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Modélisme Arsenal, Naval, Aérien, Terrestre et Autres.

    Les Épaves Françaises retrouvées.

    Stearghall
    Commissaire Général des Fontes
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    Les Épaves Françaises retrouvées. EmptyID du message --> Les Épaves Françaises retrouvées.

    Message par Stearghall Mer 24 Juin 2015 - 13:33

    Dossier d'Archéologie Marine sur le thème :

    Les épaves Françaises retrouvées.

    Ce sujet est édité sur la base de compilations et de traitements de dossiers mis en ligne par des sites de recherches officiels et reconnus en Archéo-Marine.
    Il sera ponctuellement alimenté par d'autres synthèses en copié/collé en fonction des sources disponibles.

    Une grosse partie de ses informations provient du site du GRAN, que je recommande vivement car les membres de cette équipe
    sont non seulement sur le terrain, mais en plus n'hésitent pas à nous faire profiter de leurs travaux, recherches, découvertes, etc etc ...

    Le petit lien qui va bien et qui vous servira également comme vérificateur de sources ---> http://archeonavale.org/gran2012/index.php/traccueil

    N'hésitez pas à flâner sur ce site, fouillez dans ses moindres recoins ... enfin personnellement c'est ce que je fais assez régulièrement a061  
    Ne loupez surtout pas leur ancien site ... il est mentionné dans le bandeau principale de navigation.

    Comme de coutume pour les sujets qui sont appelés à être très fournis, vous disposez d'une nomenclature de liens interactifs
    qui vous permettront de rejoindre directement le dossier de l'épave donc le nom aura su piquer votre curiosité.

    Je vous souhaite bonne lecture et bonne culture archéologique.

    Nomenclature Interactive des Épaves Retrouvées.
    Liens Interactif  Les Épaves Françaises retrouvées. 3957734397 Cliquez sur le nom du navire pour rejoindre son dossier.

    - Le Cygne.

    - Le Duc de Berry.

    - L'Hirondelle.

    - Le Marchand.

    - Le Marianne.

    - Le Marie-Anne.

    - Le Mercier.

    - Le Notre Dame de Bonne Espérance.

    - Le Sainte-Anne.

    - Le Sainte-Claire.

    - Le Saint-Jacques.

    - Le Saint-Sébastien.

    - Le Saint-Yves.

    - Le Sincère.

    - L'Union.

    - Le Vierge de la Purification.

    Dans cette zone  Les Épaves Françaises retrouvées. 3957734397  les navires non identifiés ou faisant l'objet de doutes.

    - Navire non identifié - Naufrage en 1678.

    - Navire non identifié - Naufrage en 1694.


    Dernière édition par Stearghall le Lun 31 Mai 2021 - 12:31, édité 47 fois
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    Les Épaves Françaises retrouvées. EmptyID du message --> Le Cygne.

    Message par Stearghall Mer 24 Juin 2015 - 13:35

    Le Cygne.

    Année de naufrage : 1808
    Nom du navire : Le Cygne
    Capitaine : Menouvrier Defresne
    Type de navire : Brick
    Nombre de canons : 16
    Nationalité : Française
    Port d'attache : Cherbourg
    Lieu de naufrage : Martinique Le Prêcheur

    Observations : L'épave du Cygne a été localisée et a fait l'objet d'un sondage en 1991,
    le site du naufrage porte le numéro d'inventaire FR/M/1/A/028.

    Sources d'archives et références :
    CAOM C8A 116, fol. 259
    A.N. BB5 mar 4

    ---------------------------------------------------------------------------

    Désignation du site : LE CYGNE, Brick impérial coulé par les anglais en 1808
    Numéro d'inventaire GRAN : FR/M/1/A/028
    Numéro DRACAR : 97 219 004/AH
    Commune : Prêcheur (le)
    Type de site : Épave cohérente
    Profondeur maximale : 5
    Lieu dit : La Charmeuse
    Commentaire :
    Brick français coulé en 1808. Elle a fait l'objet d'un sondage archéologique en novembre 1991.
    Cygne
    Bibliographie :
    GUILLAUME Marc (GRAN), Compte rendu de sondage archéologique sur l'épave du Brick Le Cygne, rapport de fouille, 1992.

    ---------------------------------------------------------------------------

    1808 - Naufrage du Cygne

    CAOM C8A 116, f° 259

    Lettre écrite le 21 décembre 1808 à son excellence le Ministre de la Marine et des Colonies par M. Laussat Préfet Colonial de la Martinique.

    (f. 259)
    « Saint-Pierre, 22 décembre 1808,

    Monseigneur ,

    Deux seul mots par une goélette aventurière qui va partir.

    Le Cygne arrivé le 12 au matin au Céron sous la Perle, attaqué à cinq heures du soir, pendant près de deux heures, par un frégate, une grosse corvette et 4 brigs, défendu d'une manière qui a rempli d'admiration pour le commandant (M. Dufresne) et l'équipage, 5 hommes blessés et par miracle pas un de tué. Perte de 200 hommes par l'ennemi sur six péniches et à son bord et dans le nombre 80 de la frégate.

    Le lendemain, surcroît de bâtiments et préparatifs d'une nouvelle attaque lorsque le cygne appareille et prend à la cordelle le chemin de St-Pierre. Un pilote, homme de couleur esclave d'un habitation voisine, perd la tête devant le danger que lui faisoient courir les canonnades continuelle de l'ennemi et jette, à moitié route, notre brig sur les écueil de la Garenne à la pointe lamarre. Il cherche vainement à l'en dégager. Il est percé et se remplit d'eau, il sert de point de mire fixe à toutes les batteries de la division anglaise, on est forcé de l'abandonner. Le commandant et l'équipage ne s'y déterminent que lorsque déjà les poudres sont noyées et plusieurs voies d'eau pratiquées par les boulets.

    Le sauvetage qui a donné des peines infinies a été (f. 259 v°) fort difficile et troublé souvent par les volées de l'ennemi. Cependant je puis annoncer aujourd'hui à votre Excellence que nous en retirerons presque toutes les provisions et ? la farine; a ne considérer que le coût matériel du bateau et prenant pour base le prix actuel des choses dans cette colonie, nous serons réellement couverts de la valeur nue du bâtiment. ...
    »

    ---------------------------------------------------------------------------


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    Les Épaves Françaises retrouvées. EmptyID du message --> L'Hirondelle.

    Message par Stearghall Mer 24 Juin 2015 - 13:47

    L'Hirondelle.

    Année de naufrage : 1674
    Nom du navire : L'Hirondelle
    Capitaine : Crette
    Type de navire :
    Nombre de canons :
    Nationalité : Français
    Port d'attache : Honfleur
    Lieu de naufrage : Fort-de-France

    Observations :

    Sources d'archives et références :
    Ms Clairambault 888, fol 177 avec carte (fol. 165)
    Gazette de France 1674, p. 1207.
    CAOM F3 26 col fol 99-106 : attaque de la Martinique par Ruyter

    ---------------------------------------------------------------------------


    Dernière édition par Stearghall le Lun 31 Mai 2021 - 11:13, édité 2 fois
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    Les Épaves Françaises retrouvées. EmptyID du message --> Le Notre Dame de Bonne Espérance.

    Message par Stearghall Mer 24 Juin 2015 - 14:05

    Le Notre Dame de Bonne Espérance.

    Année de naufrage : 1687
    Nom du navire : Le Notre Dame de Bonne Espérance
    Capitaine : Guillaume Peyssonel
    Type de navire : Vaisseau
    Nombre de canons : 16
    Nationalité : Français
    Port d'attache : Marseille
    Lieu de naufrage : Caye Pinsonnelle

    Observations : Le Notre Dame de Bonne Espérance quitte Marseille pour son dernier voyage le 12 mars 1687.
    Il a à son bord cent forçats du bagne, un groupe de cent protestants déportés composé de soixante dix hommes,
    trente femmes et vingt-trois soldats.

    Après un très long voyage, deux mois, il fait naufrage le 19 mai 1687 sur une petite île de la côte est de la Martinique.
    Le naufrage est meurtrier essentiellement chez les forçats qui enchaînés ne purent se sauver et chez les déportés religieux
    qui ont souffert d'une épidémie pendant le voyage et qui sont épuisés.

    Sources d'archives et références :
    Alain Demerliac, la Marine de Louis XIV, Navires marchands du Département de Marseille, p. 258 et p. 130 et 130 bis.
    CAOM C8 A. 4, fol.257 v
    CAOM C8A 4, fol. 249
    Serres, Quatre relations véritables du Sieur Serres de Montpellier, Amsterdam, 1688, pp. 23-49.
    Benoit, Histoire de l'édit de Nantes, 1690.

    ---------------------------------------------------------------------------

    Désignation du site : Le Notre Dame de Bonne Espérance, 8 Canons et 3 ancres sur la caye
    Numéro d'inventaire GRAN : FR/M/3/D/022
    Numéro DRACAR : 97 210 051/AH
    Commune : Le François
    Type de site : Épave non cohérente
    Profondeur maximale : 6
    Lieu dit : Nord de la Caye Pinsonnelle

    Commentaire : Site de naufrage découvert par des plongeurs du COREMA. Une fiche de monsieur Pierre Brest,
    égarée à la suite d'un mauvais classement vient d'être retrouvée dans un dossier du SRA.
    Elle donne la localisation à proximité de la bordure nord de la "caye au sud de laquelle émerge
    la chaudière du Mississipi", il s'agit de la Caye Pinsonnelle.
    Le matériel localisé à l'époque est constitué par 9 Canons et 3 ancres sur la caye dans un rayon de moins de 50 mètres, très peu concrétionnés.

    Canon 1 : sortit de l'eau et ramené à Fort de France. Il s'agissait du plus petit des 9.
    Canon 2 : à 3 mètres du 1. Longueur bouche/culasse = 2,20. Diamètre de la bouche 25 cm.
    Canon 3 : identique au 2 à 3 ou 4 mètres de celui-ci.
    Canon 4 : Longueur bouche/culasse=2 mètres, diamètre bouche 25 cm, diamètre culasse 40 cm. Près de 3.
    Canon 5 : à 7 mètres environ du canon 4. 2 mètres de long (bouche/culasse).
    Canon 6 : 2 mètres de long.
    Canon 7 : accolé tête-bêche au canon 6. Intervalle de quelques centimètres entre ces deux canons.
                 Ce canon est un peu plus petit que le 6 (1,80 mètres de long).
    Canon 8 : 2,20 mètres bouche/culasse.
    Canon 9 : à 5 mètres de 8 et parallèle à celui-ci. 2 mètres (bouche/culasse).

    Une ancre avec organeau intact.
    2 ancres sans organeau. près de l'une d'elle deux demi-organeaux ont été décoraillés.
    La verge d'une de ces deux ancres mesure 3 mètres de long. La patte est large 45 cm.
    Deux tenons de 10 cm à 5 centimètres de l'extrémité de la verge (ancre à jas de bois).
    La récupération a été effectuée par le pêcheur Georges Jean-Louis du François et avec l'aide de la CRAS du COREMA.
    Une expertise a été réalisée du 02 au 06 décembre 1996. Utilisant une logistique légère elle a permis de localiser précisément
    le site et d'un dresser le plan. Une exploration détaillée de la zone du lest et des concrétions pourrait livrer un peu de matériel.
    Il faut noter la rareté des éléments en alliage de cuivre sur le site. Aucun clou de type clou de doublage ni aucune trace
    de feuilles de doublage ne sont visibles. Cette particularité indique une datation antérieure au dernier tiers du XVIIIème siècle.

    Hypothèse du Notre Dame de Bonne Espérance.

    Le Notre Dame de Bonne Espérance quitte Marseille pour son dernier voyage le 12 mars 1687.
    Il a à son bord cent forçats du bagne, un groupe de cent protestants déportés composé de soixante dix hommes,
    trente femmes et vingt-trois soldats.

    Après un très long voyage, il fait naufrage le 19 mai 1687 sur une petite île de la côte est de la Martinique.
    Le naufrage est meurtrier essentiellement chez les forçats qui enchaînés ne purent se sauver et
    chez les déportés religieux qui ont souffert d'une épidémie pendant deux mois de voyage et sont épuisés.

    La découverte de canons et d'ancres sur la caye Pinsonnelle nous a conduit à envisager l'identification de ce site
    avec le Notre Dame de Bonne Espérance.

    Si l'on reprend les caractéristiques du naufrage telles que nous les avons faites ressortir des textes
    (relation du Sieur Serres, un des protestants rescapé du naufrage) nous constatons que :

    Les fonds sur lesquels se situent les vestiges sont entre trois mètres cinquante et six mètres et situés au vent de récifs
    couverts de moins de deux mètres cinquante d'eau. Il ne semble pas que l'épave ait franchi le récif.
    Les ancres n'ont pas été mouillées. Un nageur peut franchir le récif au niveau du site, surtout si le vent est plutôt est-sud-est.
    Ce régime de vent est courant au mois de mai en Martinique.
    La caye Pinsonnelle est en vue de la Pointe Larose où vivaient des caraïbes.
    La caye est directement au vent d'un groupe de cinq îlets.
    Ces éléments permettent d'affirmer avec quasi certitude qu'il s'agit bien des restes du Notre-Dame-de-Bonne-Espérance.
    Plusieurs canons manquants ont été repêchés clandestinement par des particuliers et sont visibles dans les îlets alentours
    où il servent de décoration de jardin !

    ---------------------------------------------------------------------------

    1687 - Naufrage du Notre Dame de Bonne Espérance.

    CAOM C8A 4, f° 257 v° - Lettre du Comte de Blénac à Colbert de mai 1687.

    (f° 257) « Le Capne Peyssonnel qui portoit aux Isles 80 Religionnaires, 100 forçats et 20 soldats aperdu son navire proche de la Cabesterre,
    mais on ne scavoit pas encore le nombre de ceux qui se sont sauvez de ce naufrage, Il en envoyera un verbal incessamment.

    Les Peuples sont fort estonnez de ces envoys, les forçats sont accablez d'années et d'incommoditez et absolument inutiles.

    Les Religionnaires seront fascheux et les habitants craignent avec raison que lorsqu'ils auront connu le pays,
    Ils n'enlèvent leurs nègres et ne les emmènent chez les Anglois vue la facilité qu'il y a de trouver des canots et l'impossibilité de garder les Isles.

    On doute que puisque l'on n'a pu les contenir en France on le puisse faire dans les Isles et qu'il n'en arrive des fascheuses suites.

    Il faut remarquer sur cela qu'on ne peut establir personne qu'il n'ayt d'avance des vivres pour six huit mois,
    pour pouvoir attendre la récolte de ce qui aura esté planté, et des serpes,
    des houx et des haches pour travailler aux défrichements, ce que pas un deux n'a.
    »

    ---------------------------------------------------------------------------

    1687 - Naufrage du Notre Dame de Bonne Espérance.

    Passage de l'ouvrage : "Quatre relations véritables" du Sieur Serres de Montpellier, Amsterdam, 1688, pp. 23-49.

    Le récit intitulé Quatre relations véritables du Sieur Serres de Montpellier, paru à Amsterdam en 1688, donne, dans la deuxième relation,
    les détails du voyage de traversée des protestants du Notre Dame de Bonne Espérance.
    Ce document fait partie de la collection personnelle du Docteur Châtillon, mise en dépôt début 2000 au musée de Bordeaux.
    On peut en cliquant sur ce lien consulter le texte intégral de cette deuxième relation.

    La Notre Dame de Bonne Espérance quitte Marseille pour son dernier voyage le 12 mars 1687.
    Il a à son bord cent forçats du bagne, un groupe de cent protestants déportés composé de soixante dix hommes,
    trente femmes et vingt-trois soldats.

    Après un très long voyage, deux mois, il fait naufrage le 19 mai 1687 sur une petite île de la côte est de la Martinique.
    Le naufrage est meurtrier essentiellement chez les forçats qui enchaînés ne purent se sauver et chez les déportés religieux
    qui ont souffert d'une épidémie pendant le voyage et qui sont épuisés.


    Les lignes suivantes présentent des extraits commentés du texte du sieur Serres qui est un des survivants du naufrage du
    Notre dame de Bonne Espérance. Ils présentent les points précis du récit pouvant permettre de localiser la situation géographique du naufrage.

    Les éléments donnés dans le texte ainsi, bien sûr, le fait que le récif du naufrage, la caye Pinsonnelle, aie gardé le nom du capitaine du navire,
    Guillaume Peyssonnel, ont permis l'identification de vestiges connus sur la caye Pinsonnelle, au large du François,
    avec l'épave du Notre Dame de Bonne Espérance.

    1- « ... dans un Navire nommé Nôtre Dame de Bonne Espérance, commandé par un capitaine de Marseille appellé Pensonnel. ... » p. 30

    Serres déforme lui aussi le nom de Peyssonnel. Les fluctuations de l'orthographe du XVIIème siècle et les accents régionaux suffisent à expliquer
    ces transformation : Peyssonnel, Pensonnel, Pinsonnel.
    Il faut noter que Peyssonnel n'est que la transcription française du nom provençal Pescelli probablement d'origine italienne.

    On peut lire dans Borricand René, Nobiliaire de Provence, tome II, p. 924 que le nom patronymique de la famille est De Peyssonnel ou Pescelli.
    Blason : D'azur à un poisson d'argent nageant sur une mer de mesme et au chef cousu de gueule chargé de trois étoiles d'or.
    Devise : Agitatis ludit in undis.
    Plusieurs membres de la famille se sont illustrés :

    Balthazar de Peyssonnel - savant physicien et astronome.
    Jean de Peyssonnel - procureur du Pays d'Aix en 1658.
    Sauveur de Peyssonnel - maréchal de camp et inspecteur de la Cavalerie.
    Jacques de Peyssonnel - procureur du pays d'Aix en 1676 et 1683.
    François de Peyssonnel - consul d'Aix en 1686.
    Un Peyssonnel, médecin , est mort en soignant la population de Marseille pendant la peste de 1720
    Jean-André Peyssonnel (1694-1759) , fils du précédent, qui demeura 33 ans aux Antilles comme médecin du roi,
    est l'auteur d'une découverte qui bouleversa l'Histoire naturelle. Dans un mémoire envoyé à l'Académie en 1723,
    il affirme, observations à l'appui, que le corail n'est pas un végétal mais un animal.
    La découverte fut accueillie avec dédain par Réaumur et JussieuŠ oubliée et reconnue seulement en 1740 !
    Jean-André Peyssonnel sera reconnu d'abord en Angleterre où il deviendra correspondant étranger de la Société Royale de Londres.
    La famille est originaire de Marseille et fut maintenue noble en 1710-1711.
    Sauveur de Peyssonnel reçut de Louis XIV le titre de marquis. Ils possèdent des seigneureries à Fuveau, St-Savournin, Calas et Roquebrune.
    Ils s'éteignirent au XVIIIème siècle. Un Hôtel à Aix, 9 rue Roux-Alpheran, porte toujours ce nom.

    2- « ... Le Dimanche de la Pentecoste, le Pilote ayant fait son calcul, dit au Capitaine qu'il croyoit que nous n'étions qu'à quarante lieues de la Terre de la Martinique,
    & que de peur de heurter à quelque écueil, & de faire quelque naufrage, il n'étoit point d'avis de faire chemin la nuit suivante
    ... » p. 36

    La lieue marine valant 5, 556 km le pilote estime donc la distance jusqu'à la Martinique à 222 km.
    Bien que Serres ne donne pas de précision d'heure on peut supposer que cet épisode se situe peu après midi, car si l'appréciation de la longitude se fait à l'estime,
    le pilote avait certainement fait sont point en latitude à la méridienne.

    3- « ... Le Capitaine s'opposa au sentiment du Pilote, il lui soûtint qu'il se trompait dans son calcul, qu'ils en étaient à plus de cent lieues de terre,
    & qu'ils pouvoient continuer à faire chemin le jour & la nuit, sans rien craindre en faisant faire bon quart.
    ... » p.  36-37

    Le capitaine par son estime de cent lieues (550 km) peut se croire à l'abri. Comme l'indique Moreau de Jonnès (Moreau de Jonnès. & emdash;
    Notice sur les ports de la côte orientale de la Martinique, Paris, 29 juillet 1819, CAOM DFC N°553)"
    Les bâtiments qui viennent d'Europe s'étant mis en latitude de la Martinique, peuvent apercevoir d'une distance de 36 lieues le sommet des plus hautes montagnes
    et la longueur de la nuit, sous le quinzième parallèle, est constamment de 11 à 12 heures ŠA l'atterrage des Antilles l'identité de direction du vent et de la dérive
    produit une accélération de vitesse si grande que quoiqu'on puisse apercevoir la terre de 20 lieues, il est possible d'être à la côte avant minuit lors même qu'on a exploré
    soigneusement l'horizon au coucher du soleil et que la distance n'a pas permis de découvrir la cime des montagnes secondaires.
    Ce mécanisme est à l'origine de nombreux naufrages sur la côte au vent de la Martinique.

    4- « ... Le Lundy aprés la Pentecoste, deux ou trois heures avant le jour, le Pilote fut à la Prouë, pour voir Þ les gens qui faisoient le quart,
    s'aquitoient de leur devoir, il fut bien surpris lors que pensant qu'ils étoient occupés à leur tâche, & qu'ils surveilloient à la conservation du Vaisseau,
    il les trouva tous endormis
    ... » p. 37

    On peut estimer à cette époque de l'année qu'il est entre 2h30 et 3h30 du matin.

    5- « ... sa surprise s'augmenta, et fut suivie d'un grand étonnement, lors qu'ayant voulu regarder de prés les choses, il découvrit la terre,
    il cria aussitôt qu'on abaissat les voiles, & il n'eut pas plûtôt achevé de crier que le navire heurta fortement contre un Rocher : ce coup ébranla tout le Navire,
    & le remplit de tant de cris, de crainte & de gémissemens, que les Matelots ne purent jamais s'entendre pour abaisser les voiles, selon l'ordre qui leur en étoit donné,
    de sorte que le Navire heurtant de plus en plus contre le rocher, le gouvernail se rompit, & il n'y eut qu'alarme & que trouble dans tout le Navire
    ... » p. 37

    On peut déduire que la lune doit être presque pleine pour qu'il y ait, si tard dans la nuit, encore suffisamment de lumière pour éclairer la terre,
    ce qui est confirmé par le point 16. La mer n'est pas à priori extrêmement forte et la houle doit être normale,
    il heurte donc des fonds de trois ou quatre mètres, en rapport avec son tirant d'eau.

    6- « ... Les Matelots tous troublez n'ayans jamais pû s'entendre pour abaisser les voiles, furent contrains de couper les deux grands Mats du Navire,
    & de mettre peu de tems aprés deux Chaloupes en mer, oû ils se jetterent eux mêmes, & où quelques uns de ceux qui ne furent pas empêchez
    par leurs maladies les suivirent, quelques uns de nos prisonniers furent de cette troupe.
    Le Capitaine voyant que tous craignoient de perir, & que chacun cherchoit une planche dans le naufrage, voulant arrêter nôtre crainte, nous cria plufieurs fois
    d'avoir bon courage, nous disant qu'il ne s'en perdroit pas un de ceux qui resteroient avec lui, mais quelque coeur qu'il fit lui-même paroître,
    quelque tems après il entra dans sa chambre, dépouilla ses habits, & se jetta dans la mer, pour se mettre dans les chaloupes, qui l'attendoient tout proche du Navire.
    ... » p. 38

    Il ne semble pas que l'abattage des mâts ni la mise à l'eau des chaloupes aient présenté de particulières difficultés.
    Ceci tend à confirmer que la mer n'est pas trop mauvaise et que le mauvais pas dans lequel se trouve le navire n'est dû qu'aux erreurs cumulées
    (mauvaise estime, sommeil des guetteurs, affolement des marins). Par contre la destruction du navire devient inévitable.
    Le capitaine abandonne les passagers à bord, car de toute façon le navire ne dispose pas des centaines de places nécessaires.
    On remarquera qu'à aucun moment il n'est question de mouiller les ancres, ce qui est normal puisque le navire est déjà sur l'obstacle.
    Ce détail est important pour l'identification éventuelle du site.

    7- « ... La mer étant alors fort enflée, & fort irritée, nôtre Navire en étant rudement secoué, & fort ébranlé, il fut mis en mille pièces par les vagues qui le poussoient,
    & par les rochers où il heurtoit : il ne nous resta dans ce débris qu'une partie de la Poupe, où nous nous retirâmes tous pour y chercher quelque asile
    & quelque ressource à notre misérable vie
    ... » p. 38

    Bien que Serres décrive la mer comme "Š fort enflée, & fort irritée, Š" il ne semble pas, comme nous l'avons vu, que l'équipage ait eu de mal à mettre les chaloupes à la mer.
    Il est probable qu'il fasse allusion aux vagues déferlantes qui sont, même par temps calme, toujours impressionnantes au vent de la Martinique sur des hauts-fonds susceptibles
    de causer le naufrage d'un navire tel que le Notre Dame de Bonne Espérance. En pleine nuit et pendant des événements aussi graves, une houle normale est certainement
    suffisante pour justifier la remarque du sieur Serres.

    8- « ... Ce qui nous avoit resté du Navire pour nous servir de quelque refuge, & de quelque apuy, s'enfonça tout à coup dans la mer,
    où nous nous trouvâmes au milieu des vagues,
    ... » p. 39

    Cet enfoncement dans la mer pourrait s'expliquer de deux façons : soit le reste de poupe progresse poussé par la houle sur le récif et une fois celui-ci franchi
    coule sous le vent au pied de la caye, soit simplement la structure restante s'effondre sur place sous la pression de la mer.
    La seconde solution semble la plus probable car jamais Serres ne décrit une progression des débris par rapport à l'obstacle,
    on verra même plus bas qu'il constate que les restes du navire restent immobiles par rapport à la terre (voir point 12).

    9- « ... nous nous trouvames au milieu des vagues, & où je n'avois aucune force pour combattre avec elles, la maladie que je souffrois depuis longtems,
    & les remedes qu'il m'avoit falu fair pour en être soulagé, m'avoient réduit dans une telle foiblesse que j'étois incapable de faire aucun effort,
    pour sortir du danger où j'étois enfoncé... Un peu avant le jour, lorsque je considerois mon tombeau, & que je me préparois à y en trer,
    je me trouvai au milieu du débris du Navire, & sous quelques pièces de bois, qui empêchoient les eaux de m'emporter & de m'engloutir,
    le bois qui me servoit d'anchre & de couverture pour m'arester
    ... » p. 39

    Le fait que malgré son état de faiblesse M. Serres ne soit point emporté par la houle prouve qu'il est toujours resté sous le vent des vestiges du navire
    qui lui ont servi d'abri car même un bon nageur avec un équipement moderne aurait du mal à se maintenir seul des heures au vent d'un récif de la côte est
    en luttant contre la houle, surtout si il se trouve à la limite des brisants.

    10- « ... je montay avec l'aide de quelques-uns de nos prisonniers sur le grand Mats où j'aperçûs l'Aumônier du Navire qui en avoit fait sa planche ...
    & bien Monsieur Serres, nous voilà tous deux prés de mourir, & vous surtout qui étes si malade,
    ne voulez vous pas vous résoudre à vous faire Catholique...Vous n'y pensez pas, c'est vous, qui devant penser à vous sauver dans l'extrémité
    où vous êtes ne devriez pas différer d'un moment à embrasser nôtre Religion, qui est la plus pure qui soit au Monde, & hors de laquelle il n'y peut point avoir de salut
    ... » p. 40

    L'ouvrage publié en Hollande est un livre de polémique avec les catholiques, et l'on pourrait penser à un épisode inséré à dessein.
    Mais l'ensemble du récit du Sieur Serres est dépourvu de pathos et proche d'un récit journalistique. On n'a donc pas de raison de mettre en doute son récit
    pour étonnant qu'il puisse nous paraître. Mais d'un point de vue pratique on remarquera que si la situation est dangereuse,
    les attaques de la mer laissent tout de même la possibilité aux naufragés de parler et de réfléchir. Ceci vient encore confirmer le fait que la mer n'est pas déchaînée.

    11- « ... Les planches sur lesquelles nous étions étoient si fort ébranlées, & nous y étions si fort agitez, que je changeais souvent d’assiette & de place,
    je fus tantôt sur une pièce de bois, & tantôt sur une autre, jusques environ dix à onze heures du matin
    ... » p. 41

    Il y a déjà entre six et sept heures que les naufragés sont réfugiés sur les restes de l'épave en étant périodiquement renversés des planches sur lesquelles ils trouvent refuge.
    Ils attendent en vain les secours que le capitaine leur a promis en partant.

    12- « ... nous n'en pouvions pas sortir nous-mêmes, quelques planches qui nous eussent resté après le naufrage, parsceque la plupart des pieces de bois
    sur lesquelles nous nous appuiyons, étoient attachées les unes aux autres par des cordages, & arrêtées par les Anchres & par les Canons, qui touchoient à terre;
    je jugeai que la chose étoit ainsi, voyant que le débris parmi lequel j'étois, & sur lequel plusieurs s'appuyoient avec moi, demeuroit toûjours au même endroit,
    je ne fus pas le seul a le penser, ... Quelques-uns d'eux s'avisèrent de couper les cordes, qui lioient les piéces de bois, où ils s'appuyoient,
    ce qu'ils firent avec quelques couteaux qu'ils avoient conservez, de sorte que leurs planches étans separées, & le vent les poussant favorablement vers la terre,
    elles les portèrent à terre, & ils furent heureusement sauvez.
    ... » p. 41

    On voit qu'ils sont restés à l'endroit du naufrage, puisqu'ils ne dérivent pas et sont toujours maintenus pas le poids des ancres et des canons qui les retiennent sur le fond.
    On peut remarquer le sens d'observation, l'analyse et le sang froid de ces hommes. Si les naufragés qui se laissant dériver sur un flotteur arrivent à atteindre la côte,
    c'est que l'obstacle du récif proprement dit ne se trouve pas directement sous le vent régnant à ce moment. Si il n'en était pas ainsi les naufragés dérivant auraient eu le plus
    grand mal à passer l'obstacle et il serait bien étonnant qu'ils aient tous réussi a le franchir heureusement. Les secteurs de vent vont au mois de mai du nord-est au sud-est,
    les barrières de récif étant toutes orientées parallèlement à la côte, c'est à dire plus ou moins nord-sud, il faudrait pour expliquer le phénomène qu'ils se soient trouvés près
    d'une passe ou a l'extrémité d'un récif et que le vent les en dégage. C'est un des éléments les plus importants pour l'identification du site.

    13- « ... Il y en eut d'autres qui furent délivrez par les Sauvages, lesquels s'étans apperçûs de loin de nôtre naufrage, & nous ayans vûs dans le peril où nous étions,
    vinrent pour nous secourir, avec une petite Barque appellée Canot
    ... » p. 41

    La différence marquée que fait Serres entre "nègres" et "sauvages" montre bien que, conformément aux usages du temps, il désigne par ce dernier mot les amérindiens.
    Les derniers caraïbes avaient été théoriquement chassés de l'île en 1650, mais en fait on trouve trace de leur présence de plus en plus acculturés jusqu'à pratiquement
    la fin du XVIIIème siècle. Ils exerçaient souvent le métier de pêcheurs. La présence de quelques caraïbes sur la côte atlantique, entre le Robert et le François,
    est signalée par le père Labat qui passe une nuit sous le carbet du chef caraïbe christianisé Larose dont le carbet est à sa connaissance le seul de Martinique
    ("Je n'ai jamais entendu dire qu'il y en eût dans toute la Martinique d'autre que celui de la Rose" ) et qui se situe à la Pointe Larose dont il ne sait si c'est elle
    qui a donné son nom au chef ou l'inverse. Cette visite chez les caraïbes se situe à la fin de l'année 1694, soit sept ans après le récit de Serres.
    Cet élément nous inciterait à chercher la zone du naufrage vers le Robert ou le François. Ce détail apporte également un élément important de localisation du lieu de naufrage.

    14- « ... Quoi que nous fussions à deux grandes lieues de la terre, je me hasardais d'y aller sur une pièce du pont détachée des autres ... » p. 42

    Serres n'étant pas marin, il y a de fortes chances pour qu'il ne parle pas de lieues marines mais de lieues terrestres dont il a l'habitude. La valeur de la lieue est variable,
    mais elle est comprise entre quatre kilomètres et quatre kilomètres et demi. L'appréciation des distances en mer est une chose toujours délicate,
    et encore plus pour quelqu'un n'en ayant pas l'habitude, cependant l'examen de la carte montre que la ligne des récifs, de la Caravelle au Macabou,
    se situe entre six et sept kilomètres de la côte.

    15- « ... faisant ainsi tristement nôtre chemin nous fûmes un peu avant la nuit assez près de la terre, entre trois & quatre Isles :
    mais le vent nous ayant ici manqué, & n'ayant rien pour ramer, nous ne pûmes point aller plus avant
    ... » p. 42

    Une autre indication précieuse pour l'identification de la zone de naufrage.
    En observant la carte de la côte est de la Martinique, on s'aperçoit que l'on ne trouve des concentration d'îlets que dans les baies du Robert et du François.
    Encore les îlets du Robert sont ils en fait le prolongement de pointes littorales, et très éloignés les uns des autres.
    Seuls les îlets du François (îlet Thierry, îlet Oscar, îlet Aubery, îlet long) sont susceptibles d'être reconnus par des naufragés situés au raz de l'eau.
    Ils se situent dans un cercle de deux nautiques de diamètre.

    16- « ... ceux de ma compagnie virent à travers la clarté de la Lune qui nous favorisoit dans ce moment, une petite Barque ...  deux Négres,
    l'un desquels parloit françois
    ...  nous dit en nôtre langue que si nous voulions lui donner un écu il nous porteroit chez lui ... » p. 43

    Après ce sauvetage, ils se retrouvent dans une maison sans eau et sans nourriture dans laquelle il passent la nuit.

    17- « ... Le contre-Maître de nôtre navire & un Forçat me présentèrent d'abord leurs bras, ils me mirent dans un petit Canot, avec lequel nous passâmes un bras de mer,
    & nous rendîmes dans l'Isle de la Martinique
    ... » p. 48

    On comprend pourquoi la maison manque à ce point de ressources : elle est située sur un îlet, puisqu'il faut franchir un "bras de mer"
    pour arriver sur l'île de la Martinique proprement dite (ceci peut correspondre à l'îlet Aubery, l'îlet Frégate ou l'îlet Long).

    18- « ... le Capitaine est coupable de nos malheurs; premièrement, de ce qu'il ne voulut pas croire le Pilote; secondement,
    de ce qu'il ne voulut jamais faire tirer aucun canon, de quatorze que nous en avions dans le Vaisseau, pour demander du secours
    ... » p.  49

    Les documents nautiques indiquent que le navire aurait eu 16 canons.
    Cependant il est possible que pour une quelconque raison il en ait manqué deux par rapport au plan d'armement.

    Résumé des caractéristiques du lieu du naufrage.

    De cette analyse du récit de Serres ont peu dresser une liste des points caractéristiques du site de naufrage :

    Les fonds les plus hauts sont sensiblement égaux au tirant d'eau : trois mètres à trois mètres soixante
    Le navire reste à l'extérieur du récif.
    Il ne mouille pas ses ancres.
    Ils sont à un endroit de la caye où, sous le vent, un nageur peut franchir le récif.
    La présence d'indiens caraïbe indique un site proche du Robert ou du François.
    Ils sont au vent d'un ensemble d'au moins quatre îlets.
    Ces caractéristiques ont conduit à l'identification du site FR/M/3/D/022 avec les restes du naufrage du Notre Dame de Bonne Espérance.

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    Message par Stearghall Mer 24 Juin 2015 - 14:11

    Le Mercier.

    Année de naufrage : 1667
    Nom du navire : Mercier
    Capitaine :
    Type de navire : Flûte
    Nombre de canons :
    Nationalité : Français
    Port d'attache :
    Lieu de naufrage : Saint-Pierre

    Observations : Brûlé à Saint-Pierre pendant le combats de 1667.

    Sources d'archives et références :
    J. Clodoré, Relation de ce qui s'est passé en Amérique, p.238 et sq, vol2, Paris 1671.
    La Roncière, Histoire de la Marine, V, 460 et sq.
    D'Elbée, II, 238.
    Du Tertre, Histoire générale des Antilles, IV, p 281
    Vicomte du Motey, p. 284
    Sainsbury, Cal of SP W Indies, N°1515 et 1517. (voir relation de ce qui s'est passé à la défaite de l'armée navale, 1667, 4 pages).

    ---------------------------------------------------------------------------


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    Message par Stearghall Mer 24 Juin 2015 - 14:22

    Le Saint-Yves.

    Année de naufrage : 1704
    Nom du navire : Le Saint-Yves
    Capitaine : Le Gac
    Type de navire :
    Nombre de canons :
    Nationalité : Français
    Port d'attache : Nantes
    Lieu de naufrage : La Trinité

    Observations : Détruit par la foudre au cul de sac de la Trinité le 4 septembre 1704. Il échoua près de terre.
    Il est qualifié par l'archive de la chambre de commerce de Marseille de "plus beau vaisseau marchand d'Europe".
    Sur les 3 h de l'après midi un coup de tonnerre jeta les mâts à bas et coula le navire à fonds sans que l'on ait rien pu sauver, que l'équipage.
    Il portait une cargaison de denrées coloniales (sucre, indigo, rocou, etc.) ainsi que les bagages de quelques passagers qui devaient faire la traversé.
    Une campagne de prospection magnétométrique en rade de Trinité en février 2000 a permis de localiser plusieurs cibles magnétiques qui pourraient correspondre à l'épave.
    Une campagne complémentaire de carottages est prévue en raison de l'important envasement de la baie qui rend les techniques classiques de sondage inopérantes.

    Sources d'archives et références :
    CAOM C8A 15 fol. 359 V°, 358, 367-71
    ACCIM E98, fol 958, n°1

    ---------------------------------------------------------------------------

    1704 - Naufrage du Saint-Yves.

    CAOM C8A 15, f° 359 v°

    (f° 359 v°) « ... Mais un accident des plus extraordinaires que j'ay veu de mavie, a retardé mon voyage,
    estant prest a m'embarquer sur un des meilleurs navires marchands de l'Europe sans contredit, et des mieux armés,
    toutes mes provisions et bagages estant à bord dès hier au matin. A de ce mois, devant mettre demain à la pointe du jour à la voile,
    un coup de tonnerre lieu sur les trois heures, jetta les mats à bas et coula le navire à fond, sans que l'on ait pu sauver rien au monde de la cargaison que l'équipage;
    le navire se nomme le St-Yves de Nantes, captn Le Gac, et l'accident est arrivé au cul de sac de la Trinité,
    il avoit quatre vingt cinq hommes d'equipage que j'ay grand peur qui restent icy, à moins que l'authorité de Mr de Machault n'intervienne.
    Je retourne demain au Bourg St-Pierre pour chercher quelqu'autre embarquement s'il est possible et si je puis trouver quelques amis qui me mettent (f° 360 r)
    en estat de reparer la perte que j'ay faite de mes hardes dans ce naufrage
    ... »

    ---------------------------------------------------------------------------

    1704 - Naufrage du Saint-Yves.

    CAOM C8A 15, f° 367

    (f. 367 r) « Monseigneur,
    J'avois conté de passer dans le vaisseau le St-Yves de Nantes, pour aller rendre conte à vostre Grandeur du jugement qui a esté rendu contre moy.
    Mais le Ciel n'a pas permis que mes peines finissent sy tost, le Tonnerre a coulé le navire a fonds la veille du jour que nous devions mettre a la voile,
    sans que l'on ait peu rien sauver de la cargaison, quy valloit environ deux cent cinquante mil livres. Il a party dans le mesme temps un brigantin duquel j'ay voulu profiter,
    pour informer vostre Grandeur de ma cruelle destinée
    ... » (f.367v)

    ---------------------------------------------------------------------------

    1704 - Naufrage du Saint-Yves.

    ACCIM E 98, f° 958 N° 1

    Commancement de l'année Mil sept cens cinq

    Nauffrage du Vau Le St-Yves capnes Gabriel Legac de Brest

    (f° 958) « ... Du deuxième janvier Mil sept cens cinq les Srs Intheresser sur le corps, avitaillement effects et facultés du Vau le St-Yves commnadé par
    Capne Gabriel Legac de Brest ont déclaré que le dit Vau estant mouillé a la radde de la trinité de la martinique le quatrième septembre 1704 sur les trois heures après midy
    les vents estant au nord est il se seroit levé un gros temps suivy de pluye et tonnerre, et que dans ce temps le tonnerre eclatta et donna sur le grand mat du dit Vau
    qu'il brisa en plusieurs mourceaux et couru dans le fond de calle, qui suivant toutes les aparences a crevé le dit vau puis que tout l'équipage s'estant mis en devoir
    de remedier a cet accident ne peut empêcher que de dit Vau ne coula bas d'eau malgré leur Diligence a faire travailler pour le relever aux deux pompes et voyant
    que tout estoit inutille ils coupèrent les cables et le tirèrent aussi près de terre qui leur fut possible ou le dit vau coula bas avec son entier chargement pour France
    consistant en sucre Brut, sucre blanc, (zepte deforme??), coton, cacao, Indigo, Rocou, (carriques?) et canefice, dont dutout le dit capne afait abandon aquil apartiendra.
    Ce qui se justiffie par un extrait du greffe de lamartinique de tous les actes verbaux et autres formalités que le dit Capne Legac afait que nous avons paraffé et
    rendu aux Srs produisan Delaquelle déclaration nous avons donné acte aux Sr Intheresses pour leur servir au Recouvrement des sommes a eux assurés et
    ont signé M Thuillier pour le Roy
    ... »

    ---------------------------------------------------------------------------


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    Les Épaves Françaises retrouvées. EmptyID du message --> Le Saint-Sébastien.

    Message par Stearghall Mer 24 Juin 2015 - 14:27

    Le Saint-Sébastien.

    Année de naufrage : 1666
    Nom du navire : Le Saint-Sébastien
    Capitaine : Bourdet
    Type de navire :
    Nombre de canons :
    Nationalité : Français
    Port d'attache :
    Lieu de naufrage : Saint-Pierre ?

    Observations : A l'ancre à "la rade de la Martinique" dépourvu d'officiers et de tout commandement (ils étaient à terre),
    après avoir résisté 6 heures à la furie de la mer, ses câbles étant rompus, il vint "donner à la côte" les hommes sont sauvées avec beaucoup de peine.

    Sources d'archives et références :
    J. Clodoré, Relation de ce qui s'est passé en Amérique, p.173 , Paris 1671.

    ---------------------------------------------------------------------------


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    Message par Stearghall Mer 24 Juin 2015 - 14:40

    Le Saint-Jacques.

    Année de naufrage : 1687
    Nom du navire : Saint-Jacques
    Capitaine :
    Type de navire :
    Nombre de canons :
    Nationalité : Français
    Port d'attache : Nantes
    Lieu de naufrage : A la pointe de l'île ?

    Observations : Il s'échoue à deux lieues de terre à la Pointe de l'île à un endroit plein de récifs où la mer est fort grosse.
    Le navire est brisé et très peu de choses sont sauvées. Barils de bœuf perdus.

    Sources d'archives et références :
    CAOM C8A 5, fol. 77-78.
    CAOM C8A 5, fol. 49, 83.

    ---------------------------------------------------------------------------

    1687 - Naufrage du Saint-Jacques.

    CAOM C8A 5, f° 78

    Lettre du Comte de Blénac du 05 mai 1688.

    (f° 78) « ... On avoit d'abord jugé à propos de n'en point débarquer les vivres jusqu'à l'arrivée des Vx du Roy pour empêcher leur déperissement en les transportant
    dans des magazins mais on y a esté contraint a cause que l'équipage estoit trop fatigué à pomper.

    On n'a pu la mettre a la bande pour remedier a sa voye d'eau qu'après la carenne de la Perle.

    Il est vray que le Vau le St-Jacques de Nantes eschoua l'année dernière à la pointe de ladite Isle a 2 lieues de la terre mais car cet endroit est éloigné et plein de rescifes,
    et que la mer est fort grosse ce bâtiment y fut brisé incontinent et les marchandises perdues à la reserve de très peu de chose qui fut sauvé et
    je l'eust fait remettre au porteur de la procuration des Sr Decazeaux et Bouchaud propriétaires si cela eut valu la peine et les frais de se transporter jusque sur les lieux.
    ... »

    ---------------------------------------------------------------------------


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    Les Épaves Françaises retrouvées. EmptyID du message --> Le Marchand.

    Message par Stearghall Mer 24 Juin 2015 - 14:56

    Le Marchand.

    Année de naufrage : 1705
    Nom du navire : Marchand
    Capitaine : Louis Sourvillier
    Type de navire : Vaisseau
    Nombre de canons :
    Nationalité : Français
    Port d'attache : Marseille
    Lieu de naufrage : Rade de la Garde Loupe ?

    Observations : S'échoue sans avoir pu atteindre le cul de sac de l'Île pendant une grande tourmante.
    Se trouvait dans une rade non identifiée Garde Loup ?
    Le navire ne serait-il pas plutôt à la "Guadeloupe" ?

    Sources d'archives et références :
    ACCIM E98 fol. 1193 n°21

    ---------------------------------------------------------------------------

    1705 - Naufrage du Marchand.

    ACCIM E 98, f° 1193 N°21

    Naufrage du Vau Le marchand de Marseille, commandé par le capitaine Louis Sourvillier d'icelieu

    (f. 1193) « ... Du troisième février Mil Septcens Six Les Srs intheressez sur le corps, avitaillement effects et facultés du Vau nommé le marchand de Marseille
    commandé par le capitaine Louis Sourvillier de Marseille ont déclaré que le dit Vau estant dans la Radde de la ? à la Martinique
    il y serait survenu un gros coup de vent de sud ensuite d'une grande tourmante qui l'obligea d'eschoüer dans la dite radde n'ayant pu gagner le cul de sac de l'Isle.
    Mais on croit que la perte des effects de son chargement ne sera pas de grande conséquence suivant ce qui en est dit dans la lettre que le Capitaine Sourvillier
    escrit de la martinique le quinze octobre 1705 a l'adresse de Mr Jacques Michel Marchand de la Rochelle, laquelle a esté retirée par le Sr Produisant après avoir
    esté par nous paraffée pour faire aparoir de l'employ d'Icelle dans la présente déclaration de laquelle nous avons donné acte pour servir aux intéresser
    au Recouvrement des sommes a eux assurées et ont signé

    signé Delourmaujours
    Jean Mestre
    ... »

    ---------------------------------------------------------------------------


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    Les Épaves Françaises retrouvées. EmptyID du message --> Le Marianne.

    Message par Stearghall Mer 24 Juin 2015 - 15:00

    Le Marianne.

    Année de naufrage : 1711
    Nom du navire : Le Marianne
    Capitaine : Pierre Buron
    Type de navire :
    Nombre de canons : 4
    Nationalité : Français
    Port d'attache : Nantes
    Lieu de naufrage : Martinique

    Observations : Poursuivi à l'atterrissage sur la Martinique par 2 anglais. Il se réfugie dans l'anse Gevau ? et s'y échoue.

    Sources d'archives et références :
    A.D.L.A. Marine
    A.D.L.A. B 4577 fol.13

    ---------------------------------------------------------------------------


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    Les Épaves Françaises retrouvées. EmptyID du message --> L'Union.

    Message par Stearghall Mer 24 Juin 2015 - 15:06

    L'Union.

    Année de naufrage : 1712
    Nom du navire : L'Union
    Capitaine : Jacques Michel
    Type de navire :
    Nombre de canons : 6
    Nationalité : Français
    Port d'attache : Nantes
    Lieu de naufrage : Martinique

    Observations : Attaqué par des corsaires devant la Martinique. Pour éviter la capture il s'échoue dans l'anse de Malumba.
    Moreau dit l'anse Macouba, il pourrait peut-être s'agir du Macabou, ou en tout cas des cayes du Macabou.

    Sources d'archives et références :
    A.D.L.A. Marine 335 ?
    A.D.L.A.B 4575 Ä. 112.64

    ---------------------------------------------------------------------------


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    Les Épaves Françaises retrouvées. EmptyID du message --> Le Sainte-Claire.

    Message par Stearghall Mer 24 Juin 2015 - 15:08

    Le Sainte-Claire.

    Année de naufrage : 1713
    Nom du navire : Le Sainte-Claire
    Capitaine : Nau
    Type de navire :
    Nombre de canons : 10
    Nationalité : Français
    Port d'attache : Nantes

    Lieu de naufrage : Martinique

    Observations : Le navire fait de l'eau durant le voyage de l'allée. Il décharge sa marchandise au Cul-de-Sac de la Martinique ?.
    Abat en carène près du Bourg de la Bonaventure ?. la coque est ouverte le long des préceintes de tribord.
    Rupture des palans de retenue. Le navire est brisé.

    Sources d'archives et références :
    A.D.L.A. Marine 335 ?
    A.D.L.A. B 4576 Ä.24v

    ---------------------------------------------------------------------------


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    Les Épaves Françaises retrouvées. EmptyID du message --> Le Vierge de la Purification.

    Message par Stearghall Jeu 25 Juin 2015 - 9:31

    Le Vierge de la Purification.

    Année de naufrage : 1694
    Nom du navire : Le Vierge de la Purification
    Capitaine :
    Type de navire :
    Nombre de canons :
    Nationalité : Français
    Port d'attache :
    Lieu de naufrage : Martinique

    Observations :

    Sources d'archives et références :
    CAOM C8A 8, fol. 221 v°
    CAOM C8A 8, fol. 107 v°
    CAOM C8A 8, fol. 274 v°
    ACCIM E 97, fol. 62 r et v N° 2

    ---------------------------------------------------------------------------

    1694 - Naufrage du Vierge de la Purification.

    CAOM C8A 8, f° 221 v°

    Lettre du 6 novembre 1694.

    Compte rendu de l'ouragan d'octobre 1694.

    (f. 221 v) « S'estoient passé plus de douze années sans que l'on se soit apperceu dans les isles des calamitez des houragans pendant la saison qu'ils arrivent ordinairement qu'on s'en croyoit exempt pour toujours, cependant il en est survenu un qui commença le mardy 8° octobre l'après disné et a duré jusques au samedy au matin 9 heures, dont la plus grande viollence a esté la nuit du vendredy au samedy, le vent dans quelques isles a fait le tour du compas, pour ce a la Martinique il a toujours esté au sud, ou sudouest ou tenant un peu du sudouest, avec une mer très grosse, surtout a la rade du Bourg St-Pierre dont ces vents sont les taversiers, aussi toutes les barques au nombre de six qui y estoient mouillez, ont esté jettez a la coste, avec un vaisseau de provence, une autre de Bordeaux a resté sur ses ancres, ce qui fait conjecturer qu'un bâtiment ayant bien tenu, le malheur n'est arrivé aux autres que par le deffaut de bonnes amares et de manoeuvres. Il n'a pas laissé dans l'estendue de toute liste... »

    ---------------------------------------------------------------------------

    1694 - Naufrage du Vierge de la Purification.

    CAOM C8A 8, f° 107 v°

    lettre du 6 novembre 1694.

    Compte rendu de l'ouragan d'octobre 1694.

    (f. 107 v) « ...Après cette visite faite nous nous trouvâmes a la porte des jésuites et je crû leur devoir dire et a tous ses habitants les pensées du Roy suivant les ordres que j'en ay de leur insinuer la demeure du Fort-Royal. Je leur dis que je croyoient ce qui leur venoit d'arriver, que leur rade n'estoit pas plus sceure a l'esgard des ennemis, que les vents estant de la mer un brûlot pouvoit mettre le feu a tous les navires qui sy trouveroient et de guerre et autres qu'il y avoit perdû de ce coup de vent treize barques ou brigantins avec un navire provencal et que le bourdelais ne s'estoit sauvé qu'en couppant ses mats, que les barques ny feroient pa de résidence si les navires... »

    ---------------------------------------------------------------------------

    1694 - Naufrage du Vierge de la Purification.

    CAOM C8A 8, f° 274 v°

    lettre du 10 novembre 1694.

    Perte d'un navire provensal (Vierge de la Purification) dans un ouragan.

    (f. 274 v) « Voici le mémoire que je me donne l'honneur de luy envoyer, il s'en est déjà rétably quelques uns, il y a aussi quelques dommages sur les habitations. Les bastimans qui estoient en rade sont tous venu à la coste a la reserve d'un Bourdelois qui a coupé ses mâts, un vaisseau provensal, un brigantin et des barques s'y sont perdus, tout le monde c'est sauvez a la reserve de dix hommes, il s'est perdu aussy une de nos corvetes aux Testigues qui sont a quatre vingt lieues d'icy.

    Comme je marque les bastimans qui ont esté ruinés et ce qu'ils pouvoient valoir, j'ay creu estre obligé Monseigneur d'envoyer le nombre de ceux qui restent et ce qu'ils valent afin que vostre grandeur puisse voir en quel estat estoit le bourg St-Pierre avant le mauvais temps et ce qu'il est a présent.

    Il nous a escarpé 450 toises de terrain et renversé des maisons qu'il auroit fallu mettre bas si on fortifie ce quartier, je lesse Monseigneur, a monsieru de Blenac et au sieur de Cailus à vous mender les ouvrages qu'il faut faire... »

    ---------------------------------------------------------------------------

    1694 - Naufrage du Vierge de la Purification.

    ACCIM E 97, f° 62 r et v N° 2

    Naufrage du Vau le Vierge de la Purification capnes Jean Rampal de cette Ville (Marseille)

    Expédié certificat a Mons mathieu fabre premier (?)

    (f° 62 r) « Du dix septième jour du mois de janvier Mil six cens quatre Vingt quinze les Srs Soubzsignez Intheressez sur le corps attraits armement avitaillement et facultez du chargement du Vaisseau nommé le Vierge de la Purification l'Estoit lor commandé par Capne Jean Rampal de cette ville, ont déclaré qu'il a nauffragé et s'est brisé entièrement a la coste de l'Isle de la martinique, par un terrible coup de vent dans moins de quatre heures. Tout son vin a esté perdu partie de son huile et l'eau de vie aussy, Il n'y a eu que les marchandises Seiches de sauvées parcequ'on les avoit débarquées (f° 62 v) avant le coup de vent qui a aussi brisé plusieurs barques, ce qui est justifié par une letre escrite en datte du onzième octobre dernier par le Sr Jean-Baptiste Maureller a son frère en cette ville suivant son certificat de jourd'huy, qui déclare le contenu ci-dessus veritable et d'avoir en son pouvoir l'original de la lettre qui luy marque cette perte lequel certificat nous avons parraffé et gardé, et laquelle déclaration les dits sieurs intheressez ont requis acte pour leur servir et valoir en temps et lieu au recouvrement des sommes a eux assurées et de ses Srs soubzsignez

    Mathieu Fabre
    Rampal
    Buquet pour ma farine
    Buquet pour compte du sieur Joseph guigne
    P. Ailleur pour compte de mon Père
    Pour Monsieur Joseph fabre, le Boisseley »

    ---------------------------------------------------------------------------


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    Les Épaves Françaises retrouvées. EmptyID du message --> Navire inconnu.

    Message par Stearghall Jeu 25 Juin 2015 - 14:18

    Navire inconnu.

    Année de naufrage : 1678
    Nom du navire : Nom du navire inconnu. Sans doute un navire de la compagnie du Sénégal
    Capitaine :
    Type de navire :
    Nombre de canons :
    Nationalité : Français
    Port d'attache :
    Lieu de naufrage : Martinique

    Observations : La provenance du navire et la mention d'arabes transportés dans CAOM C8A 2 fol. 130 v nous conduit à penser qu'il pourrait s'agir
    d'un navire de la Compagnie du Sénégal envoyé peu après la prise du fort d'Argun par Ducasse.
    La reddition du Fort à lieu le 1er septembre 1678. Contrairement aux stipulations du document signé par les Hollandais,
    Ducasse se saisit de tous les maures présents sur l'île et les déporte vers les Antilles.
    Nous possédons plusieurs témoignages concernant cette déportation qui eût des conséquences très graves.

    Sources d'archives et références :
    CAOM C8A 2 fol. 130 v° - 131

    Documents sur la déportation des Maures d'Argun :
    J. Mathelot, Relation du commis de la Compagnie du Sénégal J. Mathelot, 1687, BN Ms. fr. 21 690, f 224
    John Barbot, A description of the Coasts of North and South Guinea, 1732
    Ms, Naval Library, Londres, n° 63, 1732

    ---------------------------------------------------------------------------

    1678 - Naufrage des Maures.

    CAOM C8A 2 f° 130 v° - 131

    Fait au bourg Saint-Pierre le 19 octobre 1678

    « (f 130 v°)...faites sur les 200 000 livres de sucre dont j'auray l'honneur de vous rendre compte par les premiers vaisseaux sy vous aviez la bonté Monseigneur de m'en descharger et l'escire : comme il fait icy extremement cher vivre je vous supplie très humblement de m'accorder une gratiffication sur ce qui pourra rester entre mes maisn de la dite prise; j'ai paris avec une extrême douleur que vous n'aviez aprouvé que le munitionnaire ayt fourny la subsistance aux Cinquante hommes que Monsieur le conte Destrée a laissés a St-Christophe sous le commandement du chevalier de la Brossinière, sy j'ay ordonné cette fourniture ca esté en conséquence de l'ordre de Monsieur Patoulet qui pourra Monseigneur vous en rendre raison;

    Monsieur le vice amiral ayant laissé une barque longue et une Caiche pour servir dans les isles sous les ordres de M. le Conte de Blenac, je continueray à leur fournir la subsistance, jusqu'à ce que vous m'ayez fait scavoir vos intentions;

    Il est venu en cette isle par différentes voyes, plusieurs matelots et soldats, des vaisseaux perdus aux Isles d'Aves que j'ay fait penser, médicamenter et nourrir par le munitionnaire et que j'ay remis es mains de Monseigneur de Beauregard à l'exception de deux qui sont restés icy a l'hospital et quatre que j'ay embarquez pour la Rochelle sur le St-Jean de Bordeau auxquels j'ay fait fournir pour cinquante jours de vivres;

    Un vaisseau venant du Senegal, ou il avoit chargé des nègres et des arabes, se perdit à la Capesterre de cette isle, il y a huit jours, mais les caraïbes l'ont si bien secouru de son naugrage que son équipage et presque tous les nègres et arabes ont esté sauvés;

    Le sieur Lermoigne ?commandant la Frégate la Toison d'Or armée (f 131) en course par monsieur Paron ? et consors, m'escrit de Baston du 3 de novembre où il amène quatre navires scavoir deux de 24 pièces de canon un de 20 pris sur les espagnols et un de 26 sur le hollandois que les uns et les autres sont fort riches, mais que son équipage estant la plus grande partie d'anglois qui se trouvant dans un port de leur nation se sont rendus maistre des dites prises sans que le Capitaine ayt pû obtenir aucune justice du Gouverneur.

    Sy tost que Monsieur Paron sera party je m'enbarqueray sur le caiche La Seine pour aller faire les revues des compagnies qui sont dans les Isles de Grenade, St-Christophe et la Guadeloupe, ensuite de quoy Monseigneur je me donnerai l'honneur de vous en rendre comtpe;

    le munitionnaire estant a la fin de son traité a ordonné à son commis de vendre generallement tous les lvivres et marchandises qu'il a dans les isles, et comme monsieur le Conte Destrée y a laissé une barque longue et une caiche vous aurez s'il vous plait la bonté de me faire scavoir vos intentions sur leur subsistance;

    Comme Monseigneur vostre père m'a fait l'honneur de me charger de vizer les dépenses des fortiffications des Isles et que je n'ay pas les connoissances necessaires pour m'aquiter fidellement de cest employ je vous supplie très humblement Monseigneur de m'en dispencer et de me croire avec un très profond respect

    Monseigneur Vistre très obéissant et très obligé serviteur

    Signé Jolinet

    Au Bourg de Saint-Pierre de la Martinique
    le 19 octobre 1678... »

    ---------------------------------------------------------------------------

    1678 - Naufrage des Maures.

    Documents annexes

    BN Ms. fr. 21 690, f° 224r, 1687

    « Il prit captifs tous les mores quy sy trouvèrent sur lisle & dans le Chateau darguin contre les termes de la capitullation & les envoya aus isles don sensuivit que ces miserables au desespoir se voyans ainsy traictes se revolterent dans la traversées du Senegal aus Isles reduysirent lequipage a lestremité & y perdirent tous la vie ainsy la Compagnie nemporta de cette belle conqueste qu'une guerre perpetuelle qu'elle aura toujours avec ceux Darguin & avec ceux quy y (auroient) rellation outre que cette expedition luy porte perte de plus de 50 000 ecus. »

    ---------------------------------------------------------------------------

    John Barbot, A description of the Coasts of North and South Guinea, 1732

    Édition anglaise basée sur : Ms, Naval Library, Londres, n° 63, 1732

    « The slaves the French took from the Dutch, in the castles of Arguin, being there put board a small ship, to the number of one hundred and twenty, all lusty people of both sexes, for Santo Domingo in America, having privately provided themselves with pieces of iron, and such other weapons as they could, on a sudden assaulted the few French there were aboard, whilst some of them were asleep ; but not being able to force the captain and some others, who had shut themselves up in the forecastle and great cabbin, whence they make a terrible fire on them with their muskets; and seing several of their companions kill'd, forty of the most obstinate of them, men and women, leap'd into the sea together, where turning on their backs, they call'd the French to observe them, and holding their mouths quite open, swallow'd down the sea water, without moving arms and legs, till they were drown'd, to show their intrepidity and little concern for death. » (pp. 530-531)

    ---------------------------------------------------------------------------

    Ms, Naval Library, Londres, n° 63, 1732

    Manuscrit cité dans : Debien, Delafosse, Thilmans, Journal d'un voyage de traite en Guinée, à Cayenne et aux Antilles fait par Jean Barboten 1678 1679, Dakar, 1979

    « Les Mores de cette contrée et ceux d'Arguin sont puissants et robustes. ceux de Gualata qui furent fais esclaves par le sieur Ducasse lorsqu'il prit le fort d'Arguin, furent embarqués, au nombre de 120 hommes et femmes, sur un petit vaisseau de la Compagnie du Sénégal, pour passer à St Domingue, mais soit par grandeur d'âme, soit par un don naturel à tous les peuples d'Afrique de braver la mort, ils firent voir dans le trajet qu'ils en préféroient une honorable à une honteuse captivité! Car s'étant ligués contre l'equipage et ayant trouvé un matin les moyens de rompre leurs fers, après s'être pourveus de quelques haches et ferremens, qu'ils avoient ramassés secrètement dans le vaisseau, ils chargèrent l'équipage à l'impourveue et à moitié endormie, dont quelques-uns furent d'abord renversés par les mutins, mais enfin ayant gagné la chambre de poupe, et s'y étant retranchés avec leur capitaine, le sieur Pierre Guillot (quoiqu'ils ne fussent que 4 ou 5 restés de 10 qu'ils étoient en tout), ils firent un feu si grand sur ces barbares (avec 7 ou 8 mousquetons qu'ils avoient), qu'il en demeura plusieurs morts sur le pont, ce qui leur fit peu à peu perdre courage, et enfin désespérans du succès de leur entreprize, les plus obstinés (hommes et femmes au nombre de 40) se jettèrent à la mer où, se renversant sur le dos et crients qu'on les regarde faire (tous pleins d'un funeste désespoir, qui se lisoit sur leurs visages) ils se laissèrent suffoquer sans faire le moindre mouvement et périrent ainsi à la veue des autres. »

    ---------------------------------------------------------------------------


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    Les Épaves Françaises retrouvées. EmptyID du message --> Navire inconnu.

    Message par Stearghall Jeu 25 Juin 2015 - 14:31

    Navire inconnu.

    Année de naufrage : 1694
    Nom du navire :
    Capitaine :
    Type de navire :
    Nombre de canons :
    Nationalité : Français
    Port d'attache : Nantes
    Lieu de naufrage : Martinique

    Observations : explosion d'un navire Nantais

    Sources d'archives et références :
    CAOM C8 A 8 - f°59 v°, mars 1694

    ---------------------------------------------------------------------------

    1694 - Explosion d'un navire Nantais.

    CAOM C8 A 8, f°59 v°, mars 1694

    Lettre du Comte de Blénac à Colbert du 15 mars 1694.

    (f° 59 v°)
    «
    48

    ... J'ay cherché les habitants de St-Domingue quy pourroient estre dans cette Isle; j'en ay trouvé trois et je les y renvoyerai par le premier navire. On y grossit les objets tout comme ailleurs.

    49

    Un navire Nantois quy y allait se battant contre une fregatte angloise a la pointe de cette Isle le feû a pris a ses poudres et a sauté, il ne s'en est sauvé que trente hommes, on les amis sur le vaisseau du Roy l'Emporté, et sur la fluste le Triton. J'ay fait sortir M de Sainte-Marie pour l'aller chercher, le temps a esté mauvais il est revenu sans rien rencontrer. Il resort espérant estre plus heureux,

    50

    j'ay lu vostre depesche a quantité d'habitans considérables du Fort Royal et du bourg Saint-Pierre et je l'ay dit a d'autres. Leur sentiment et que les gens des isles dégradées ne sont point propres à travailler a la terre, et que sans esclaves il n'est pas possible de les engager a défricher, il n'y travailloient pas lorsque l'on les a amenez icy; il y en a quantité a quy on en a donné de toute défrichée, avec des volailles et des cochons quy après les avoir mangées les ont abandonnées... »

    ---------------------------------------------------------------------------


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    Les Épaves Françaises retrouvées. EmptyID du message --> Le Sainte-Anne.

    Message par Stearghall Jeu 25 Juin 2015 - 14:42

    Le Sainte-Anne.

    Année de naufrage : 1709
    Nom du navire : Le Sainte-Anne
    Capitaine :
    Type de navire :
    Nombre de canons :
    Nationalité : Français
    Port d'attache : Nantes
    Lieu de naufrage : Martinique

    Observations : Aucune précision

    Sources d'archives et références :
    A.D.L.A. Marine 377 ?
    A.D.L.A. B 4589 A.156v
    Mettas Jean, Expéditions négrières françaises au XVIIIème siècle, 1984, tome I, p.468.

    ---------------------------------------------------------------------------


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    Les Épaves Françaises retrouvées. EmptyID du message --> Le Marie-Anne.

    Message par Stearghall Jeu 25 Juin 2015 - 14:46

    Le Marie-Anne.

    Année de naufrage : 1709
    Nom du navire : Marie-Anne
    Capitaine :
    Type de navire :
    Nombre de canons :
    Nationalité :
    Port d'attache :
    Lieu de naufrage : Martinique

    Observations :

    Sources d'archives et références :

    ---------------------------------------------------------------------------


    Dernière édition par Stearghall le Lun 31 Mai 2021 - 11:25, édité 1 fois
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    Les Épaves Françaises retrouvées. EmptyID du message --> Le Sincère.

    Message par Stearghall Jeu 25 Juin 2015 - 14:52

    Le Sincère.

    Année de naufrage : 1713
    Nom du navire : Le Sincère
    Capitaine : Julien Le Templier
    Type de navire :
    Nombre de canons :
    Nationalité : Français
    Port d'attache : Marseille
    Lieu de naufrage : Fort Royal

    Observations : Échoué sans avoir pu être relevé au cours d'un cyclone dans la rade du Fort Royal.

    Sources d'archives et références :
    ACCIM E99 fol. 901 n° 64

    ---------------------------------------------------------------------------

    1713 - Naufrage du Sincère.

    ACCIM E 99, f° 901 n° 64

    Naufrage du Vau le Sincère. Capne Julien le Templier.

    (f 901) « Du quatorzième décembre de mil sept cens treize les Sieurs intéressés sur le corps, avitaillement, effect et facultes du Vau le Sincère Capne Julien Le Templier ont déclaré que la nuit du quatre au cinq septembre dernier depuis neuf heures jusqu'à trois heures après minuit fit un si gros oragan au fort Royal que le dit Vaisseau fut Echoué sans en avoir pu relever. Ce qui se justifie par une lettre écrite audit endroit le huitième du mois de septembre par le Capne Ayme commandant le Vau le Mars adressé a Mr Binden à Marseille laquelle nous avons paraphée et rendue aux produisants et de la présente déclaration nous avons donné acte aux dits intéressés pour leur servir au recouvrement des sommes a eux assurées ont signé.

    Anfossy pour M. André Legier B. Gauthier Bernard Gomburau »

    ---------------------------------------------------------------------------


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    Les Épaves Françaises retrouvées. EmptyID du message --> Le Duc de Berry.

    Message par Stearghall Jeu 25 Juin 2015 - 15:19

    Le Duc de Berry.

    Année de naufrage : 1713
    Nom du navire : Duc de Berry
    Capitaine : François Eon
    Type de navire :
    Nombre de canons :
    Nationalité : Français
    Port d'attache :
    Lieu de naufrage : Fort Royal

    Observations : Mouillé vers 17h00 au Fort-Royal. A 20h00 un ouragan le précipite sur les roches. Il n'est sauvé que quelques câbles, ancres canons et manoeuvres.

    Sources d'archives et références :
    ACCIM E99 fol. 897 n° 60

    ---------------------------------------------------------------------------

    1713 - Naufrage du Duc de Berry

    ACCIM E 99, f° 897 n° 60

    (f 897) « Du septième décembre mil sept cens treize les Sr intéresses sur le corps, armement, avitaillement effect et faculter du Vau le Duc de Berry capne françois Eon sous le commandment du Sr mathieu hugues, ont déclaré que le dit Vau arriva le quatre du mois de septembre dernier au fort Royal et mouilla a cinq heures du même soir a demie lieü dudit fort, et environ les huit heures du même soir il se leva un ouragan terrible, le vent faisant le tour du compas qui le fit eschoüer sur une pointe de rochers, s'estant mis en pièce et toute la cargaison a la derive, et qu'il ne se sauvera que quelques cables, ancres canons et manoeuvres. Ce qui se justifie par la lettre ecrite du Fort Royal le neuf du mois de septembre par le Sr Raphaël addressant au Sr Joseph Crozer banquer de cette ville par nous paraffés et rendus au Sr produisant. Delaquelle declaration nous avons donné acte à un dit sieur interesser pour servir au recouvrement signé

    Bonafous Croges Monteaux Charlois Louis Lavigne

    Blain Egua Pon M. Audreoly J.E. Grougnard »

    ---------------------------------------------------------------------------


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