4) Les tenons ou arrêtes, qui doivent être reçues dans des mortaises pratiquées dans le jas
    -  5) La croisée, également nommée collet ou diamant.
    -  6) Les deux bras.
    -  7) Les deux pattes qui sont des sortes de crochets ou pointes recourbées,
           l’un à droite et l’autre à gauche, à peu près semblables à des hameçons.
    -  8) Les oreilles qui sont les parties plates des pattes.
    -  9) Les becs qui sont les parties pointues des pattes.
    - 10) Le jas, également nommé aissieu d'Ancre.
    Toutes ces parties sont soudées ou jointes ensemble, de telle sorte qu'elles ne font
    qu'une seule et même pièce très forte et très solide, qui a presque la forme d'une arbalète.
    Il n’y a que l'anneau qui soit mobile, étant passé dans un trou appelé œillet,
    à l’extrémité de la vergue du côté du jas.



    Les Ancres se jettent à la proue*, et on mouille par l’avant du vaisseau si ce n’est qu'on mouille en croupière*.

    Comme c’est des Ancres que dépendent le plus la fortune et la vie des Navigateurs, ainsi que celle des Marchands
    et quelquefois celle des Etats, il ne faut pas manquer de les faire du meilleur fer, c’est à dire,
    de fer de Suède et d'Espagne alliés ensemble.
    Le fer de Suède seul est trop aigre et trop rude, et le fer d’Espagne est trop doux et trop faible.
    Il faut aussi prendre garde que les bras soient parfaitement souder avec la vergue.

    Les bâtiments qui naviguent sur les rivières, ont pour le moins une ancre,
    ceux qui naviguent dans les eaux et les canaux de Zélande, sont pourvus de deux ancres,
    mais ceux qui vont à la mer, en ont trois, quatre et même plus.

    Pour la longueur de l’ancre on prend le plus souvent les quatre dixièmes de la largeur du vaisseau sous le maître bau*.
    Par exemple, la vergue de l’Ancre d'un vaisseau qui a 30 pieds* de bau*, doit avoir 12 pieds de longueur.
    Quand la vergue a par exemple 8 pieds de longueur, les deux bras doivent avoir 7 pieds, en mesurant sur leur arc,
    et ainsi à proportion.
    Pour l'arc ou le courbe qu’on leur donne, il n'y a point de règle, l’ouvrier les fait à son idée.

    Chaque pied de longueur de la vergue doit donner 2 pouces de diamètre à l'organeau,
    et chaque 3 pouces de largeur de la vergue doivent donner 1 pouce d‘épaisseur dans le fer utilisé pour l’organeau.

    Le jas se met au bout de l’Ancre, au dessous de l'organeau.
    Ordinairement on fait le jas aussi long que le sont ensemble l’organeau et la vergue.
    On lui donne 1 pouce d’épaisseur dans son milieu, pour chaque pied qu’il a de longueur,
    et 1/2 pouce d’épaisseur dans ses extrémités.
    Pour sa largeur, quoi qu’on lui donne toujours plus que d’épaisseur, elle ne se règle que par le bois que l'on a pu recevoir.

    L’usage du jas est de faire mordre l’Ancre, car sans lui les deux pattes tomberaient obligatoirement sur le côté,
    et il serait impossible que l’une demeurât en haut et que l’autre tombât en bas pour mordre dans le fond de l'eau.

    Certains prétendent que la patte de l’Ancre doit avoir de longueur la moitié de celle du bras,
    et que la vergue ne doit avoir qu'une fois et demi la longueur d'un bras.
    D’autres veulent qu’on donne à la patte, la moitié de la longueur du bras, prise en dedans,
    et qu'elle n’ait de largeur que les deux tiers de sa longueur.

    On fait l’épreuve des Ancres en les élevant en l'air,
    d’où on les laisse tomber sur une espèce de billot de fer qui est posé en travers.
    Pour éprouver et savoir si la patte se tournera vers le fond et ira le mordre,
    on pose l'Ancre sur une surface bien plate, le bout d’une patte et une extrémité du jas en appui sur la surface.
    Dans cet position, si l’Ancre tourne et que la pointe de la patte s‘élève en haut, l’Ancre est bonne.

    Toutes les Ancres ont deux bras, non pas qu'on ne pût se servir d’Ancres à un seul bras,
    ce qui les rendrait plus légères, et par beau temps elles ne tiendraient pas moins ferme que les autres,
    mais il ne s'agit pas seulement de tenir ferme, il faut que l’ancre puisse mordre en tout temps,
    et pour cet effet il faut qu’elle ait un grand poids, c’est pourquoi on ne fait pas d’Ancres à un seul bras.

    Dans un navire, tout ce qui donne de embarras à manœuvrer doit être rejeté.

    A la place d'Ancres, les habitants de l’île de Ceilon ou Zeilon
    se servent de pierres rondes auxquelles ils amarrent leurs câbles*, ce qui arrête aussi leurs bâtiments.
    Il y a d‘autres lieux dans les Indes où l’on se sert d’une sorte de machine de bois qu’on charge de pierres,
    et on prétend que leurs vaisseaux tiennent plus ferme que ceux qui sont sur nos Ancres, ou sur les pierres de Ceilon.

    On fait l’Ancre d'un grand vaisseau plus petite à proportion que l’Ancre d’un petit vaisseau.
    La raison en est que la mer déploie une égale force contre un grand ou un petit vaisseau,
    à supposer que tous les deux aient dans l’eau une égale surface de bois.
    Le petit vaisseau néanmoins, à cause de sa légèreté, n’a pas la même force que le grand pour résister,
    et on tâche d’y suppléer par le poids de son Ancre.
    C’est par cette même raison que le mouvement de l’eau fait plus avancer un petit vaisseau qu’un grand.
    Plus on est au large en mer, moins un vaisseau à l'Ancre ressent la violence de l’agitation de l’eau,
    et plus son Ancre tient ferme.

    Voici un tableau tiré d’un Écrivain  Flamand, par lequel il fait connaître,
    par le moyen du bau* du vaisseau ou sa longueur en dedans, combien la vergue de l’Ancre doit avoir de pieds de longueur,
    en lui donnant de longueur les quatre dixièmes, ou deux cinquièmes de la largeur du vaisseau,
    et sur cette proportion, comment régler celle des autres parties, à quoi il ajoute le poids que doit avoir l’Ancre,
    en commençant par un vaisseau de 8 pieds de largeur et en augmentant la largeur du vaisseau de pied en pied,
    jusqu’à 45 pieds de largeur.